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Full text of "Les mosaïques chrétiennes des basiliques et des églises de Rome"

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3780 
Bas 



LES 



MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 



DU MÊME AUTEUR 

ET POUR PARAITRE SUCCESSIVEMENT 

I^s Mosaïques chrétiennes 

Eomc, 

MIUd, 

EavcDDe, 

¥cDlse, 

Palcrmc, 

Florence. 



PARIS.— IMPRIMBBIB PE J. CLAYE, RD B S AINT-B KNOIT , 7. 



LES 



MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 

DES 

BASILIQUES ET DES ÉGLISES 

DE ROME-. 

DÉCRITES ET EXPLIQUÉES 



PAR 

HBjraitf BAHBST BS JOUT 



/HBjrai^ 



CONSERVATEUR ADJOINT DES ANTIQUES ET DE LA SCULPTURE MOBERNE 
AU MUSÉE IMPÉRIAL DU LOUVRE 



PARIS 

LIBRAIRIE ARCHÉOLOGIQUE DE VICTOR DIDRON 

RUE SA1NT-D0M1NIQIJE-SAINT-6FRMAIN , 23. 
MAI MDCCCLVII 

•■5/ 



A/A 

37Sû 
3^3 






INTRODUCTION 



J'ai voulu me rendre utile aux Français 
qui visitent Rome, en écrivant pour eux une 
description des mosaïques chrétiennes ; s'il 
m'eût été possible de publier les dessins en 
même temps que le texte, j'ambitionnerais, 
dès à présent, de diriger l'attention de tous 
ceux qu'intéresse l'archéologie des arts sur 
des œuvres peu connues hors de l'Italie, et 
dont l'étude jette de vives clartés sur des 
temps fort obscurs. 

Les premières mosaïques chrétiennes de 
Rome datent du iv siècle, je parle de celles 
qui, exécutées publiquement sous la protec- 
tion de l'empereur Constantin, ont toujours 
vu le jour, car assurément les cimetières sou- 
terrains en possèdent d'antérieures, et l'on 
peut, dès à présent, désigner la très-curieuse 
mosaïque du cimetière de Saint-Hermès, re- 



?; 



VI INTRODUCTION. 

présentant la résurrection de Lazare et le 
prophète Daniel. Ce point de contact entre 
les origines de l'art chrétien, dont les cata- 
combes renferment le mystère^ et les pre- 
mières manifestations publiques de cet art 
qui se transformait, n'a pas été le moindre 
attrait de mon travail. Je crois que l'examen 
attentif des mosaïques exécutées dans les 
églises de Rome, depuis le iv' siècle jus- 
qu'au x% est Tune des études préliminaires 
qui permettront de classer comparativement 
les divers âges des peintures des catacombes. 
Il n!est pas douteux que beaucoup ont été 
ajoutées successivement, lorsque la piété a 
fait descendre les papes et les fidèles aux 
tombeaux des martyrs, et les a consacrés par 
de saintes images. L'intérêt sera grand de 
dégager de ces mélanges posthumes la part 
qui appartient au iii% peut-être au ii" siècle 
de Jésus-Christ, car ce n'est qu'alors qu'on 
saisira clairement le caractère touchant de 
ces œuvres inspirées par une religion nais- 
sante. Les courants divers de l'art n'ont 
toute leur pureté que près de leurs sources ; 
le type chrétien plus qu'aucun autre, et son 



INTRODUCTION. vu 

expression la plus délicate, produit de l'u- 
nion de la forme antique et des sentiments 
purs du christianisme, a été promptement 
altérée. On la chercherait en vain dans les 
monuments que je dois décrire : les plus rap- 
prochés des temps primitifs sont les mosaïques 
du baptistère de sainte Constance, que Con- 
stantin créa à la demande de sa sœur, et où 
celle-ci reçut le baptême avec la fille de 
l'empereur; Jésus-Christ y est représenté deux 
fois^ et Tune des deux compositions où, assis 
sur le globe du monde, il remet les clés à 
l'apôtre saint Pierre^ existe peinte dans la 
catacombe dite Platonia. Dans la mosaïque et 
la fresque, la disposition, l'action et le mouve- 
ment sont semblables, la pose de saint Pierre 
est identique, mais l'expression des têtes dif- 
fère complètement, et tout l'avantage est du 
côté de la peinture empreinte d'une exquise 
douceur. Il semble que le mosaïste de sainte 
Constance n'eut point encore perdu l'habitude 
de faire la tête de Jupiter ; son œuvre n'a de 
chrétien que le sujet et le costume; d'ailleurs 
peu habile, elle accuse une main mal exer- 
cée et une époque de décadence. Au iv' siècle 



vin INTRODUCTION. 

de notre ère^ la mosaïque, comme toutes 
les autres branches de Tart antique, avait 
accompli ses destinées; ses origines se con- 
fondent avec l'histoire des peuples de l'Asie : 
on lit dans la Bible, au livre d'Esther, que 
dans le palais d'Assuérus était « un pavé de 
« porphyre et de marbre blanc, embelli de 
a plusieurs figures avec une admirable va- 
« riété. » L'on croit que l'usage s'en répandit 
de Perse en Assyrie, et assurément les fouilles 
persévérantes que notre siècle a vu commen- 
cer et poursuivre en Orient, nous apprendront 
un jour ce qu'ont été les mosaïques assy- 
riennes. Nous savons ce que furent celles des 
Égyptiens, celles des Grecs et des Romains; 
l'emploi que ces peuples en ont fait d'abord 
pour la décoration des pavés, et le degré de 
perfection qu'y ont atteint leurs artistes. Lors- 
que le luxe des Romains se développa dans 
les derniers temps de la République et sous 
les premiers empereurs, les mosaïques s'é- 
tendirent du sol sur les murs, et en raison 
d'une destination nouvelle, les matières qui 
les composaient pouvant être modifiées , des 
cubes de verre coloré furent substitués aux 



INTRODUCTION. ix 

diverses nuances des silex. Pline, décrivant le 
théâtre que fit construire, pendant son édilité, 
Marcus Scaurus^ qui fut gendre de Sylla, dit : 
« La partie inférieure de la scène était de 
c< marbre, l'intermédiaire de verre, genre de 
« luxe qui ne fut même pas répété ; la partie 
« supérieure dorée. » Et ailleurs en parlant 
d'Agrippa : « Il eût fait, sans aucun doute, des 
« chambres de verre, si c'eût été déjà in- 
cc venté, ou que ce fût des parois de la scène 
c< de Scaurus, parvenu dans les chambres. » 
Ce que Pline supposait, Sénèque le signale : 
« Maintenant, a-t-il dit, l'on se croît pauvre 
c< ou avare si l'on n'a des murailles ornées 
c< de disques étincelants, si la chambre n'est 
« cachée sous le verre. » L'historien Flavius 
Vopiscus, qui vivait au commencement du 
IV* siècle, détermine mieux encore les mo- 
saïques de verre ^ au sujet de Firmus, l'un 
des quatre tyrans qui s'attaquèrent à l'empe- 
reur Gallien : c< On parle beaucoup de ses ri- 
« chesses, dit-il, et l'on prétend qu'il a revêtu 
« sa maison de carrés de verre enchâssés dans 
« du bitume et d'autres apprêts. » La défini- 
tion est fort exacte. Ajoutons que, mieux que 



X INTRODUCTION. 

tous les textes, les fouilles du royaume de 
Naples nous ont rendu ces brillantes orne- 
mentations de Tantiquité : le musée Bourbon 
conserve de grands pilastres et des pans de 
murailles décorés en cubes de verre colorés, 
et des voûtes semblables, qui ont abrité des 
fontaines, sont encore à leur place, dans la 
ville de Pompéi. Lorsque Constantin appliqua 
à la décoration des églises et à l'expression 
des idées nouvelles le revêtement en mo- 
saïques dont l'emploi devint, à Constantinople 
comme à Rome , général et bientôt exclusif, 
cette branche de l'art avait, je le répète, ac- 
compli une première carrière et subi la loi de 
dépérissement commune à toutes les autres. 
L'empereur chrétien qui fut le fondateur des 
basiliques de Latran, du Vatican et de Saint- 
Paul, n'avait point introduit une forme nou- 
velle en architecture ; il adapta à un usage 
sacré la disposition de la basilique antique. 
Sainte Agnès (sur la voie Nomentane), moins 
altérée par les réédifications, peut mieux que 
les grands monuments, donner une juste idée 
d'une église chrétienne sous Constantin. Si 
l'on en veut comprendre l'ornementation, qui 



INTRODUCTION. xi 

n'eut rien non plus d'innové, il faut, par 
l'étude, réunir des fragments épars et re- 
constituer par la pensée un ensemble qui 
n'existe plus. Pour trouver un monument paré 
de toutes ses mosaïques, il nous faudra at- 
tendre le XII* siècle et nous éloigner de Rome ; 
dans la ville des papes, nous ne rencontre- 
rons en général que celles des images saintes 
qui doivent leur conservation au respect 
qu'elles ont inspiré et à la place consacrée 
qu'elles occupent, l'arc triomphal dominant 
et encadrant l'autel, la voûte de l'abside re- 
couvrant le sanctuaire. Les réédifîcations ont 
détruit le reste; ce n'est qu'à Sainte-Marie - 
Majeure que nous signalerons les mosaïques 
disposées en une suite de tableaux décorant 
cette partie de l'entablement qui, dans les ba- 
siliques antiques, était désigné par le nom de 
Pluteus, et c'est un hasard heureux qui, à 
Sainte -Sabine, a fait survivre quelques ves- 
tiges de décorations mosaïques placées en un 
lieu de l'église qu'on ne voit en aucune autre 
orné de la sorte. Tel est à Rome l'aspect des 
mosaïques chrétiennes ; elles ne forment point 
un ensemble, ne s'y rencontrent qu'isolément. 



XII INTRODUCTION. 

et n'y peuvent être qu'un sujet d'étude. En 
suivant, pour les visiter, l'ordre chronologi- 
que que j'ai adopté pour les décrire, on 
verra succéder aux œuvres presque informes 
du règne de Constantin, de meilleurs tra- 
vaux entrepris dans la basilique libérienne, 
sous le pontificat de Sixte III; quelques es- 
sais heureux d'ornementation sous le pape 
Hilaire P""; au vi* siècle, une composition plus 
habile et une exécution meilleure se mani- 
fester dans l'église des saints Cosme et Da- 
mien. Au viii' siècle et au pontificat d'Adrien V^ 
appartient la mosaïque chrétienne , qui de 
toutes celles existant à Rome, est la plus re- 
marquable : on la peut voir dans l'église de 
Sainte-Pudentienne. La disposition en est im- 
posante : une sorte d'hémicycle, que forme 
un portique assez bas pour laisser dominer les 
monuments d'une ville, contient une réunion 
de saints; Jésus-Christ bénissant, la préside et 
occupe le centre, vêtu d'une robe d'or, assis 
sur un trône éclatant; seul il est vu jusqu'aux 
pieds, les apôtres Pierre et Paul, qui sont à 
ses côtés, étant représentés en buste et de 
profil; sainte Praxède, martyre, place une 



INTRODUCTION. xiii 

couronne au-dessus de la tête de saint Pierre ; 
Sainte Pudentienne, sa sœur^ rend un même 
hommage à saint Paul ; huit hommes d'âges 
et d'expressions divers complètent la pieuse 
assemblée et se rattachent à l'action par un 
heureux accord des attitudes et des physiono- 
mies. J'ai dit que la disposition générale était 
imposante ; la composition est habile, le dessin 
ferme et expressif. Sainte Praxède est remar- 
quablement belle, la tête de saint Pierre est 
d'un grand style, et, pour retrouver des exem- 
ples d'un type aussi austère, il faut se repor- 
ter aux images du prince des apôtres déco- 
rant ces précieux fragments de verre doré et 
travaillé à la pointe, qu'on a rencontrés dans 
les catacombes près des sépultures des pre- 
miers chrétiens. Un fait acquis à l'histoire 
de l'art est le progrès qui a signalé le siècle 
d'Adrien, qui est celui de Charlemagne ; ce fait 
est confirmé par la mosaïque de sainte Puden- 
tienne, et l'on a peine à comprendre qu'une 
œuvre si élevée fasse immédiatement suite à 
des travaux comparativement médiocres, et 
précède presque sans transition ceux du pape 
Paschal, qui témoignent plus en faveur de la 



XIV INTRODUCTION. 

piété du pontife, qu'ils ne font honneur aux ta- 
leiits de ses artistes. Ce n'est qu'après de longues 
hésitations que j'ai cru devoir admettre la tra- 
dition qui place sous le pontificat d'Adrien P' 
l'exécution de cette œuvre importante ; mais 
il en est une autre que j'ai accueillie volon- 
tiers : « Poussin, dit-on, admirait beaucoup 
la mosaïque de sainte Pudentienne. Hélas 1 
pourquoi n'a-t-il pas essayé pour l'un des chefs- 
d'œuvre de l'art chrétien ce qu'une autre ad- 
miration l'a porté à faire en faveur d'une pein- 
ture de l'antiquité 1 Séduit à juste titre par 
l'élégante simplicité des noces aldobrandines, 
il nous en a laissé une copie qui est tout à la 
fois une reproduction exacte et une interpré- 
tation individuelle ; on aimerait à rencontrer 
dans le palais de la noble famille des Pam- 
phili Doria, en regard d'une étude de l'anti- 
quité qui souvent a si bien inspiré le plus 
grand de nos peintres , ce souvenir du chris- 
tianisme dont il a toujours noblement exprimé 
le caractère sublime. 

Une opinion assez habituelle, que je crois 
erronée et que ne partagent pas les Italiens, 
confond sous le nom d'œuvres byzantines la 



INTRODUCTION. xv 

plupart des mosaïques chrétiennes. Pour la 
période comprise entre le iv* et le ix' siècle, 
rien n'est moins motivé que ces attributions 
d'ailleurs très-vagues : les mosaïques exécu- 
tées depuis Constantin jusqu'au pontificat de 
Nicolas V^ n'ont pas le caractère byzantin . Ce 
que je dis de Rome, je l'ai observé à Milan, 
en présence de Saint- Victor au ciel d'or et de 
la chapelle de Saint- Aquilin, où existe une 
composition très-intéressante représentant Jé- 
sus-Christ et les apôtres, et qui offre de 
grandes analogies avec une peinture primitive 
du cimetière souterrain de Saint-Hermès. A 
Ravenne même, où par des causes historiques 
trop connues pour que je les rappelle ici, 
refluèrent incontestablement des influences 
orientales, le style du dessin des plus an- 
ciennes mosaïques n'est pas grec. Avec des 
modifications locales, le caractère particulier 
de ces œuvres latines se reconnaît à Milan 
comme à Rome, à Rome comme à Ravenne. 
Muratori, dans son vaste ouvrage des Anti- 
quités italiennes y cite un manuscrit latin de 
la bibliothèque des chanoines de Lucques, que 
notre Mabillon a examiné et qu'il croit du 



XVI INTRODUCTION. 

viir siècle : il contient des instructions détail- 
lées sur la fabrication des mosaïques de verre; 
les textes sont donc ici d'accord avec les mo- 
numents pour attester la pratique nationale, 
en Italie, de cet art religieux et décoratif, 
pendant la première période du moyen âge. 
Il est un autre texte qui a été souvent rap- 
pelé : Léon, évêque d'Ostie, chroniqueur du 
monastère du Mont-Cassin, dit qu'au xi* siè- 
cle (1066) «l'abbé Didier dirigea des envoyés 
« sur Constantinople pour y engager des ou- 
c< vriers habiles en l'art des mosaïques et des 
« incrustations, les uns pour décorer l'abside, 
« l'arc et le vestibule de la grande basilique, 
« les autres pour assembler dans le pavé de 
c< toute l'église les variétés diverses de pier- 
c< res. C'est par les œuvres de ces maîtres 
« qu'il convient de juger le degré de perfec- 
« tion qu'ils pouvaient atteindre; les figures 
ce en mosaïques semblent vivantes, et la diver- 
a site des marbres de toutes nuances imite un 
c< parterre de fleurs. Et comme, depuis plus 
c< de cinq cents ans le génie de ces arts s'était 
c< éteint en Italie, par ses soins, sous l'inspi- 
c< ration et l'aide de Dieu, afin que la pra- 



INTRODUCTION. xvii 

c< tique n'en pérît pas en Italie, cet homme 
« prudent s'appliqua à faire instruire des 
a enfants du monastère en ces deux arts; et 
« il ne s'en tint pas à ces deux-là seulement, 
« il fit former parmi les siens de très-studieux 
« ouvriers dans toutes les œuvres qui em- 
« ploient l'or ou l'argent, l'airain, le fer, le 
c< verre, l'ivoire, le bois, le gypse ou la 
ce pierre. » Ce document, qui constate le dé- 
périssement des arts en Italie depuis le vi* siè- 
cle, vérité incontestable, néglige l'exception, 
la lueur momentanée qui s'est produite au 
temps d'Adrien P', que nous aimons à nom- 
mer le siècle de Charlemagne ; elle est attes- 
tée par la belle mosaïque de Sainte-Puden- 
tienne ; elle est confirmée par une œuvre d'un 
autre genre , exécutée en une autre partie de 
l'Italie, l'autel d'or de Saint-Ambroise, d'un 
dessin très-expressif, d'une exécution parfaite, 
de la main de Volvinius, qui vivait en 835, 
et assurément n'était pas grec. Ce que révèle 
l'étude. des monuments, c'est qu'il n'existe à 
Rome aucun vestige de mosaïques exécutées 
de 868 à 1130. A une date comprise entre 
ces deux termes (1066), Didier, abbé du 



xvui INTRODUCTION. 

mont Cassin, fit venir des ouvriers de Con- 
stantinople; à une date qui se confond presque 
avec celle-là (1071), le doge Domenico Selvo 
fit commencer les incrustations et les mo- 
saïques de l'église Saint-Marc, à Venise. Au- 
cun texte ne dit qu'il ait eu recours, comme 
l'abbé du mont Cassin, à des ouvriers grecs, 
et le souvenir que j'ai conservé des mosaïques 
de Saint-Marc n'est pas tel que je croie incon- 
testable l'intervention des Byzantins en leur 
exécution. Je veux parler des plus anciennes, 
de celles qui peuvent dater du xi* siècle, car 
la nationalité des autres n'est pas douteuse, 
mais pour celles-là même, et en les compa- 
rant aux figures émaillées de la Palla d'oro, 
l'identité n'est pas frappante. 

Au xiV siècle c'est à Palerme, par l'impulsion 
victorieuse des princes normands, que se ma- 
nifesta, sous son expression la plus élégante, 
l'art de décorer une église par la mosaïque. 
Soustraite depuis plus de deux siècles à la 
domination des empereurs d'Orient, longtemps 
soumise aux infidèles, la Sicile renaissait au 
culte de Jésus-Christ et recouvrait à la fois 
sa religion et son indépendance. Sous ce ciel 



INTRODUCTION. xix 

ardent, sur cette terre féconde où les Grecs, 
les Arabes, les Italiens, avaient fait dominer 
tour à tour leur influence et pratiqué simul- 
tanément leur civilisation, le mouvement spon- 
tané qu'imprimèrent aux arts le triomphe de 
la foi et rétablissement d'une race royale, pro- 
duisit un style d'architecture et un goût d'or- 
nementation qui, participant d'éléments divers, 
les unirent en une même pensée et un harmo- 
nieux ensemble. On y reconnaît l'esprit et la 
main des trois races : ce sont des Grecs qui 
ont exécuté les mosaïques de Sainte-Marie- 
de- l'Amiral, des Grecs qui ont commencé 
celles de la chapelle Palatine; mais déjà dans 
ce monument, des Italiens leur sont venus en 
aide et des Arabes ont sculpté le plafond. 
Chacun des peuples a dessiné avec un carac- 
tère particulier et a inscrit sa langue près de 
son œuvre. La langue grecque se lit seule à 
Sainte-Marie-de-r Amiral, la latine domine 
dans la chapelle Palatine et plus encore dans 
la cathédrale de Montréal qui, construite qua- 
rante ans plus tard, atteste davantage la col- 
laboration des Latins. La plus ancienne des 
trois églises, connue aujourd'hui sous le nom 



XX INTRODUCTION. 

de la Martorana, fut fondée et dédiée à la 
Mère de Dieu par l'amiral Georges d'An- 
tioche; des transformations modernes ont 
fait disparaître la plus grande partie des mo- 
saïques, mais l'intérêt historique a sauvé 
deux panneaux que Ton peut étudier comme 
des types purs de Ce style grec de Byzance 
dont la finesse et la distinction sont révélés 
par quelques monuments conservés en Eu- 
rope , tels qu'un ivoire précieux de la biblio- 
thèque du Vatican 5 un émail cloisonné du 
trésor de Saint-Marc. L'un de ces deux pan- 
neaux qui, détachés, ont été placés comme 
tableaux d'autel, représente le roi Roger cou- 
ronné par Jésus -Christ, et l'autre l'amiral 
Georges d'Antioche prosterné aux pieds de 
la Vierge; Marie adresse à son divin Fils, 
en faveur de ce fondateur de l'Église, une 
prière inscrite sur un volumen déroulé qu'elle 
tient à la main. J'ai dessiné aussi fidèle- 
ment qu'il m'a été possible les caractères de 
cette inscription, dont les lettres sont liées et 
souvent confuses. Je la transcris ici comme 
un spécimen particulier de paléographie du 
x\V siècle. Je dois à l'habileté et à l'obli- 



INTRODUCTION. xxi 

geance^ également inépuisables, de l'illustre 
professeur M. Hase, d'y pouvoir joiudre la 
restitution et la transcription en caractères 
courants, avec la traduction française : 

fv^flON/VTiCToNKKo'w 

♦v>ÂTTol€wKKfe 
•KinAfi«CeAA.tHC: 

' €X£ICJM»fCXVH«C 
lCW0Noc"K6rÇ; 

Tôv ix Padpuv ^etpiavTa Tov^e fj.ot ^of;.ov 
£u6uvov 011 -jppôç TOV àpx&v[T*] tôv oXwv, 
Ts'jcvov. 4>uXàTTCiç wavYEvsi iraov); pXa€r,;, 
Nê^aciç te trv Xûrpeixnv âc(i.apTDu.àT6*v. 
Êx«;7àp '<^ùv, wç twoOç, (1.0V0Ç, Ao-ye. 

[« Celui qui m'a bâti cette maison depuis les fondements^ conduis- 
le, 6 mon fils^ près du maître de tous. Préserre-le avec sa famille 
de tout mal , accorde-lui le pardon de ses fautes^ car, comme Jésus , 
toi seul as la puissance^ 6 Verbe. »] 

Celle curieuse inscription, qui n'a pu être 
tracée que par un Grec fort exercé, açcom- 



XXII INTRODUCTION. 

pagne des figures d'une rare élégance; l'on 
comprend^ en les voyant, ce que l'art chré- 
tien empnmtera aux Byzantins , ce qu'il per- 
dra par cet emprunt de son caractère pri- 
mitif dont quelques peintures des catacombes 
de Rome, des verres gravés, quelques sculp- 
tures, quelques portions de mosaïques nous 
ont transmis le souvenir, digne d'admiration 
et de regrets. 

Si au sortir de la Martorana l'on se trans- 
porte dans la chapelle palatine de Palerme, 
et qu'on en examine les mosaïques au point 
de vue de la décoration, les mélanges même 
que j'ai signalés ajoutent à la richesse et 
charment par la variété. Le pavé, en mar- 
bre blanc , est brodé d'enlacements ingé- 
nieux où le porphyre alterne avec le serpen- 
tin. C'est encore le marbre blanc qui recouvre, 
comme un lambris d'environ quinze pieds 
de hauteur, les murs de la chapelle; des 
panneaux y sont dessinés par des incrusta- 
tions de pierres dures imitant un galon, et 
l'amortissement est une délicieuse bordure 
dans le goût charmant de l'Orient. Les formes 
naturelles des fleurs, l'épanouissement des 



INTRODUCTION. xxiii 

feuillages, y sont habilement ramenés à des 
combinaisons géométriques. Au-dessus com- 
mencent les peintures en mosaïque représen- 
tant, avec toutes les nuances des pâtes de 
verre et sur des fonds dorés les scènes de 
Tancien et du nouveau Testament. La cha- 
pelle entière resplendit, le livre de vérité 
s'y déploie en images brillantes. Lorsqu'on 
approche du sanctuaire, les peintures pren- 
nent un caractère plus sacré : ce sont la nais- 
sance, la vie, la passion du Sauveur, la figure 
vénérée de la Mère de Dieu, les saints apô- 
tres, et en la place où se portent instinctive- 
ment les yeux de l'homme qui, priant devant 
l'autel, invoque par un élan du cœur qu'ac- 
compagne le regard, le pardon ou l'assistance 
du Tout-Puissant, l'IMAGE DE DIEU qui bé- 
nit, plus grande, plus imposante que celles qui 
l'entourent et combinée pour produire sur 
l'âme l'effet d'une apparition miraculeuse. 
C'est encore l'image de Dieu qui ressort au 
point culminant de la coupole où les archan- 
ges, mêlés aux séraphins, forment un cortège 
céleste digne du séjour des élus dont ce cou- 
ronnement de l'église est l'imitation symbo- 



XXIV INTRODUCTION. 

lique. Le roi Roger, qu'une inscription grecque 
de la coupole désigne comme fondateur de la 
chapelle Palatine, qu'il dédia, en 1143, à 
l'apôtre saint Pierre, y dut employer l'artiste 
habile de la Martorana. Les mosaïques, qui, 
dans cette église, appartiennent au règne de 
ce prince, sont de beaucoup les meilleures, 
et, sous ce rapport, la chapelle entière est 
très-supérieure à la cathédrale de Montréal, 
où l'on remarque plutôt l'influence que la 
main des Grecs, si bien que l'on peut croire 
qu'elle fut en grande partie l'œuvre d'ouvriers 
Siciliens instruits par leurs leçons ou leurs 
exemples. Quelque chose de semblable dut 
se passer à Rome, où nous retrouvons des 
mosaïques exécutées de 1130 à 1143. L'obser- 
vation confirme le texte de Léon d'Ostie; on 
comprend qu'une école dut se former en Italie, 
influencée par le goût et le costume des Grecs, 
mais que bientôt les ouvriers et les maîtres 
ont été des Italiens. Deux œuvres du pontifi- 
cat d'Innocent II existent à Sainte-Marie-in- 
Trastevere; l'une est la façade où sont repré- 
sentées les vierges sages et les vierges folles, 
l'autre est l'arc de la Tribune. Dans la pre- 



INTRODUCTION. xxv 

mière, rintervention des Grecs peut encore 
se soupçonner; on ne remarque dans l'autre 
que l'altération de l'ancien style et l'influence 
dû nouveau. Entre l'arc de Sainte -Marie-in- 
Trastevere et celui de Saint-Clément, qui est 
une œuvre du xni* siècle, il existe des analo- 
gies de composition et de détails, mais dans 
le dernier le dessin diff^ère plus encore de la 
manière byzantine, et deux épigraphes réu- 
nissant les deux langues agios pavlvs, agios 
PETRvs, perdues au milieu de longues inscrip- 
tions latines , représentent assez bien la très- 
faible proportion de pratique grecque persis- 
tant dans une œuvre qui déjà manifeste des 
tendances vers un meilleur style. L'influence 
de l'art de Constantinople sur l'art italien ne 
fut pas heureuse dès le principe, car à part 
les œuvres purement byzantines qui ont un 
genre de beauté spécial, le style mixte qu'elle 
a créé d'abord n'a produit, pendant deux 
cents ans, que des travaux sans mérite. 

Le xiii* siècle fut un temps de renaissance ; 
il est illustre dans l'histoire de la peinture, et 
les hommes qui furent les premiers maîtres 
de l'art moderne ont été mosaïstes en même 



XXVI INTRODUCTION. 

temps que peintres. Vasari cite les travaux 
des Florentins Andréa Taffî, Gaddo Gaddi, 
qui ont exécuté des mosaïques en Toscane, 
dans les mêmes temps que Jacques de Tôrrita, 
frère Jacques de Camerino, et la famille des 
Cosmati décoraient les monuments de Rome : 
les œuvres signées de ces trois noms se dis- 
tinguent des travaux anonymes qui Içs pré- 
cèdent par un meilleur dessin, des attitudes 
plus naturelles, des expressions plus vraies, 
et dénotent en tous points un progrès sensible, 
que, dès le commencement du siècle, le sculp- 
teur Nicolas de Pise avait révélé en taillant à 
Bologne le tombeau de saint Dominique. Est-il 
besoin d'en signaler la cause? Le style précieux 
de l'antiquité , qui avait été l'un des éléments 
de l'art chrétien dans les Catacombes, rendait, 
à dix siècles de distance , une vie nouvelle à 
cet art appauvri et dénaturé. Je laisse parler Va- 
sari : c< Lorsque Nicolas, de Pise, travaillait 
c< sous des sculpteurs grecs qui ont taillé les 
c< figures et autres ornements de la cathédrale 
« de Pise et du temple de Saint-Jean, parmi 
« beaucoup de marbres conquis et rapportés 
c< par la flotte des Pisans, se trouvèrent quel- 



INTRODUCTION. xxvii 

qiies morceaux antiques qui sont aujour- 
d'hui dans le Campo Santo de cette ville. 11 
y en avait un entre autres fort beau où était 
sculptée d'une très-belle manière la chasse 
de Méléagre et le sanglier de Calydon; les 
nus et les draperies y étaient traités avec 

beaucoup d'art et un très-parfait dessin 

Nicolas, considérant la bonté de cette œuvre 
qui lui plut beaucoup, mit tant de soins 
et de zèle à imiter cette manière et celle 
de quelques autres bonnes sculptures qui 
étaient au nombre de ces morceaux anti- 
ques, qu'il fut estimé bientôt le meilleur 
sculpteur de son temps. » La réforme que 
Nicolas de Pise inaugura dans la sculpture, 
les mosaïstes de Rome l'introduisirent dans 
la pratique plus rebelle de leur art, et s'écar- 
tant de la routine des Grecs ils y firent preuve 
de grand talent, avant que Giotto y mani- 
festât son génie. C'est à ce peintre expressif, 
dont les fresques du couvent d'Assise et de la 
précieuse chapelle de l'Anuunciata delF Arena 
à Padoue, ont fait vivre jusqu'à nous le sen- 
timent religieux, qu'est due la mosaïque cé- 
lèbre sous le nom de la nacelle de Saint- 



XXVIII INTRODUCTION. 

Pierre. Voici en quels termes en parle 
Fbistorien que j'aime à citer : « De sa main 
a est aussi la nacelle en mosaïque qui est au- 
« dessus des trois portes du portique dans le 
a cortiliB de Saint- Pierre. Elle est vraiment 
« miraculeuse et louée à juste titre par tous 
ce les beaux esprits, parce qu'en elle, outre le 
ce dessin, il y a la disposition des apôtres qui 
« de diverses manières subissent la tempête 
ce de la mer, tandis que les vents soufflent en 
ce une voile, qui a tant de relief, qu'une véri- 
ce table ne serait pas autrement : et il est très- 
ce difficile d'avoir fait avec des morceaux de 
ce verre une union comme est celle que l'on 
ce voit dans les blancs et les ombres d'une si 
ce grande voile, telle qu'avec le pinceau et 
ce quand on y mettrait tous ses efforts^ on 
ce aurait peine à y atteindre ; sans parler d'un 
ce pêcheur qui pêche à la ligne sur un écueil, 
ce dont l'attitude montre une patience extrême 
ce qui est propre à cet art, et sur le visage, 
ce l'espérance et la volonté de prendre. » On 
chercherait en vain à Rome la nacelle de la 
main du grand peintre; la mosaïque qu'on 
appelle encore de nos jours la Nacelle de 



INTRODUCTION. xxix 

Saint -Pierre, du Giotto, n'est qu'une repro- 
duction d'une œuvre plusieurs fois restaurée. 
Cependant l'on peut voir dans l'église des 
Capucins un carton qui dut être fait d'après 
l'original^ lorsque la mosaïque fut renouvelée 
sous la direction du chevalier Bernin^ et ce 
dessin fort intéressant a conservé beaucoup 
mieux que l'incrustation d'Orazio Mannetti 
l'esprit du vieux maître. La terreur s'y lit 
sur le visage des apôtres ; la scène est vivante, 
comme est la description de Vasari, et l'on 
comprend, en la regardant, que les pèlerins 
arrivés au but du pieux voyage, avant de péné- 
trer dans la basilique du bienheureux Pierre, 
se retournaient vers l'orient, tombaient à ge- 
noux et rendaient leur premier hommage à la 
Nacelle de Giotto. Après lui, un peintre romain 
que Vasari dit avoir été son élève et qui tout 
au moins appartient à son école, Pietro Caval- 
lini, a fait en mosaïque, dans l'église de 
Sainte-Marie-in-Trastevere, une suite de ta- 
bleaux de la vie de la Vierge, extrêmement 
agréables : le naturel et le goût en sont les 
qualités dominantes^ qualités charmantes qui 
animent et distinguent les miniatures et les 



XXX INTRODUCTION. 

peintures murales du xiV et du xv siècle, qui 
se retrouvent à un haut degré dans la mosaïque 
que Ghirlandajo a apposée en 1490 sur une 
porte latérale de la cathédrale de Florence, 
Le temps est venu où l'histoire des mosaïques 
serait l'histoire des peintres ; par une rencon- 
tre heureuse, celui qui fut le plus séduisant 
de tous, Raphaël, a fait pour la chapelle Chigi, 
dans Sainte-Marie du Peuple, à Rome, une cou- 
pole que je n'ai pu, malgré son adorable exé- 
cution, comprendre au nombre des mosaïques 
chrétiennes : bien que Dieu le Père occupe le 
centre et soit entouré d'enfants dont la grâce 
n'est point indigne des chérubins, encore qu'un 
Ange abrite de ses ailes l'une des divisions 
du firmament, les sept autres ont pour repré- 
sentants Jupiter, Vénus, Apollon, Mars, Sa- 
turne, Mercure, Diane, et les génies du ciel 
qui accompagnent les divinités païennes se 
relient harmonieusement à chacune d'elles 
par une grâce sensuelle et un mouvement 
passionné. Le symbolisme chrétien est tombé 
en oubli ; l'art moderne est créé dans sa per- 
fection par un artiste inimitable. 



DESCRIPTION 



MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 



LES 

MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 

DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES 

DE ROME 



QUATRIÈME SIÈCLE 

SAINTE-CONSTANCE 

Dans l'église de Sainte-Constance (sur la voie 
Nomentane), dont la fondation est attribuée 
à l'empereur Constantin *, deux compositions 
sacrées décorant la partie supérieure des 
niches cintrées qui sont pratiquées dans le 
mur d'enceinte. 

1. « Fecit Gonstantmns basili- Constantin fit la basilique d'A- 

cam Sanctae martyris Agnetis^ ex gnès , sainte et martyre , à la 

rogatu ConstantiaB filiae snse^ et demande de Constance sa fille ^ et 

baptisterium in eodem loco, nbi un baptistère dans le même lien, 

et baptisata est soror ejus Cens- où fut baptisée par Tévèque Syl- 

tantia cum filia Augusti a Syl- vestre Constance sa sœor^ avec la 

vestro episcopo. » fille d'Auguste.— Livre pontifical. 

f 



s MOSAifOUBS CHRÉTIENNES. 

1* Jésus 'Christ est représenté assis sur 
le globe du monde , tenant un volumen sous 
la main gauche et de la droite présentant 
une clef à saint Pierre qui s'incline et 
avance les mains que recouvre Textrémité de 
son manteau; deux palmiers sont figurés près 
de saint Pierre, et Ton en compte sept du 
côté opposé, symboles de la terre de Judée ^. 

2* Jésus j debout, bénit de la main droite 
et tient de la gauche un volumen déroulé 
sur lequel sont tracés le monogramme du 
Christ et les mots dominvs pacem dat [« le 
Seigneur donne la paix » ] , en souvenir des 
paroles 2 que Jésus-Christ adressa aux apô- 
tres Thomas et Philippe; ce sont ces deux 
disciples qui, posés aux côtés du Sauveur, 
en des attitudes exprimant l'attention et le 
respect, recueillent la parole du maître. 
Quatre agneaux, figurant les fidèles, sont 
disposés en deux couples au premier plan et 



1. Des médailles de Vespaslen et de Titus portent au revers une 
femme assise près d'un palmier, avec cette épigraphe : iyd^ea capta. 
[« La Judée prise. »] 

2. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne vous la 
donne pas comme le monde la donne... » — Evang. selon saint Jean , 
chap. XIV. 



QUATRIÈME SIÈCLE. 3 

près de trois courants d'eau qui sont un sou- 
venir incomplet^ des fleuves du Paradis, de 
même que deux édicules presque informes, 
abrités par un palmier, occupant vers les 
extrémités les places consacrées dans des mo- 
numents plus complets aux villes de Bethléem 
et Jérusalem, sont ici l'indication première 
et mal déterminée des deux cités sanctifiées 
par la naissance et la mort du Christ. 

Nota. Dans les mosaïques de Sainte-Constance^ le Christ 
seul est nimbé. Le nimbe est un grand disque nuancé de 
plusieurs tons de bleu qui dégradent du clair au foncé. Le 
Christt bénit en élevant la main dont les cinq doigts sont 
ouverts. Les Apôtres sont habillés de blanc, a Vous avez 
quelque peu de personnes qui n^ont point souillé leurs 
vêtements; ceux-là marcheront avec moi habillés de blanc, 
car ils en sont dignes. Celui qui sera victorieux sera ainsi 
vêtu d'habits blancs, et je n'effacerai pas son nom du 
livre de vie. » — Apocalypse, chap. m. 

1. « De ce lieu de délices il sortait un fleuve pour arroser le paradis, 
qui de là se divise en quatre canaux. » — Genèse, chap. ii. 



CINQUIÈME SIÈCLE 

SAÏNTE-SABÏNE 

Dans Téglise de Sainte-Sabine, une in- 
scription et deux figures, seuls restes d'une 
ornementation exécutée vers 424, sous le pon- 
tificat de Célestin Y\ (Quelques parties qui 
existaient encore à la fin du xvii* siècle sont 
connues par l'ouvrage de J. Ciampini, Vetera 
Monimenta, P. 1, tab. xLvn et xlviu.) 

L'inscription, en lettres d'or sur fond bleu 
lapis, est composée de sept vers, qui sont : 

GVLMEN APOSTOLIGVM CVN CAELESTINVS HABERET 
PRIMVS ET IN TOTO FVLGERET EPISCOPVS ORBE 
HAEG QVAE MIRARIS FVNnAYIT PRESBYTER VRBIS 
ILLTRICA DE GENTE PETRVS VIR NOMFNE TANTO 
DIGNVS AB EXORTV GHRISTI NVTRITVS IN AVLA • 
PAVPERIBYS LOGYPLES SIBI PAYPER QYl BONA YITAE 
PRAESENTIS FYGIENS MERYIT SPERARE FVTVRAM. 

[a Lorsque Gélestin occupait le trône apostolique et bril- 
lait dans tout Tunivers de Téclat attaché au souverain pon- 
tife, les travaux que tu vois furent fondés par un prêtre de 



CINQUIÈME SIÈCLE. 5 

la ville, originaire d^Ulyrie^ du nom de Pierre et digne d'un 
si grand nom^ nourri dès sa naissance en la maison de 
Dieu, riche pour les pauvres, pauvre pour lui-même, qui, 
dédaignant les biens de la vie présente, mérita Tespoir de 
la vie future. »] 

Les deux figures sont sur fond d'or et cha- 
cune d'elles occupe l'une des extrémités de 
la zone allongée qui contient l'inscription; 
ce sont des figures de femmes debout, dra- 
pées, portant un livre; l'une est désignée 
par les mots : eglesia ex circvmcisione [c< l'église 
des Circoncis»], et l'autre par ceux-ci : ecle- 
su EX GENTiBvs [« Téglisc dcs Gentils»]. EUeis 
étaient motivées dans l'ensemble de la compo- 
sition par leur rapprochement des apôtres 
Pierre et Paul qui étaient représentés debout 
au-dessus d'elles, sans rien de plus qui les 
pût faire reconnaître, saint Pierre ayant été 
l'apôtre des Juifs , et saint Paul celui des Gen- 
tils 4. 

1. « Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre 
des circoncis, a agi aussi efficacement en moi pour me rendre apôtre 
des Gentils. » — Ëpltre de saint Paul aux Galates^ chap. ii. 



MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-MARIE-MAJEURE. 

Dans la basilique de Sainte-Marie -Majeure 
(basilique Libérienne), fondée par le pape 
Liberius^ (352-366) ^ rétablie ^ et décorée 
par Sixte III (432-440), deux suites de 
tableaux empruntés à VAncien Testa- 
ment ^ décorant les attiques au-dessus des 
colonnes de la nef, et le grand arc en avant 

1. « Hic fecit Basilicam nomini suo juxta Macellum liviœ. » 

[« Il fit la basUicpie de son nom, près le marché de Livie. »— Livre 
pontifical.] 

y 

2. « VlRGO MaRU TIM X?STV8 NOVA TECTA DICAVIT 

DiGNA SALVTIFERO KVmSRA VENTRE TVO 
Tv 6ENITRIX I6NARA VIRI TE DENIQVE FiETA 

VlSCERIBVS 8ALVI8 EDITA NOSTRA 8ALV8 
ECCE TVI TE8TB8 VTERI SIBI PRfHIA PORTAIfT 

SVB PEDIBVS QVE lACET PASSIO CVIQVE SVA 
FeRRVM FLAMHA FERiS FLVVIVS S^VVMQVE VENENVM 

Tôt tamen bas mortes vka corona manet. » 

Jani Gruteri Corpus inscriptionum, t. ii, p. H70, 7. 

Cette inscription se lisait au-dessus de la porte principale de Sainte- 
Marie-Majeure; les derniers vestiges ont disparu dans les restaurations 
ordonnées à la fin du xvii« siècle par le cardinal Pinelli. 



CINQUIÈME SIÈCLE. 7 

de V abside j exécutés sous le pontificat de 
Sixte IIP, 

Les compositions tirées du Nouveau Tes- 
tament qui ornent le grand arc, sont répar^ 
ties en quatre zones que je distinguerai par 
les chiffres i,ii, m, iv; la zone supérieure (i) 
est la seule qui, dominant l'ouverture de la 
baie, ne soit pas interrompue et se développe 
sur toute l'étendue du mur; mais les deux 
scènes qui y sont figurées, Y Annonciation 
et la Présentation au temple sont séparées 
par un médaillon central qui surmonte le 
milieu de Tare, et occupe sur ce monument 
triomphal et sacré la place habituellement 
réservée à l'image de la Divinité dont il est 
une représentation symbolique : c'est le trône 
de Dieu^, sur lequel est placé un volumen 

1. <f Beatus Siztus fecit basili- Le bienheureux Sixte a fait la 
cam sanctissimae Dei Genitricis basilique de la très- sainte mère 
Mariae cognomento majorem , de Dieu Marie > surnommée Ma- 
quœ et ad PraBsepe dicitur, et jeure, dite aussi ad Prœsepe, et 
ipse tam in metallis aureis quam- Ta décorée en métaux dorés et di- 
gue in diversis historiis, sacris vers tableaux, d'images sacrées.— 
decoravit imaginibus. » Lettre d'Adrien IwàCbarlemagne. 

t. « Et ayant été soudain ravi en esprit, je vis au même instant un 
trône dressé dans le ciel... Je vis ensuite dans la main droite de celui 
qui était assis sur le trône un livre écrit dedans et dehors, scellé de 
sept sceaux... » — Apocalypse de saint Jean, chap. iv et ▼. 



8 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

fermé de sept sceaux; plus haut est une croix 
noire recouverte d'un voile, une couronne 
au-dessus, et en arrière une croix plus grande 
qui est posée sur un trône orné de pierre- 
ries, ainsi que le sont la grande croix et la 
couronne; un coussin recouvre l'assise du 
trône et l'on remarque vers ses extrémités 
deux médailles où sont figurés en buste les 
apôtres Pierre et Paul. Ce sont les mêmes 
saints qui sont représentés en pied et debout, 
occupant, à droite et à gauche du médaillon 
symbolique, les places qu'occupent les tenants 
aux côtés d'un écu héraldique : l'aigle, l'homme, 
le bœuf, le lion*, ailés et à demi cachés par 
des nuages, sont placés au-dessus comme 
les pièces d'un cimier, et l'épigraphe xistvs 
EPiSGOPVS PLEBi DEi [«l'évêquc Sixto au peuple 
de Dieu»], inscrite sur une bandelette dé- 
roulée se lit au-dessous du trône,. Plus bas 
et au centre de la bordure qui décore le sof- 
fite de Tare est le monogramme du Christ, 



1. ... « Au milieu du bas du trône et alentour il y avait quatre ani- 
maux... Le premier était semblable à un lion^ le second était semblable 
à un yeau^ le troisième a^ait le visage comme celui d'un homme ^ et 
le quatrième était semblable à un aigle qui vole. » — Apocalypse de 
saint Jean, «hap. iv. 



CIN^JUIÈME SIÈCL-E. 9 

accompagné des lettres a et o^ (première et 
dernière de Talphabet grec). Si du centre 
on reporte la vue vers l'angle gauche de 
Tare, la première scène qu'on y remarque 
est \ Annonciation : la vierge Marie y est 
figurée assise; l'Esprit Saint, sous la forme 
d'une colombe, vole au-dessus de sa tête; 
on voit Yarchange Gabriel planant dans les 
airs, et le même parlant à Marie en présence 
de deux anges placés derrière elle comme 
des serviteurs. Plus à droite, un ange du 
Seigneur annonce à Joseph la conception 
immaculée de Marie, et un autre ange est 
placé près de lui comme un assistant; l'édifice 
que Ton distingue auprès est le temple de 
Jérusalem. Dans la scène suivante qui occupe 
toute la droite de la zone supérieure (i), l'on 
retrouve encore deux anges près de la vierge 
Marie qui présente Xenfant Jésus au prêtre 
du temple, en présence diAnne la prophétesse 
et de Joseph derrière lequel on voit de même 
un ange; le prêtre est suivi d'une foule 



1. « Je sois Talpha et l'oméga > le commencement et la fin, dit le 
Seigneur, qui est, qui était, et qui doit venir> le Tout-Puissant. » — 
Apocalypse de saint Jean, chap. i. 



10 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

nombreuse, et l'on remarque près du seuil du 
temple les colombes qui rappellent le présent 
offert par la Vierge. La seconde zone (u), 
coupée par le sommet de l'arc, est ornée de 
deux scènes : \ Adoration des Rois et la 
Dispute de Jésus et des Docteurs, En la 
première, on voit le divin enfant assis sur 
un trône, une étoile est au-dessus de sa tête; 
les trois rois l'entourent, deux anges assis- 
tent, Marie est debout vers la gauche, et à 
droite sont deux serviteurs des rois qui por- 
tent des présents. Dans l'autre composition, 
Jésus encore enfant est debout, et ses parents, 
accompagnés de trois anges, sont groupés 
près de lui; les docteurs sont réunis du côté 
opposé, et Ton voit près d'eux les murs et les 
habitations de Jérusalem. Les deux divisions 
de la troisième zone (ni) sont les moitiés d'une 
même scène, le Massacre des Innocents y que 
la figure d'Hérode , coupée en toutes deux 
par la section des murs, relie l'une à l'autre. 
La première syllabe du nom, he, nous indi- 
que que c'est à droite qu'il faut chercher 
le commencement, où le prince est repré- 
senté assis, ordonnant à ses gardes le mas- 



CINQUIÈME SIÈCLE. il 

sacre des enfants nouveau -nés. Si Ton se 
reporte de l'autre côté, on y retrouve le même 
personnage ayant, au-dessus de sa tête, la 
dernière syllabe du nom, des (les deux réu- 
nies et complétées forment he[ro]des.) Trois 
hommes s'éloignant du prince dont ils vont 
exécuter les ordres, se dirigent vers un 
groupe de femmes qui tiennent en leurs 
bras des petits enfants. Les deux villes sain- 
tes, désignées par les mots hiervsalem et 
BETHLEEM, occupent Ics dcux fragments de la 
zone inférieure (iv). Ce sont les cités sancti- 
fiées par la naissance et par la mort du 
Christ. 



Nota. Les anges qui sont figurés dans ces mosaïques 
sont nimbés. Le nimbe de l'enfant Jésus est marqué d'une 
petite croix. Hérode, roi des Juifs, est nimbé. 



Je désignerai par des lettres les scènes de 
l'Ancien Testament qui décorent la nef, en 
commençant par la plus rapprochée du grand 
arc et par le côté de l'évangile. 



12 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

A. Melchisédech oflFre à Abraham le pain 
et le vin en présence du Seigneur. 

B. Abraham adore trois anges qui lui ap- 
paraissent; il ordonne à Sara de préparer 
des pains et les présente aux anges assis près 
d'une table. 

C. La séparation d'Abraham et de Loth. 
(Trois tableaux, reliant ces premiers à ceux 

qui suivent, ont dû exister dans la décora- 
tion primitive, et auront été détruits piar l'ou- 
verture de l'arc qui donne accès à la c'/iapeUe 
Borghèse. 

D. Isaac bénit Jacob au lieu d'Ésaû que l'on 
voit plus bas revenant de la chasse , et présen- 
tant à son père le plat qu'il a préparé pour 
lui. 

E. (La mosaïque du v® siècle a été rem- 
placée à la fin du xvi* par une peinture re- 
présentant le songe de Jacob ^. ) 

1. Le cardinal Pinelli, faisant remplacer par des peintures les tableaux 
en mosaïque de Sainte-Marie-Majeure ^ que le temps avait détruits, 
en confia l'exécution à des artistes habiles qui furent Orazio Genti- 
leschiy Gio. Battista Novara^ le cav. Ventura Salimbeni. 

On lit au-dessus d'une porte intérieure du portail : 

DOMimCYS. 8. R. E. GARD. PINELLVS ARCHIPRESBTTBl. ORNA VIT. 
AN. DOM. MDXCUI. 



CINQUIÈME SIÈCLE. 13 

F, Jacob, accueilli par Laban, son oncle, 
père de Rachel, lui demande sa cousine et 
reçoit en échange Lia. 

G. Jacob se plaint d'avoir été trompé et 
demande de nouveau Rachel . 

H. Laban promet Rachel à Jacob pour sept 
années de travail, et Ton voit au-dessous la 
célébration du mariage. 

I. Jacob fait avec Laban une convention 
pour le partage des brebis à naître, et en ré- 
clame Texécution qui lui est favorable, 

J. Jacob reçoit de Dieu Tordre de retourner 
près de ses parents, et quitte avec sa famille 
la maison de Laban. 

K. (La mosaïque du v* siècle a été rem- 
placée à la fin du xvi* par une peinture re- 
présentant les frères de Joseph qui annoncent 
à leur père Jacob la mort de son enfant pré- 
féré.) 

L. Des messagers de Jacob se présentent 
à Ësaû pour obtenir son pardon, et Ton 
voit plus bas la réconciliation des deux 
frères. 

M. (La mosaïque du v* siècle a été rem- 
placée à la fin du xvi* par une peinture 



14 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

représentant les apprêts du sacrifice d'A- 
braham.) 

N. Émor et Sichem demandent à Jacob, en 
présence de ses fils, de donner Dinah pour 
épouse au jeune prince qui lui a fait violence; 
Ton voit au-dessous Sichem mis à mort, Lévi 
et Siméon racontant à leur père comment ils 
ont vengé leur sœur. 

0. Jacob reproche à Lévi et à Siméon, en 
présence de leurs frères, leur cruauté et leur 
ordonne de se préparer au départ. 

P. Q. R. (Les trois tableaux qui suivent 
sont, ainsi que ceux du portail, des peintures 
exécutées à la fin du xvi® siècle en remplace- 
ment des mosaïques du v®. ) 

Si Ton se reporte près du grand arc et au 
côté de Tépître, en désignant les tableaux cor- 
respondant à ceux qui sont déjà décrits par 
des lettres semblables : 

A. (La mosaïque du v*^ siècle a été rem- 
placée , à la fin du xvi% par une peinture re- 
présentant une sainte qui reçoit des mains 
d'un ange la couronne et les palmes du mar- 
tyre.) 

B. La fille de Pharaon remet le jeune Moïse 



CINQUIÈME SIÈCLE. 15 

à sa mère. Moïse ayant tué un Égyptien, est 
réprimandé par les hommes de sa nation. 

C. Mariage de Moïse et de Séphora, et 
plus bas, le jeune Moïse gardant les troupeaux 
de Raguel, son beau -père. 

(Trois tableaux, reliant ces premiers à ceux 
qui suivent, ont dû exister dans la décora- 
tion primitive , et auront été détruits par 
l'ouverture de Tare qui donne accès à la 
chapelle Sistine.) . 

D. Le passage de la mer Rouge. 

E. Les Israélites se plaignent à Mo'ise qui 
a recours à Dieu, et l'on voit au-dessous le 
miracle des cailles. 

F. Les Israélites s' étant plaints de nouveau, 
Moïse s'adresse à Dieu et frappe les rochers 
d'où sortent des eaux. Plus bas, on voit Josué 
qui part pour combattre les Amalécites. 

G. Combat contre les Amalécites ; Moïse est 
représenté priant sur la montagne, ayant à 
ses côtés Aaron et Ur. 

H. Datan, Cor et Abiron se plaignent à 
Moïse et à Aaron ; le peuple , furieux de leur 
châtiment, poursuit Moïse et Aaron qui^ avec 
leur sœur Marie, s'enfuient vers le temple. 



16 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

La main de Dieu les protège contre la fureur 
du peuple en les enveloppant d'une nuée. 

L Moïse confie le livre du Deutéronome 
aux lévites; il meurt sur le mont Nabo. Dé- 
part des Israélites, qui emportent l'arche et 
sont commandés par Josué. 

J. Les Hébreux portant l'arche traversent 
le Jourdain, et plus bas on voit Josué qui 
envoie deux espions reconnaître la ville de 
Jéricho. 

K, Josué, à la tête de son armée, rencontre 
et adore un ange du Seigneur; au-dessous 
on voit les deux espions échappés de Jéricho^ 
qui racontent à Josué comment une femme 
les a aidés à s'enfuir. 

L. La destruction de Jéricho; l'arche est 
portée autour de la ville, les prêtres soufilent 
dans des trompettes au commandement de 
Josué. 

M. Suite des combats de Josué, qui invoque 
le Seigneur. 

N. Josué, à la tête des Hébreux, protège 
les Gabaonites contre le roi de Jérusalem et 
quatre autres rois; La main de Dieu inter- 
vient en faisant tomber une pluie de pierres. 



•eiir 

nie 
[)é- 
et 

at 



CINQUIÈME SIÈCLE. 17 

0. Josué arrête le soleil. 

P. Les rois prisonniers sont conduits de- 
vant Josué, qui ordonne le partage du bu- 
tin. 

Q et R. (Les deux tableaux qui terminent 
la ligne sont des peintures exécutées à la fin 
du XVI* siècle , en remplacement des mosaï- 
ques du v^.) 



48 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SA1NT-PAUL-H0R8 LES MURS. 

(REPRODUCTION) 

Dans la basilique de Saint -Paul (sur la 
voie Ostienne), fondée par Constantin, rebâ- 
tie sur un plan plus vaste par les empereurs 
Valentinien II, Théodose, Arcadius; terminée 
par Honorius, leur successeur; détruite pres- 
que en entier par un incendie dans la nuit du 
1 5 au 1 6 juillet 1 823 , et rétablie depuis par les 
soins des pontifes qui se sont succédé jusqu'à 
ce jour; le grand arc, dit de Placidie, dont 
l'incendie de 1823 n'avait rien épargné, a été 
refait de nos jours à l'imitation de celui que le 
pape Léon P' (440-461 ) avait orné de mosaï- 
ques*. La gloire de Dieu y est figurée avec les 

1. « InBasilica B. Pauli^S. Léo Dans la basilique du bieuheu- 

Arcnm ibidem majorem fàciens reux Paul, saint Léon faisant le 

et musivo depingens salvatorem grand arc et y représentant en 

Dominum nostruin Jesum Chri- mosaïque le Sauveur N.-S. Jé- 

stum, seu viginti quatuor senio- sus -Christ, et les vingt -quatre 



CINQUIÈME SIÈCLE. 49 

principaux symboles de la vision de saint 
Jean : au centre est Jésus^ Christ ^ colossal 
et en buste, bénissant de la main droite et 
tenant un bâton dans la gauche, entouré de 
rayons et d'un arc-en-ciel*. Au-dessus et à 
demi cachés par des nuages , sont placés les 
quatre animaux mystérieux, en l'ordre sui- 
vant : le bœufj \ homme ^ le lion^ \ aigle; 
au-dessus du Christ deux anges , l'un à 
droite, l'autre à gauche, inclinés, chacun 
d'eux tenant un bâton. Sur la même ligne 
que les anges, les vingt -quatre vieillards 2, 
distribués en deux groupes de douze , sur 
deux rangs, tous en une même pose, de- 

res, Domine suo yersibus déco- vieillards^ a mis son nom dans 
ravit, et a tune nsque hactenus les vers qui le décorent^ et depuis 
fideliler a nobis veneratur. » — lors jusqu'à nos jours il est l'objet 
Hadrianns Papa ad Carolum ma- de la vénération des fidèles. - 
gnum. Lettre du pape Adrien à Cbarle- 

magne. 

1. « Il y avait autour de ce trône un arc-en-ciel qui paraissait sem- 
blable à une émeraude. » 

« Autour de ce même trône il y en avait vingt-quatre autres, sur les- 
quels étaient assis vingt-quatre vieillards vètos de robes blanches^ 
avec des couronnes d'or sur leurs tètes... Il y avait quatre ani- 
maux^ et lorsque ces animaux rendaient gloire, honneur et action 

de grâces à celui qai est assis dans le trône...» 

2. a Les vingt-quatre vieillards se prosternaient... et ils adoraient 
celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes 
devant le trône, en disant... n — Apocalypse de saint Jean, chap. iv. 



20 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

bout, inclinés, les mains recouvertes de 
leur manteau, présentant une couronne au 
Sauveur du monde. Deux figures de saints, 
debout, occupant la partie inférieure de 
Tare, de l'un et l'autre côté, complètent la 
décoration : l'un, appuyant la main gauche 
sur une longue épée, est sai7it Paulj et deux 
vers que l'on lit au-dessus de sa tête, le dé- 
signent clairement : 

PERSEQVITVR DVM VASA DEI FIT PAVLVS HONORIS 
VAS* SE DELECTVM GENTIBVS ESSE PROBAT*. 

[a Tandis quMl poursuit les élus de Dieu^ Paul devient 
un vase d'élection, et prouve aux Gentils que Dieu Ta choisi 
pour tel. »] 

L'autre saint, portant en la main gauche 
deux clefs qui désignent le double pouvoir 
d'ouvrir et de fermer, est Pierre ^ et les deux 
vers rétablis en son honneur sont : 



1. « Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre ap6tre 
des circoncis, a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre 
des Gentils. » — Épitre de saint Paul aux Calâtes, chap. ii. 

2. L'arc de Placidie était fort altéré par le temps, lorsque J. Ciam* 
pini le fit dessiner au xyii« siècle, et Tinscription en l'honneur de saint 
Paul était incomplète : 



PBRSBQYITVR TVM VASA DEI FIT VAS.. 
KT OBLECTVM GENTIBVS 



CINQUIÈME SIÈCLE. 21 

VOCE DEI FIS PETRE [)EI PETRA CVLMEN HONORIS 
AVLE GELESTIS SPLENDOR ET HOMNB DECVS ^ 

[c( Pierre sois , à la voix de Dieu , la pierre de Dieu , le 
comble d'honneur, toute splendeur et gloire de la cour 
céleste. »] 

Ces inscriptions ne sont pas les seules qui 
se lisent sur la mosaïque refaite de nos jours : 
Tune, de deux vers écrits sur une même ligne, 
en majuscules, de couleur blanche sur fond 
bleu lapis, occupe le sommet de Tare triom- 
phal; l'autre, également de deux vers, suit la 
courbe qui en détermine l'ouverture. Toutes 
deux se complètent : 

TEODOSIVS CEPIT PERFEGIT HONORIVS AVLAM 
DOCTORIS MVNDl SACRATAM CORPORE PAVLI ^. 

[« Théodose a commencé^ Honorius a terminé le temple, 
sanctifié par le corps de Paul, le docteur du monde. »] 

PLACIDIAE PIA MENS OPERIS DFXVS HOMNE PATERNI 
GAVDET PONTIFICIS STVDIO SPLENDERE LEONIS. 

[a L'âme pieuse de Placidie se réjouit de Téclat que les 
soins du pontife Léon ajoutent à l'œuvre de son père. »] 

1. Llnscription à la gloire de saint Pierre n'avait pas été épargnée : 

DEI PETRA CULMEN HONORIS 

OR ET OMNE DECVS 

a. Ces deux vers manquaient complètement^ mais ils étaient connus 
par le livre des inscriptions chrétiennes de Gruytere. (t. ii, p. 1170, 6.) 



M iMOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



ORATOIRE 



SAINT-JEAN-L'ÉVANGÉLISTE. 

Dans l'oratoire de Saint-Jean-l'Évangéliste, 
attenant au baptistère de Saint -Jean -de- La- 
tran, la décoration de la voûte, exécutée 
sous le pontificat de Hilare* (461-467). 

La voûte est à arêtes, sur un plan qua- 
drangulaire, le fond est d'or; l'Agneau ^ 
occupe le centre et est renfermé dans un 
cercle de fleurs qu'encadre une bordure d'or- 
nements formant un carré; la même bordure 
est prolongée en croix, les arêtes de la voûte 
sont ornées de rinceaux, et quatre guirlandes 
de fleurs, coupées en leur milieu par la pro- 
jection des bordures, relient les quatre au- 

1. Ou lisait aa-dessus de la porte: Liberatori syo Beato Jobanni 
EvANGELisTiE HiLARVs Episcopvs Fahvlvs xPi. — Cardinal Rasponus, 
Basilica et Patriarchium Lateranense^liv. m, chap. 9. 

2. « Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit : Voici T Agneau de Dieu, 
voici celai ({ui ôte les péchés du monde. » — Évangile selon saint Jean, 
chap i«f. 



CINQUIÈME SIÈCLE. t3 

gles du cadre central. Les sections des fonds, 
au nombre de huit, sont uniformément dé- 
corées de couples d'oiseaux qui se dirigent 
vers un vase rempli de fruits : elles sont sem- 
blables deux par deux; les oiseaux, d'un ex- 
cellent dessin^ sont des canards, des perro- 
quets, des pigeons, des perdrix. 

Nota. L'agneau, qui est une des représentations symbo- 
liques du Christ, est nimbé. l\ est placé comme au centre 
du monde: les vases remplis de fruits rappelant, dans les 
idées chrétiennes , la lerre que les païens désignaient par 
une corne d'abondance. Les quatre variétés d*oiseaux ex- 
priment les éléments : le canard^ Teau; la perdix^ la terre; 
le pigeon^ Tair; le perroquet^ le feu. Jésus-Christ^ sous la 
forme d'un agneau, rappelle les paroles de saint Jean le 
précurseur : « Ecce agnus Dei, ecce qui tollit peccata 
mundi. » Isaïe aussi avait dit : « Sicut ovis ad occisionem 
ducetur et quasi agnus coram tendente se obmutescet^ et 
non aperiet os sum, » 53. 7. — Un agneau, avec un filet de 
sang qui s'écoule de sa poitrine en un calice et se réunit à 
quatre courants s'écoulant des pieds, représente Jésus-Christ 
crucifié et les cinq plaies. J. Ciampini cite une lettre de Pau- 
Unus Nolanus où sont ces deux vers : « Sub cruce sangui- 
nea niveo stat Ghristus in agno — Sanctam fatentur crux et 
agnus victimam. » Il assure que la coutume de peindre 
Jésus-Christ sous la forme d'un agneau se conserva jusqu'au 
concile qui fut assemblé l'an 692 (suivant Petavius Tan 
707), où il fut décrété qu'à l'avenir le Christ sur la croix ne 
serait plus représenté par un agneau, mais figuré à l'image 
d'un hooune. 



SIXIÈME SIÈCLE 



SAINTS COSME ET DAMIEN 

Dans l'église des Saints -Cosme- et -Damien, 
(sur la Voie sacrée), construite par le pape 
Félix IV4 (526-530), sur remplacement d'un 
temple païen dont la Cella, de forme cir- 
culaire, à été conservée et sert encore de 
vestibule, Varc et la voûte de V abside. 

La décoration de l'arc est Finterprétaliou^ 
par des images, de l'une des visions de saint 
Jean : au centre, un agneau^ posé sur un 
trône gemmé que surmonte une croix et dont 
le degré porte un livre ouvert*; im disque 

1. « Hic fecit Basilicam SS. Il fit la basilique des saints 
Cosmaeet Damianiln urbe Roma^ Gosme et Damien^ dans la ville 
inloco quiappellatur Via Sacra, de Rome^ an lieu nommé Voie 
juxta templum nrbis Roms. » Sacrée, près le temple de la yille 

de Rome. — Livre pontifical. 

2. (c Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux 
et au milieu des vieillards un agneau conmie égorgé... » 

3. « Et il vint prendre le livre..., et après qu'il Teut ouvert, les quatre 
animaux et les vingtrquàtre vieillards se prosternèrent devant TAgneau, 
et ils chantaient: Vous êtes digne, Seigneur, de prendre le livre et 



SIXIÈME SIÈCLE. 25 

lumineux forme comme un nimbe qui en- 
cadre cette représentation symbolique de 
Dieu qui a souffert la mort pour racheter les 
hommes. D'un côté trois candélabres, de 
l'autre quatre, complètent le nombre sept*. 
Deux anges ^ à gauche, deux anges à droite, 
debout, vêtus de blanc, marchant sur des 
nuages; à l'extrémité gauche, Y ange, sym- 
bole de l'évangéliste Mathieu; du côté op- 
posé, l'aig^/e, symbole de l'évangéliste Jean : 
l'un et l'autre à demi cachés par les nuages. 
Le Bœuf et le Lion auront, lorsque l'église a 
été modernisée, disparu par la diminution de 
l'arc, de même que le groupe des vingt- 
quatre vieillards qui sont encore indiqués par 
deux bras couverts d'un manteau et suppor- 
tant une couronne, aux extrémités inférieures 
de l'arc. 

Les figures de la voûte hémisphérique de 
l'abside sont de plus grande proportion que 

d'en ouvrir les sceaux, parce que vous avez été mis à mort et que par 
votre sang vous nous avez rachetés pour Dieu... » 

1. « Il y avait devant le trône sept lampes allumées qui sont les sept 
esprits de Dieu. » 

2. « Je regardai encore et j'entendis autour du trùne, et des animaux 
et des vieillards^ la voix de plusieurs anges. » — Apocalypse de saint 
Jean, chap. iv etv. 



26 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

celles de Tare. Jésus-Christ y est représenté 
debout, marchant sur des nuages, bénissant de 
la main droite, pressant un volumen de la main 
gauche ; il domine deux groupes de person- 
nages debout et placés trois à trois de Tun et 
Tautre côté : les plus rapprochés de Jésus- 
Christ sont les apôtres Pmil et Pierre pré- 
sentant au Sauveur l'un saint Cosme^ l'autre 
saint DamieHy qui, dans une attitude respec- 
tueuse, tiennent en leurs mains la couronne 
des martyrs. Vers l'extrémité gauche est le 
pape saint Félix , portant un édicule qui 
n'est autre que la basilique des Saints-Cosme- 
et-Damien dont il est fondateur. Son nom est 
écrit près de la tête : sang, feliî. papa, de même 
que les mots sanc. theodorvs, le sont près de 
celle de saint Théodore qui, placé à l'extrémité 
opposée, porte sur ses mains, que recouvrent les 
plis d'une riche chlamyde, une couronne d'o- 
blation. Le sol de la Judée, que foule cette as- 
semblée de saints , est désigné par le nom du 
fleuve lORDANES et par les palmiers qui s'élè- 
vent en arrière de saint Théodore et du pape 
Félix. Un symbole que l'on rencontre en 
cette mosaïque pour la première fois, mais 



SIXIÈME SIÈCLE. 27 

que Ton retrouve ailleurs, est un oiseau dont 
la tête se détache sur une étoile rayonnante : 
les interprètes y voient un phénix et une 
image de la résurrection. Au-dessous de cette 
composition s'étend, sur toute la longueur, 
une zone étroite : Jésus-Christ y est figuré 
sous la forme à^un agneau nimbé, debout 
sur un monticule d'où s'écoulent les quatre 
fleuves du Paradis désignés par leurs noms : 

GION. FYSON. TIGRIS. EVFRATA. LeS apÔtrCS SOUt 

représentés par douze brebis ^ disposées en 
deux troupeaux de six, qui se dirigent vers 
l'Agneau rédempteur, et semblent sortir des 
villes saintes hiervsalem et bethleem qui oc- 
cupent l'une et l'autre extrémité. Plus bas 
sont inscrits sur deux lignes , six vers en let- 
tres d'or sur bleu lapis : 

AVLA dÎ CLARIS RADIAT SPEGIOSA METALLIS 
IN QVA PLVS FIDEI LVX PRETIOSA MICAT 

MARTYRIBVS MEDICIS POPVLO SPES CERTA SALVTIS 
VENIT ET EX SACRO CREVIT HONORE LOCVS 

OPTVLIT HOC DNÔ FELIX ANTISTITE DIGNVM 
MVNVS VT AETHEBIA VIVAT IN AMCE POLI 

[« La Maison de Dieu brille de Téclat des métaux les plus 
purs , et la lumière de la foi y resplendit plus précieuse. 
Les martyrs de la Médie ont assuré le salut du peuple, et 



28 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

un honneur sacré a été attaché à ce lieu. Le pontife Félix 
a offert au Seigneur ce don digne de lui^ atin de vivre dans 
les demeures célestes. »] 

Nota. Jésus- Christ et les anges sont nimbés. On remar- 
quera que des deux symboles des évangélistes, un seul a le 
nimbe, parce qu'il est ange. Le Christ bénit en élevant la 
main dont les cinq doigts sont ouverts. 

Pompeius Ugonius, cité parJ. Ciampini, Vet. Mon., 
P. il, f<» 60, raconte en son livre des stations des églises de 
la ville, qu'au temps de Grégoire XIII (1572-1585) la figure 
du pape Félix, détruite par les ravages des siècles, fut rem- 
placée par une peinture où Ton substitua le visage de 
Grégoire le Grand à celui de Félix IV , mais que sous le 
pontificat d'Alexandre VU et par les soins du cardinal 
François Barberini la figure fut refaite en mosaïque, et le 
visage de Félix rétabli. Cette figure est donc un travail du 
xvn» siècle, et la tète n'a pas l'authenticité d'un portrait 
contemporain de Félix IV. 



SIXIÈME SIÈCLE. W 



SAINT-LAURENT HORS LES MURS 

Dans la basilique de Saint -Laurent (hors 
les murs) , fondée par Constantin, réédifîée 
parle pape Pelage II* (577-590), le grand 
arc y faisant face aujourd'hui à l'autel 2. 

Jésus-Christ y est représenté assis sur le 
globe du monde, bénissant de la main droite 
et tenant de la gauche un bâton pastoral que 
termine une croix ; des inscriptions désignent 
les saints personnages qui sont placés debout 
aux côtés du Sauveur. A sa droite, ses. petrvs. 
SCS. laurentivs. pelagivs. episc. ; à sa gauche, 
SCS. PAVLVS. SCS. stephanvs. sgs. yppolitvs. 
Saint Pierre porte de la main gauche une 

1. a Hic fecit supra corpus B. II fit sur le corps du bienheu- 
Laurentii martyris basilicam, a reux Laurent, martyr, une basi- 
fundamento constructam. » lique qu'il éleva depuis les fonde- 
ments. — Livre pontifical. 

2. L'entrée de la basilique de Pelage II était où Ton voit aujourd'hui 
le trône épiscopal. L'arc, orné de mosaïques, précédait la tribune, con- 
formément à Tusage; la position inaccoutumée qu'il occupe actuelle- 
ment résulte des travaux d'Adrien I«', qui changea l'orientation de 
l'église; plus tard Honorius III l'agrandit (1216-1227) et y ajouta la 
grande nef. 



30 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

longue croix, telle qu'est celle du Christ. Il 
en est de même de saint Laurent qui tient 
en outre un livre ouvert où sont écrits les 
mots : DisPERdiT, DEDIT PAyPERiBvs^[«Il a répandu 
ses biens avec libéralité sur les pauvres »]. 
L'évêque Pelage porte un édicule qui est la 
basilique de Saint- Laurent qu'il a reconstruite 
et ornée. Si nous nous reportons du côté op- 
posé, le personnage le plus rapproché du 
Christ est saint Paul tenant en la main gau- 
che un volumen. Après lui saint Etienne ^ qui 
porte un livre ouvert sur lequel on lit : 
Kbs&xï ANIMA MEA^ [<c Mou âme s'est attachée à 
vous suivre »]. Le dernier est saint Hippolyte 
tenant une couronne gemmée. Les deux villes 
saintes sont figurées vers les retombées de 
l'arc, et désignées parleurs noms hiervsalem, 
BETHLEEM (ellcs out été cu grande partie re- 
faites). On lit autour de l'arc : martyrivm 

FLAMMIS OLIM LEVITA SVBISTI. IVRE TVIS TEMPLIS 

Lvx BENERANDA DEDIT * [« Autrcfois tu as subi le 

1. David ^ psaume cxi, 9. 

2. David ^ psaume lxu^ 9. 

3. A la fia du xyii» siècle , cetto iuscription était eu partie détruite, 
ou liaait seulement : 

LBVITA SVBKSTI. IVRB TVIS TEMPLIS LVX BEI... 



SIXIÈME SIÈCLE. 31 

martyre par les flammes, c'est avec raison, ô 
Lévite, qu'un éclat honorable est rendu à 
tes temples »]. Le soflBte est orné d'une guir- 
lande de fleurs et de fruits reliée par un 
ruban, et au milieu est le monogramme du 
Christ. 

Nota. Le Christ^ les apôtres et les saints sont nimbés. Le 
nimbe de Jésus-Christ est crudfère. Il bénit en joignant le 
pouce aux deux derniers doigts, Tindex et le médium étant 
droits. 

La figure du pape Pelage II a été restaurée; la tête seule 
existait avec Tépigraphe^ et tout le corps détruit^ à Texcep- 
tion des pieds, avait été remplacé par une peinture^ lorsque 
J. Ciampini, à la fin du xvii® siècle, publia dans ses Vêlera 
Hîonimenta une planche de la mosaïque de Saint-Laurent- 
hors-les-Murs. Le bras droit de saint Laurent, qui dans la 
planche que je rappelle ici soutient une basilique, y est éga- 
lement indiqué comme ayant été repeint^ mais on y remar- 
que très -clairement que si une portion de la basilique est 
peinte, la portion la plus considérable adhérente à la poi- 
trine du saint martyr fait partie de la mosaïque et se rat- 
tacherait difficilement à la figure du pape Pelage. Toutefois 
Cianipini a pensé que c'était par une erreur du peintre que 
la petite basilique était passée des mains de Pelage en 
celles de saint Laurent^ et son opinion a été prise en consi- 
dération lorsque la restauration en mosaïque a été entre- 
prise. Dans rétat actuel, c'est Pelage qui porte, comme 
fondateur^ la basilique de Saint -Laurent, et je ne sais si 
cette prétendue restitution n'est pas une innovation erronée, 
car la basilique, dans les mains du martyr saint Laurent, 



38 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

était d'accord avec l'inscription citée par Gruyteré. — 
Praesule Pelagio martyr Laurentius olim templa sibi sta- 
tuit... 



SEPTIÈME SIÈCLE 

SAINTE-AGNÊS 



Dans l'église de Sainte -Agnès (sur la voie 
Nomentane), fondée par l'empereur Constan- 
tin, restaurée par le pape Symmaque* (498- 
514), réédifiée et ornée par le pape Hono- 
rius P'2 (626-638), la voûte hémisphérique 
de r abside. 

Sainte Agnès ^ debout, tient en ses mains 
le livre de vérité; elle est couronnée d'un 



\ . « Absidam B. Agnetis ^ cui n renouvela l'abside de la bien- 
rnina imminebat et omnem basi- heureuse Agnès ^ qui menaçait 
licam renoyavit. » ruine, et toute la basilique. — 

Livre pontifical. 

2. «Fecit et ecclesiam B. Agne- Il fit aussi l'église de la bien- 
tis martyri^, milliario ab urbe heureuseAgnès, martyre, au troi^ 
tertio, via Numentana, a solo, sième mille hors de la ville, sur 
ubi requiescit, quam undique la voie Nomentane, au lieu où 
ornavit, et exquisivit , ubi posuit elle repose; il l'orna et Tembellit, 
multa dona... Fecit absidam ejus- y plaça beaucoup de dons... Il fit 
dem basilics ex musivo. » l'abside de la même basilique en 

mosaïque. — Livre pontifical. 
3 



34 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

bandeau gemmé, et vêtue d'im riche cos- 
tume grec. Des flammes et une épée sont 
placées près des pieds de la sainte pour rap- 
peler les instruments de son martyre, et la 
main de Dieu, déposant au-dessus de sa tête 
la couronne qui en est la récompense, forme 
le point culminant de la composition. Deux 
papes sont représentés debout aux côtés de 
sainte Agnès : l'un, qui porte en ses mains 
la basilique, est Honorius; Vautre, tenant un 
livre, est Symmaque dont les travaux de 
réédification avaient précédé ceux d'Hono- 
rius. Le nom de la sainte, sca agnes, est le 
seul inscrit, le seul qui fasse connaître indu- 
bitablement la figure qu'il accompagne. Une 
riche guirlande de fruits et de fleurs, com- 
prise entre deux galons de pierreries, en- 
cadre la composition; une croix en forme 
comme la clef. Au-dessous des personnages 
est une inscription de douze vers, en lettres 
d'or sur fond bleu lapis, partagée en trois 
sections égales : 

AVREA CONCÏSIS SVRGIT PICTVRA METALLIS 

ET CQMPLEXA SIMVL CLAVDITVR IPSA DIES 
FONTIBVS E MIBEIS CREDAS AVRORAS VRIRE 



SEPTIÈME SIÈCLE. 35 

CORREPTAS NVBES RVRIBVS AEVA RIGANS 
VEL QVALEM INTER SIDERA LVGEM PROFERET IRIM 

PVRPVREVS QVE PAVO IPSE COLORE NITENS 
QVI POTVIT NOCTIS VEl LVGIS REDDERE FINEM 

MARTTRVM E BVSTIS HINC RIPPVLIT ILLE CHAOS 
SVRSVM VERSA NVTV QVOU CVNCTIS CERNITVR VNO 

PRAESVL HONORIVS HAEG VOTA DICATA DEblT 
VESTIBVS ET FACTIS SIGNANTVR ILLIVS ORA 

AECET (sic) ET ASPECTV LVCIDA CORDA GERENS 

[a Des métaux taillés produisent une peinture d'or^ et la 
lumière du jour y semble comprise et renfermée. On croH 
rait que Taurore, rassemblant les nuages à des sources 
liquides, brûle et répand la vie sur les campagnes. Telle la 
lumière que produit Tarc-en-ciel entre les astres, tel l'éclat 
empourpré des couleurs du paon. Le chaos, qui a pu mettre 
un terme à la nuit comme au jour, a sorti le martyr des 
tombeaux. Sur un signe d'en haut qui est vu de tous, le 
pontife Honorius a fait connaître ces vœux. Ses vêtements 
et ses actes le désignent^ son visage laisse deviner un cœur 
pur. »] 

Nota. La sainte est nimbée. Les deux têtes des papes 
Symmaque et Honorius avaient été détruites par les ravages 
du temps et ont été refaites. (Voir J. Ciampini, Vêlera Mo- 
nimenta, P. if, p. 405, pi. xxix.) 



36 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



ORATOIRE 



SAINT-VENANCE. 



Dans Foratoire de Saint- Venange*, attenant 
au baptistère de Saint -Jean- de -Latran, Varc 
et la voûte de la tribune , exécutés sous le 
pontificat de Jean IV 2 (639-642). 

En la partie centrale et supérieure de Tare 
sont les animaux symboliques j disposés en 
deux groupes : à gauche, l'ange de saint 
Mathieu, le bœuf de saint Luc; à droite, le 
lion de saint Marc et Faigle de saint Jean. 

1. Martyr décapité à l'âge de quinze ans, sous l'empereur Dèce et le 
gouverneur Antiochus. 

2. « Fecit ecciesiam beatis mar- Il fit une église pour les bien- 
tyribus Venantio , Anastasio, heureux'martyrsVenance, Anas- 
Mauro et aliis multis martyribus. tase , Maure et beaucoup d'autres 
Quorum reliquias de Dalmatia et martyrs dont il avait fait rapporter 
Istria adduci prseceperat et recon- les restes de Dalmatie et distrie, 
didit eas in ecclesia suprascripta et il les renferma dans ladite 
juxtafontemLateranensemJuxta église, près le baptistère de La- 
Oratorium B. Joannis Evange- tran et l'oratoire du bienheureux 
listae, quam ornavit... » Jean l'évangéliste; il l'orna... — 

Livre pontifical. 



SEPTIÈME SIÈCLE. 37 

Chacun d'eux, à demi caché par des nua- 
ges, tient le livre des Évangiles richement 
omé. Les villes saintes de Bethléem et Jé- 
rusalem sont figurées vers les extrémités. 
Quatre saints, debout, sont placés à gauche 
en l'une des portions inférieures de l'arc, et 
quatre à droite répétant la même disposition : 
leurs noms, inscrits au-dessus des têtes, dé- 
signent chacun d'eux : à gauche, ses. anas- 

TASIVS ses. ASTERIVS SGS. TEUVS SCS. 

PAVLiNiANvs. A droite, ses. mavrvs — ses. sep- 

TIMIVS ses. ANTIOeHIANVS SCS. GAIANVS. 

Saint Anastase ^ porte une couronne de 
martyr, saint Aster un volumen, saint Tell 
^i saint Paulinien une couronne. Saint Maur 
et saint Septime ont en leurs mains le livre 
de vérité, saint Antiochien et saint Gaien 
une couronne. 

Si l'on examine la voûte, on remarque 
en la partie supérieure où sont indiqués 
des nuages, l'image en buste de Jésus^ 
Christ bénissant, et des anges à ses côtés; 



. 1. Les saints martyrs Anastase et ses compagnons endurèrent la mort 
dans la persécution de Dèce^ sons le goaTemeur Antiochns. Ils ne sont 
connus que par les actes de saint Venance. 



38 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

en la partie inférieure, la Mère de Dieu de- 
bout, les mains élevées, ayant à sa droite 
saint Paul y à sa gauche saint Pierre; puis 
à la droite de saint Paul, deux saints dési- 
gnés par leurs noms qui sont écrits près des 
têtes: SCS. iohannis ev^. — ses, venantivs, et 
un dernier qui est le pape Jean IV. J'ai dit 
que saint Pierre était placé à la gauche de la 
Vierge; deux saints qui suivent sont désignés 
par leurs noms : ses. iohannis ba — ses. 
DOMNio. Le quatrième est le pape Théodore, 
successeur de Jean IV. La Mère de Dieu 
est représentée dans la pose des adorantes. 
Saint Paul, saint Jean évangéliste et saint 
Venance tiennent de la main droite, l'un 
le livre des Évangiles, les deux autres un 
missel posé sur la gauche que recouvre le 
manteau ou la dalmatique. Jean IV porte 
sur les deux mains, qui sont cachées sous 
son vêtement pontifical, un édicule repré- 
sentant l'oratoire par lui consacré à saint Ve- 
nance. Du côté opposé, saint Pierre tient 
de la main droite une clef et de la gauche 
une croix portée par un long manche; saint 
Jean- Baptiste un long bâton qui se termine 



SEPTIÈME SIÈCLE. 39 

^n croix; saint Domnio^ appuie la main droite 
sur un missel soutenu par la gauche que re- 
couvre sa dalmatique, et un livre semblable 
est posé sur les mains du pape Théodore ca- 
chées sous son manteau sacerdotal. Au-des- 
sous de la réunion des saints règne, sur deux 
lignes et divisée en trois sections, une in- 
scription de six vers qui sont : 

MARTIRTBVS XPI DNÎ PU VOTA lOHANNES 

REDDIDIT ANTISTES SAGRIFIGANTE DEO 
AT SACRI FONTIS SIMILI FVLGENTE METALLO 

PROVIDVS INSTANTER HOG COPVLAVIT OPVS 
QVO QVIS QVIS GRAOIENS ET XPM PRONVS ADORS 

EFFYSAS Q PREGES IMPETRAT ILLE SVAS 

[c( Le pontife Jean^ pendant le sacrifice divin , a fait un 
voeu pieux pour les martyrs de Notre Seigneur Jésus-Christ, 
et poursuivant avec persévérance, il a formé cet ouvrage 
dont réclat métallique brille à l'égal des eaux sacrées; 
quiconque s'en approche, s'incline et adore le Christ, ob- 
tient Taccomplissement des prières sorties de son âme. »] 

Nota. JésusrChrist, les anges, la Mère de Dieu, les deux 
apôtres, les saints, les pontifes et Tévéque sont nimbés. 

1. Évéque de Salone, en Dalmatie. 



40 MOSAÏQUES CHRÉTIENNE 



SAINT-ÉTIENNE. 

Dans l'église de Saint -Etienne (sur le mont 
Cœlius), /a voûte d'un autel consacré aux saints 
Prime et Félicien^, au lieu où leurs corps 
furent transférés par le pape Théodose P'^ 
(642-649). 

Au sommet est une main qui tient la cou- 
ronne des martyrs; plus bas, une image en 
buste du Sauveur; au-dessous, une grande 
croix gemmée qui descend jusque sur le sol. 
Les saints Prime et Félicien sont représentés 

1. Martyrisés sous les empereurs Dioclétien et Maximieu. — Marty- 
rologe romain, 9 juin. 

2. « Eodem tempore relevata Dans le même temps furent re- 
suntcorpora sanctorummartyrum levés les corps des saints martyrs 
Primi et Feliciani quae erant in Prime et Félicien^ qui étaient 
arenario sepulta, via Numentana, dans l'arenaire^ ensevelis sur la 
etadductasuntinurbemRomam. voie Nomentane^ et ils furent 
Quae et recondita sunt in basi- apportés dans la ville de Rome et 
lica B. Stephani Protomartyris ils furent renfermés dans la ba- 
ubi et doua obtulit. » silique du bienheureux Etienne 

protonnartyr, où il offrit des dons. 
— Livre pontifical. 



: SEPTIÈME SIÈCLE. 41 

debout de Tun et l'autre côté de la croix, sou- 
tenant de la main droite un volumen appuyjé 
sur la main gauche que recouvre leur man- 
teau; l'un et l'autre sont désignés par leurs 
noms qui se lisent près des têtes : + ses. pri- 
Mvs. + ses. FELiGiANDS. Lcs terrains sont garnis 
de plantes fleuries, et une inscription règne 
au-dessous sur toute la longueur : 

ASPICIS AVRATVM CAELESTI CVLMINE TECTVM 
ASTRIFERVM QVE MICANS PRAECLARO LVMINE FVLTVM*. 

[a Tu vois ce lieu dont le faîte céleste est doré et ce divin 
visage brillant d'une clarté lumineuse. »] 

Nota. Les deux saints sont nimbés. La- tète du Sauveur 
est renfermée dans un disque qui en est à la fois le nimbe 
et le cadre. 

l. Jani Gruteri Corpus inscriptioniim , t. ii, p. 1164, 19. 



it MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINT-PIERRE-AUX-UENS. 

• Dans l'église de Saint-Pierre -aux-Liens, 
une image de saint Sébastien, placée à la 
suite d'une peste qui ravcigea Rome en l'an 
680 ^ 

Saint Sébastien y est représenté debout, 
soutenant de la main droite sa couronne de 
martyr qui est posée sur la gauche recouverte 
de sa chlamyde. Le nom du saint : ses. sebas- 
TiANVs , est inscrit en lettres superposées sur 
deux lignes parallèles à la figure. 

Nota. Le saint est nimbé. Son costume est celui des 
hommes nobles de Gonstantinople. Le manteau est agrafé 
sur répaule droite, les jambes sont cachées par un panta- 
lon et les pieds sont chaussés. 

1. Voir Paulus Diaconus, De Gestis Longobardoram, lib. v.— Baro- 
ûius , No 52. — Bollandus ad diem Januarii , N*» 25. — Cités par J . Ciam- 
pini, Vet. Mon., P. ii, fol. 114-116. 

Elle fut dans l'origine placée près de la porte, à gauche, et en 1683 
transportée où on la voit aajourd'hui , deuxième autel à gauche. 



HUITIÈME SIÈCLE 



SAINTE-MARTE-IN-COSMEDIN. 

Dans la sacristie de Téglise de Sainte -Marie- 
iN-CosMEDiN, on voit un tableau en mosdique^, 
fragment d'une composition qui a dû être 
Y Adoration des Mages et provenant d'une 
chapelle que le pape Jean VII (705-708) 
avait érigée, en l'honneur de la Mère de 
Dieu, dans la basilique ancienne de Saint - 
Pierre -AU -Vatican . 

La Vierge Marie y est représentée assise, 
ayant sur ses genoux son divin enfant qui 
avance les mains; une boîte et le bras qui 
la porte sont tout ce qui reste d'un roi mage. 
Saint Joseph est debout, près du siège de la 
Vierge, et, du côté opposé, un ange tenant 
un long bâton. Une inscription du xvii® siècle 
explique l'origine de cette mosaïque et la date 

i. Uyaété placé en 1639. 



44 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

de sa translation en l'église de Sainte -Marie - 
in-Cosmedin. 

VrBANO VIII. p. M. 

VETYSTISSIMAS HAS MVSIYAS IMAGINES IN ORATORIO DeI 
GENITRICIS INTRA B. PeTRI BaSILICAM A lOANNE VII AD ANNVM DCCV 
EXiEDIFICATO OLIM EXTANTES ET IN EIVSDEM BASILICS SVBPaVLO V 
AmPLIFICATIONE pie SERVATAS hic An PERPETVVBf REI SACRiE 
HONVMENTVM lo. AnT.GhEZZIVS HOM. HVIVS DlACONl^ CaNONIGVS 
DONAVIT ET AFFIGENDAS CVRAVIT ANNO SALVTIS MDCXXXIX. 

[a Sous le ponlîficat d'Urbain VHI, ces très-anciennes 
images en mosaïque qui, autrefois, étaient dans l'oratoire 
de la Mère de Dieu, édifié dans la basilique du bienheureux 
Pierre, par Jean VII, en l'année 705, et avaient été pieu- 
sement conservées dans l'agrandissement de cette même 
basilique sous Paul V, ont été , pour perpétuer un monu- 
ment sacré, données à cette église et placées en ce lieu par 
les soins de Jean- Antoine Ghezzi, romain, chanoine de ce 
diaconat, Tan de grâce 1639. »] 



Des fragments, provenant du même oratoire, ont été 
placés dans les cryptes du Vatican, avec des inscriptions 
qui les font reconnaître : 

HAEC. B. VIRGINIS. MVSIVA. IMAGO. ERAT. AD. SACELLVN. 

lOANNis. PAPiE VU. [a Cette image en mosaïque de la bien- 
heureuse Vierge était dans la chapelle du pape Jean VII »]. 

IMAGO. PETRI. PRJIDIGANTIS. ROMANIS. EX. SACELLO. lOANNIS. 

VU. PAPiE. PAVLO. V. PONT. MAX. [« Image de Pierre prê- 



HUITIÈME SIÈCLE. 45 

chant les Romains^ provenant de la chapelle du pape 
Jean VII, placée ici sous le pontificat de Paul V»]. 

IMAGO. lOANNIS. VII. P. M. EX. SVO. SACELLO. HIC. REPO- 

siTA. ANNO. MDCix. [ « Image du souverain pontife Jean VII^ 
provenant de sa chapelle^ placée ici en Tan i609»]. Le 
nimbe carré et le petit édicule que porte le pontife^ dési- 
gnent le portrait d'un personnage vivant et du fondateur 
d'un lieu saint. 



46 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 



SAINT-THÉODORE. 

Dans l'église de Saint-Théodore, érigée par 
le pape Adrien P' (772-795), sur les ruines 
du temple de Vesta, une voûte hémisphé- 
rique en arrière de F autel. 

Au sommet est la main de Dieu tenant 
une couronne au-dessus de la tête de Jésus- 
Christ représenté assis sur le globe du monde, 
bénissant, et portant de la main gauche une 
longue croix. Deux groupes sont disposés sur 
les côtés : à la droite du Christ, saint Paul 
debout, un volumen dans la main, présente à 
son divin maître un jeune homme qui tend 
vers Jésus-Christ ses deux mains soutenant une 
couronne posée sur une riche étoflfe. Du côté 
opposé, c'est saint Pierre^ portant une clef, 
qui présente à Jésus-Christ saint Théodore^; 



1. Il est représenté ici avec le même costmne d'étoffe et de coupe 
orientales que dans la mosaïque des saints Gosme et Damîen, où il est 
désigné par son nom. 



HUITIÈME SIÈCLE. 47 

celui-ci, de même que le saint déjà décrit, 
étend vers le Sauveur la couronne d'obla- 
tion. 

Nota. Le nimbe du Christ est crucifère; celui des apô- 
tres est formé par un double trait^ noir et blanc. Jésus bé- 
nit en joignant le pouce aux deux derniers doigts, Tindex 
et le médium étant droits. Le Christ et les deux apAtres 
ont, suivant Tusage constant, les pieds nus et des sandales; 
les deux personnages habillés en laïques ont des bas et des 
souliers. 



48 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-PUDENTIENNE. 

Dans Téglise de Sainte-Pudentienne , (peut- 
être la plus ancienne de Rome), fondée Tan 
154 par le pape Pie P% d'Aquilée, sur l'em- 
placement de la maison du sénateur Pudens, 
restaurée par Adrien P' (772-795), la voûte 
de la tribune. 

JésuS'Christ occupe le milieu, assis sur un 
trône richement orné; il bénit de la main 
droite et tient de la gauche un livre ouvert, 
sur lequel sont écrits les mots : dominvs gon- 

SERVATOR EGCLESIAE PUDENTIANAE [« le ScignCUr 

conservateur de Téglise de Pudentienne »]. 
Les animaux symboliques, Y ange j le lion^ le 
bœuf et V aigle sont figurés dans des nuages, 
et une grande croix gemmée, dont le pied 
repose sur une montagne, s'élève en souve- 
nir du Calvaire à l'arrière du Sauveur. Les 
apôtres saint Paul et saint Pierre sont re- 
présentés à mi-corps, le premier à droite. 



HUITIÈME SIÈCLE. 49 

le second à gauche de leur divin maître. 
Tous deux sont vus de profil : saint Paul est 
désigné par un livre sur lequel on lit : liber 
GENERATiONis ^, ct unc femme, qui est sainte 
Pudentienne y tient au-dessus de sa tête la 
couronne des martyrs. C'est en raison d'une 
même idée que sainte Praxède est représen- 
tée, du côté opposé, couronnant, par une ac- 
tion semblable, l'apôtre saint Pierre. Près de 
cet admirable groupe, est un vieillard de qui 
les cheveux blancs et la barbe blanche sont 
les seuls indices qui puissent faire recon- 
naître Pudens^j père des deux saintes et de 
Novatus et Timothée qui, sans doute, sont 
mêlés aux personnages vus en buste vers les 
extrémités, rien ne distinguant ceux-ci des 
autres. On en compte trois à la gauche de 
Pudens, quatre à la droite de saint Paul. 

i. « Car je ne rougis pas de l'Évangile^ parce qu'il est la vertu de 
Dieu^ pour sauver tous ceux qui croient : premièrement les Juifs et 
puis les Gentils. » — Épltre de saint Paul. 

2. Il était Romain et sénateur^ et fut converti à ia foi avec toute sa 
famille et ses domestiques par Tapôtre saint Pierre qui habita sa mai- 
son^ lorsqu'il vint à Rome en Tan 44, et y célébra la messe sur un 
autel privé. 



50 MOSAÏQUES -CHRÉTIENNES. 



TRICLINIUM DU LATRAN. 

(HÏPlODBiCTIOV) 

Sur la place de Saint-Jean-de-Latran, près 
de l'escalier saint, est une sorte de tribune 
où a été rétablie, sous le pontificat de Be- 
noit XIV (1740-1758), la mosaïque dont le 
pape Léon III (795-816) avait orné une salle 
du palais de Latran, connue sous le nom de 
Triclinium. Elle se compose S! un arc et 
d^une voûte. 

Deux groupes sont disposés sur les côtés 
de l'arc. Si l'on regarde à gauche, l'on voit 
Jésus -Christ assis, tenant deux clefs de la 
main droite et de l'autre un étendard que 
surmonte une croix; deux personnages sont 
agenouillés aux pieds du Sauveur : l'un est le 
pape Sylvestre^ et les clefs que lui présente 
le Fils de Dieu le désignent comme le succès- 



HUITIÈME SIÈCLE. 51 

seur de saint Pierre; l'autre, couronné, armé 
d'une épée et serrant contre sa poitrine l'é- 
tendard du Christ, est Vempereur Constan- 
tin dont le ïioni se lit près de la tête : r. 
cosTANTiNvs. Si l'ou porte les regards à droite, 
l'on reconnaît, dans une disposition semblable, 
le prince des Apôtres ^ désigné par une in- 
scription ; SCS. PETRvs; il présente un pal- 
lium au pape Léon III dont le nom se lit 
près de la tête : + scimvs dn leo pp [« Sanc- 
tissimus Dominus Leo Papa »], et soutient un 
étendard que porte de la main droite Char- 
lemagne^ désigné par cette inscription : dn 
CARLo REGI. La réuniou des deux membres de 
la phrase, le très-saint seigneur et pontife 
Léon au seigneur Charles roi y présente 
cette partie historique d'une décoration sa- 
crée comme un hommage du pape Léon à 
l'empereur Charlemagne. L'inscription qui 
se lit au-dessous du groupe, renfermée en 
une tablette , ajoute quelque chose de plus : 

BEATE • PETRE • DONA • VITA • LEON • PP • 
E • BICTORU • GARVLO • REGI • DONA [ C< BicU- 

heureux Pierre, donne la vie au pape Léon et 
la victoire au roi Charles >:>]; on lit autour de 



52 MOSAÏQUES CHRÉTIENiNES. 

l'arc : gloria • in • excelsis • deo • et • 

IN • terra • PAX • OMNIBVS • BONE • BOLVN- 

TATis [c< Gloire à Dieu au haut des cieux, 
et paix sur la terre aux hommes de bonne 
volonté »]. 

La scène représentée sur la voûte est \ Ap- 
parition aux onze apôtres après la Résur- 
rection. Tous les personnages sont debout, 
Jésus-Christ occupe le centre, bénissant, te- 
nant un livre ouvert sur lequel sont tracés les 
mots PAX voBis, qui sont ceux qu'il prononça 
d'abord^ en se présentant au milieu d'eux; 
il est placé sur un monticule d'où s'échap- 
pent quatre courants qui font allusion aux 
fleuves du Paradis. Cinq apôtres sont posés 
à la droite du Sauveur, et le plus rapproché 
de lui est saint Pierre, qui porte une clef et 
une longue croix ; six sont à gauche , et 
ceux-là, de même que les autres, ont les 
mains cachées par leur manteau. U inscrip- 
tion qui règne au-dessus renferme les pa- 
roles de Jésus-Christ aux onze apôtres ^ : 



1. ËvaDgile selon saint Luc^ chap. xxiy, 86. 

2. Évangile selon saint Mathieu^ chap. xxyiii, 19 et 20. 



HUITIÈME SIÈCLE. Ô3 

DOGETE OMNES GENTES VAPTIZANTES EOS IN NOMINE PATRIS 
ET FILII ET SPIRITVS SGS ET EGGE EGO VOfilSCYM SYM 
OMNIBVS DIEBYS YSQYE AD GONSYMATIONEM SEGVLI. 

[a Allez et instruisez tous les peuples^ les baptisant au 
nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit Et assurez- 
vous que je serai toujours avec vous jusqu'à la consomma- 
tion des siècles. r> ] 

Le monogramme du pape Léon III se re- 
marque au milieu de la guirlande de feuil- 
lages et fruits qui forme l'encadrement de 
l'arc. 

L'origine et les transformations de la mo- 
saïque du Triclinium sont relatées dans trois 
longues inscriptions^ qui se lisent sur les murs 
de la tribune, restaurée sous la direction de 
l'architecte Valadier et du peintre Camuc- 
cini. 

4.9 Léo papa tertius fecit in Le pape Léon III a fait dans 

patriarchio Lateranensi tricli- le patriarchat de Latran un 

nium maj us super omniatricli- triclinium. grand par dessus 

nia nominis sui magnitudine tous, et qui dut plus d'éclat 

decoratum ponens in eo funda- encore à la grandeur de son 

menta Grmissima et in circuitu nom ; l'établissant sur des fon- 

laminis marmoreis omavit atr déments solides, il en orna le 

que marmoribus in exemplis tour d'un revètissement de 

stravitetdiversiscolumnistum marbre incrusté de pièces 

porphyreticis quumque albis et d'autres marbres. Il le décora 

sculptiscumvasisetliliissimul de diverses colonnes tant de 



54 



xMOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



positisdecoravit. Cameram cum 
apsida de musivo et alias duas 
apsidas diversas historias pin- 
gens marmorum incrustatione 
pariter in circuitu decoravit. » 
(Ex Anastasio bibliotheca- 
rio.) 



Franciscus S.*AgathiB, diac. 
cardinalis Barberinus triclinii 
a Leone III rom. pontefice con- 
structi a Leone lY successore 
sexagesimo post anno reparati 
nostra tandem œtate pêne di- 
ruti partem banc illustriorem 
in qua utraque imperii romani 
translatio redditaque urbi pax 
publica continetur parietibus 
hinc inde suffulsit, camerae 
musivum restauravit labansque 
olim dextrum apsidis emblema 
antiquariorum diligentia colo- 
ribus exceptum penitus deinde 
collapsum ad priscum exem- 
plum summa fide ex musivo 
restituit anno jubilei 4625. 



Benedictus XIV P. M. anti- 
quissimum ex vermiciilato opère 
monimenturo in occidentali ap- 



porphyre que blanches et sculp- 
tées avec des vases garnis de 
lys. Il décora également une 
voûte en abside et deux autres 
absides par des mosaïques, 
reproduisant diverses histoires 
par des marbres incrustés. 

(Extrait d'Anastase le biblio- 
thécaire. ) 

François, diacre de Sainte- 
Agathe, cardinal Barberini, a 
fait maintenir sur ces murailles 
cette portion du Triclinium, 
construit par le pontife ro- 
main Léon m, réparé soixante 
ans après par son successeur 
Léon IV, presque détruit de 
notre temps ; elle en est la plus 
illustre , contenant le transport 
des deux pouvoirs de l'empire 
romain et le souvenir de la 
paix pubh'que rendue à la ville. 
Il a restauré la mosaïque de la 
voûte et a rétabli avec une 
grande bonne foi le côté droit 
de l'abside qui jadis menaçant 
ruine, avait été soutenu par 
les soins des antiquaires qui 
l'avaient fait peindre, était 
ensuite tombé en entier. Il l'a 
fait refaire tel qu'il avait existé 
jadis, l'an du jubilé 1625. 

Benoit XIV , souverain pon- 
tife, remplissant les vœux des 
hommes éradits, a rendu à 



HUITIÈME SIÈCLE. 



55 



side Lateranensis cœnaculi a 
Leone III sacro cogeudo sena- 
lui aliisque solemnibua pera- 
gendis extructi quod ad templi 
arcam laxan^am Glemens XII 
integrum loco moveri et ad 
proximum S. Laurentii orato- 
rium coUocari jusserat vel arti- 
ficum împeritia vel rei difli- 
cultate diffractum ac penitus 
disjectum ne illustre adeo pon- 
tifici» majestatis authoritatis- 
que argumentum literariae rei- 
publicse damno interiret ad 
fidem exempli ipsius démen- 
tis providentia stantibus adhuc 
parietinis accurate coloribus 
expressi et simillime in Vati- 
cano codice veteris \)icturaB 
nova apside a fundamentis ex- 
citata eruditorum virorum vo- 
tis occurrens urbi aeternas res- 
tituit anno 1743 pont, sui 3. 



la ville étemelle le très-anti- 
que monument en mosaïque 
de Tabside occidentale du cé- 
nacle de Latran , construit par 
Léon III pour réunir le sacré 
collège et pour d'autres solen- 
nités. Gément XII, afin d'a- 
grandir, la cour du temple, 
l'avait changé de place entière- 
ment et ordonné qu'il fût placé 
près l'oratoire de Saint-Lau- 
rent. L'inhabileté des ouvriers 
ou la difficulté de l'opération en 
avait entratné la rupture et la 
destruction presque totale. Ne 
voulant pas qu'un monument 
si illustre de la majesté et de 
l'autorité pontificale pérît au 
détriment de la république des 
lettres, suivant l'exemple du 
pape Clément, tandis que les 
murailles étaient encore de- 
bout, la faisant reproduire 
exactement par la peinture et 
s'aidant d'un ancien dessin de 
la bibliothèque du Vatican , il 
a rétabli la mosaïque sur une 
abside nouvelle, construite de- 
puis les fondations, l'an 4743, 
troisième de son pontificat. 



A la bibliothèque du Vatican^ une tête d'apôtre et un 
fragment d*une autre téte^ provenant du triclinium de 
Saint- Jean-de- Latran^ sont indiqués par ces mots : Frag- 
menta musivi veteris triclinii lateranensis a Leone m tem- 



56 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

poribus Garoli magni constructi [ « Fragments de Tantique 
mosaïque du triclinium de SainWean-de-Latran ^ construit 
par Léon III, du temps de Charlemagne »]. 

Nota. Une lettre du pape Adrien I" à Tempereiu» Char- 
lemagne renferme toute la pensée exprimée par son succes- 
seur sur la voûte du triclinium de Latran : et Et comme aux 
a temps du bienheureux Sylvestre^ pontife romain^ par la 
a largesse du très -pieux et grand empereur Constantin de 
a sainte mémoire^ la sainte église de Dieu^ catholique^ apos- 
"i tolique et romaine, a été élevée et exaltée, et sa puis- 
ce sance étendue dans ces parties de THespérie; de même 
p, S ^ 7 . « en votre temps très-heureux et le nôtre , la sainte église 
a de Dieu et du bienheureux Pierre, apôtre, a été doublée 
a et étendue, et reste de plus en plus exaltée, si bien que 
a toutes les nations qui en sont informées s'écrient : Do- 
a mine salvum fac Regem et exaudi nos in die qua invo- 
a caverimus te [a Seigneur, protège le Roi et exauce en ce 
« jour nos prières »], parce que voici qu'un nouveau Con- 
« stantin, empereur très-chrétien, s'est levé en ces temps, 
a par qui Dieu a daigné répandre tous ses biens sur sa 
et sainte église du bienheureux Pierre, prince des apôtres. i> 




NEUVIÈME SIÈCLE 

SAINTS-NÉRÉE-ET-ACHILLÉE. 

Dans Féglise des Saïnts-Nérée-et-Achil- 
LÉE^, réédifiée et ornée par le pape Léon IIP 
(795-816), rare de la tribune. 

La Transfiguration y est représentée : 
Jésus 'Christ y debout et bénissant, occupe le 
centre d'une gloire de forme ovale; les pro- 
phètes Moïse et Elie sont à ses côtés, et les 

1. Ils étaient frères^ ennuqnes au service de Flavia Domitilla; ils 
fuient eiilés avec cette femme chrétienne an temps de la persécution 
de Domitien. Ils refusèrent d'immoler aux idoles et eurent la tète 
tranchée. 

2. « Hic a Deo inspiratus vene- Ce yénérable et illustre pontife , 
rahilis et prceclarus pontifex, con- inspiré de Dieu^ considérant Té- 
spiciens ecclesiam beatorum mar- glise des bienheureux martyrs 
tyrum Nerei et Achillei prœ ni- Nerée et Achillée qui tombait déjà 
mià jam vetustate deflcere , atque de vétusté et se remplissait d'eau^ 
aquarum inundantia repleri , près de la même église^ en fonda 
juxta eamdem ecclesiam noviter et construisit une nouvelle, en 
a fundamentis in loco superiore un lieu plus élevé, très-grande^ 
Ecclesiam construxit miras ma- et qu'il embellit et décora. — 
gnitudinis et pulchritudinis de- livre pontifical. 

coratam. » 



58 MOSAÏQUES CHRÉTINENES. 

apôtres Pierre, Jacques et Jean sont pro- 
sternés à ses pieds. Vers les extrémités sont 
deux groupes où la vierge Marte est figurée 
deux fois, accompagnée diun ange : à gauche, 
au moment de l'Annonciation ; à droite , 
comme mère de Dieu, tenant sur son sein 
l'enfant Jésus. 



NBUVIÈMË SIÈCLE. • 59 



SAINTE-MARIE-DE-LA-NACELLE. 

Dans l'église de Sàinte-Marie-della-Navi- 
GELLA ( autrefois Samta-Maria -in -Dohiniga ) , 
réédifiée par le pape Paschal P'^ (817-824), 
la partie supérieure de F arc et la voûte de 
V abside. 

Au sommet de l'arc est l'image de Jésus- 
Christ assis , la main gauche appuyée sur un 
livre, renfermée en une gloire de forme ovale ; 
un ange est debout à la droite, un ange à la 
gauche, et à la suite de chacun d'eux six et 



1. « Ecclesitm sancts Dei Geni- L*égli86 ^e la très-sainte Mère 

tricis^ semper que Virginie Manœ de Dieu et toujours Vierge Marie^ 

Domina nostrae quaB appellatur notre reine, qui est appelée Do- 

Dominica, olim constmctam et minica, construite autrefois, me- 

jam ruina proximam solerti vi- naçait ruine; ledit pontife, en 

gilantiaprffifatusPontifexamplio- son habile sollicitude, relevant 

rem, melioremque quam antea ses fondements, la renouvela plus 

fuerat, a fnndamentis sdiflcans grande et meilleure qu'elle n'avait 

renova vit. Absidamque ejusdem été, et il décora d*une belle mo- 

Ecclesis musivo mirifice déco- salque Tabside de la môme église, 

ravit » — Livre pontifical. 



60 • MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

SIX apôtres y également debout, portant le 
livre des évangiles, à l'exception du premier 
à droite, que deux clefs désignent comme l'a- 
pôtre saint Pierre. 

La voûte est ornée d'une figure de la 
vierge Marie assise, tenant sur ses genoux 
le divin enfant; le pape Paschal, agenouillé 
sur le tapis du trône, tient en ses mains le pied 
droit de la Vierge. Sur les côtés sont dispo- 
sés deux groupes à' anges qui se pressent vers 
la Mère de Dieu. La guirlande de feuillage 
qui encadre la composition a pour clef un 
médaillon central, contenant le monogramme 
du pape Paschal, et son nom est rappelé 
dans les vers qui se lisent au-dessous des 
figures : 

ISTA DOMVS PRIDEM FVERAT GONFRACTA RVINIS 
NVNG RVTILAT 1V6ITER VARflS DECORATA METALLIS 
ET DECVS ECCE SVVS SPLENDET CEV PHOEBVS IN ORBE 
QVI POST FVRVA FVGANS TETRAE VELAMINA NOGTIS 
VIRGO MARIA TIBI PASGHALIS PRAESVL HONESTVS 
GONDIDIT HANG AVLAM LAETVS PER SABGLA MANENDAM. 

[ c( II y a quelque temps que cette maison tombait en 
ruines, maintenant elle brille à toujours de Téclat varié des 
métaux^ et sa gloire resplendit telle que Phœbus dans Tu- 



NEUVIÈME SIÈCLE. 61 

nivers^ lorsqu'il se dégage des voiles ténébreux de Tobscure 
nuit. Vierge Marie ^ c'est pour toi que le vénérable pontife 
Paschal a bâti avec joie cette demeure qui vivra dans les 
siècles, d] 



62 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-PRAXÈDE. 

Dans l'église de Sainte -Praxède, (l'une des 
plus anciennes de Rome), fondée dans le 
n* siècle de l'ère chrétienne, sur l'emplace- 
ment de la maison du sénateur Pudens qui 
reçut le baptême des mains de l'apôtre Pierre, 
avec Novatus et Timothée ses fils, Praxède et 
Pudentienne ses filles, et quatre-vingt-dix 
domestiques; renouvelée par Adrien P'^ (772- 
795); réédifiée par Paschal P^ (817-8214), 

l.ffTitulumveTosanctaePraxe- Il renouvela en entier l'église 

dis ex parte ruentem in integrum de Sainte-Praxède , qui s'écroulait 

renovavit. en partie. 

S.aEcclesiametiambeatissimœ L'église de la bienheureuse 

Christi Martyris Prazedis^ qu» martyre en Jésus-Cbrist Praxède, 

quondam priscis aediflcata tem- bâtie dans les anciens temps ^ dé- 

poribus nimio jam lassata senio^ truite par la vieillesse^ prête à 

ita ut a fundamentis casnra^ rui- tomber par ses fondations ^ me- 

nam sui minaretur^ idem vene- naçait ruine; ce vénérable pon- 

rabilis Pontifez... in alium non tife...^ en changeant quelque peu 

longe demutans locum in melio- ^a place, Téleva en meilleur état 

rem eam quam dudum fuerat^ qu'elle n'avait été. Il décora de 

erezit statum. Absidam vero ejus- couleurs variées Tabside de la 

dem ecclesiœ musivo opère exor- môme église ornée d'une mosal- 



NEUVIÈME SIÈCLE. 63 

1*" un grand arc; 2* l'arc et la voûte de 
l'abside; 3** la chapelle de saiut Zenon. 

La décoration de l'arc triomphal représeoite 
la vision de saint Jean^. Une enceinte de 
murailles, entourant un espace de forme ovale, 
contient les serviteurs de Dieu : Jésus-Christ 
occupe le centre , debout, tenant de la main 
gauche le globe du mond^. sunnonté d'une 
croix; un ange est à sa droite, un ang^ à sa 
gauche. Sainte Praxède et sainte Puden- 
tienne sont à ses pieds; PudenSj leur père, 

natam variis decenter coloribus que^ et de la même manière il 
decoiavit. Simili modo, et ai- acheva merveineaiemait et à 
cmn triumphalem eisdem me- l'aide des mômes émaux un arc 
taUis mirum in modum perficiens triomphal... En outre , il fit dans 
compsit... Quinimo , et in ead«m la même égtiee Teratoim du hiai- 
ecclesia fecit oratorium B. Zeno- heureux Zenon, martyr en Jésus- 
nis Oirtsti martyris, ubi et sa- Christ, et y plaçant «on corps yé- 
cratissimum ^us coipus ponens nérô il Toma de mosaïques ayec 
musivo amplianter omavit. » profusion. •— Livre pontifical. 

1. « JeTis quatre anges anx quatre «ornsde la terre, qui retenaient 

les quatre vents du monde... Je vis encore un autre ange qui montait 
du côté deVorient, ayant le sceau du Dieu vivant, et il cria d'une forte 
voix au quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de frapper de plaies 
la terre et la mer, en disant : Ne frappez point la terre, ni la mer> ni 
les arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs 
de notre Dieu. £1 j*entendis que le nombie de «eux qui avaient été 
marqués était de cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des 
eofaïKls d'Isiaâ... Je vis ensuite une grande mtfKitiide , que penemie 
ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple 
ot de toute langue. Us étaient debout... vôtiu de roèes iiUiifihes et ayant 
des palmes à la maio. » — Àpaoei^pte^^^iap. m. 



64 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

vers l'extrémité à gauche; Novatus et Timo- 
thesy leurs frères, à l'extrémité opposée; au 
premier rang, les élus du Seigneur, six à 
droite, sept à gauche, portant en leurs mains 
les couronnes d'oblation. Les deux portes de 
la cité sainte sont gardées par deux anges ; 
l'un d'eux est placé de manière à en défendre 
Feutrée; l'autre, plus rapproché de la foule 
qui se presse de l'un et de l'autre côté, est 
celui qui choisit, pour les marquer au front, 
les serviteurs de Dieu. Ceux-ci, qui ne sont 
point encore élus, sont sans nimbes, et si 
Ton examine le groupe de droite, on remar- 
que qu'un personnage en est détaché et di- 
rigé vers l'entrée de la ville par l'ange , qui 
est assisté de saint Pierre, placé à sa gauche 
et nimbé. Dans les portions inférieures de l'arc 
sont disposées deux masses de personnages^ 
figurant une grande multitude, vêtus de robes 
blanches et ayant des palmes à la main. 

La décoration de l'arc de la tribune est 
également empruntée à l'Apocalypse de saint 
Jean*. Au centre, Jésus-Christ, sous la forme 

i . «c Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux et 
au milieu des yieillards^un agneau égorgé...»— Apocalypse^cbap. y, 6. 



NEUVIÈME SIÈCLE. 65 

d'un agneau j nimbé, posé sur un trône qui 
est orné de pierreries et surmonté d'une 
croix; sept flambeaux^ (trois à gauche, 
quatre à droite); des ànges^, placés deux à 
deux de l'un et de l'autre côté. Vers les ex- 
trémités, les animaux^ symboliques , tenant 
le livre des évangélistes que chacun d'eux 
représente , sont à demi cachés par des nua- 
ges. Plus bas, sont distribués en deux groupes 
égaux et sur trois rangs, les vingt-quatre 
vieillards \ vêtus de blanc , et tenant élevée 
une couronne que supportent leurs mains 
recouvertes du manteau. 

Voûte de l'abside. Au sommet est la main 
de Dieu qui tient une couronne ; au centre , 
la figure du Christ debout, le bras droit 
levé, la main gauche portant im volumen; 



1. « Et il y avait devant le tr6ne sept lampes allumées, qui sont 

les sept esprits de Dieu. » — Apocalypse, chap. iv, 5. 

2. « Je regardai encore, et j'entendis autour du trône et des animaux 
et des vieillards, la voix de plusieurs anges... » — Chap. v, 11. 

3. « 11 y avait quatre animaux... Le premier animal était sem- 
blable à un lion, le second était semblable à un veau, le troisième 
avait le visage comme celui d'un bomme , et le quatrième était sem- 
blable à un aigle qui vole. » — Chap. iv, 8. 

4. « Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est 
assis sur le trône, et ils adoraient celui qui vit dans le siècle des siè- 
cles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône:.. »—Caiap. iv, 10. 

5 



66 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

SOUS ses pieds est écrit le mot lORDAi^ESy dési^ 
gnant le fleuve et la terre de Judée que sym- 
bolisent en outre deux palmiers placés vers 
les extrémités. Trois personna^s sont à la 
droite du Sauveur et trois à sa gauche ; à sa 
droite est saint Paul^ qui attire vers Jésus la 
jeune Praxède portant une couronne que ses 
mains ne touchent qu'à travers la draperie 
qui les recouvre. Le diacre qui les suit est le 
paf)e Paschdj désigné par le nimbe carré 
comme personnage vivant , et par l'édicule 
qu'il porte comme bienfaiteur de l'égUse 
de Sainte-Praxède qu'il réédifia et fit orner 
de mosaïques. L'on remarque sur l'une des 
branches du palmier qui surmontent la tête 
du pontife et s'inclinent sur celle de sainte 
Praxède, un oiseau nimbé : c'est le Phénix, 
emblème de l'immortalité de l'âme, que l'on 
a déjà vu dans la mosaïque de l'église des 
Saints-Cosme-et-Damien. Du côté opposé, 
l'action est semblable, mais c'est l'apôtre 
saint Pierre qui présente à Jésus-Christ 
Ptidentienne j sœur de Pwix:èdie, ayant un 
même costume et pod;€^t de la même ma- 
nière une pareille offrande. I^rèâ d'eux est 



NBUYIÈMB SIÈCLE. 87 

smnt Zenon tenant le liype des éyangiles. 
An -dessous de cette composition règne une 
zone allongée, au centre de laquelle le Sau- 
veur du monde est figuré sous la forme d'tm 
agneau nimbé, debout sur un tertre d*oû dé- 
coulent les quatre fleuves du paradis terres- 
tre. Douze brebiSy qui désignent les apôtres, 
se dirigent six par six vers Tagneau, et sem- 
blent sortir des villes saintes de Bethléem et 
Jérusalem qui occupent les extrémités. Plus 
bas encore, se lit une inscription de six 
vers distribués en deux groupes, sur trois 
lignes : 

EMICAT AVLA PIA E VARIIS DEGORATA METALLIS 
PONTIFIGIS SVMMI STVDTO PASCHALIS ALVMNl 
PLTRIMA SCÔRYH SVBTER HAEG MOEMA PONIT 

PRAXEDIS Em SYPER AETHRA PLAGEflTIS HONORE 
SEDIS APOSTOLICAE PASSIM QVi GORPORA GONDENS 
FRETVS Vr HIS LIMEN MEREATYR ADIRE POLORYM 

{« Cette demeure pieuse brille de Téclat des métaux 
Yariés^ par les soins du souYerain pontife Paschal; il* 
place sous ces murs les corps de plusieurs saints : celui de 
Praxède^ aimée du Seigneur dans les cieux; pour la 
gloire du siège apostolique^ leur donnant la sépulture aYCC 
confiance de mériter par eux racoès du séjour céleste. »] 

L*encadrement de tout l'ensemble est une 



68 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

guirlande de feuillages formant, entre deux 
galons de pierreries, un arc dont la clef est 
un médaillon circulaire qui contient le mono- 
gramme du pape Paschal. 

Chapelle de Saint-Zénon^. L'ornementa- 
tion extérieure surmonte la porte : elle est 
composée d'un double rang de médaillons 
disposés sur des lignes semi- circulaires; ces 
médaillons contiennent des effigies en buste, 
assez semblables à des monnaies : on en 
compte treize décrivant la ligne la plus éloi- 
gnée du centre, et celui du milieu forme 
comme un nimbe crucifère au visage de Jésus- 
Christ^ de même que les douze autres servent 
de nimbes aux têtes à! apôtres qui sont pla- 
cés six par six aux côtés de leur divin maître. 
Onze médaillons forment la ligne intérieure : 
celui du sommet est décoré de l'image de la 
Vierge Marie avec V enfant Jésus. Aux côtés 
de la Vierge sont Novatus et Timothée , frè- 

1. Elle date de la réédification de Téglise par le pape Paschal I«r 
(817-824). Nous avons déjà cité, page 63, le texte du Livre pon- 
tifical^ qui est confirmé par deux vers gravés sur le marbre formant 
l'architrave de la porte : Paschalis prssulis opus décor fulgit in aula 
quod pia optulit vota studuit reddere dô. ps. cal. — Cette chapelle 
renferme, depuis le xiu« siècle, la colonne de la flagellation, rap- 
portée d'Orient par le cardinal Jean Golonna. 



NEUVIÈME SIÈCLE. 69 

res des saintes Praxède et Pudentienne ^ qui 
sont figurées plus bas, et au-dessous des 
saintes Ton compte trois et trois effigies de 
femmes portant le même costume qu'elles et 
sur la tête une couronne semblable. Deux mé- 
daillons sont placés vers le haut et en dehors 
du galon gemmé qui détermine Tare : Pudens, 
père des saintes Praxède et Pudentienne est 
figuré dans l'un, et dans l'autre saint Zénorij 
titulaire de l'oratoire. Au-dessous de la ligne 
où sont représentés Jésus -Christ et les douze 
apôtres, l'on voit deux cadres renfermant 
des têtes sans aucune authenticité : ce sont 
des peintures faites en remplacement des 
mosaïques qui déjà n'existaient plus à la fin 
du XVII® siècle *. 

L'intérieur de la chapelle est entièrement 
revêtu de mosaïques : la voûte est décorée 
d'une image du Christ représenté en buste, 
tenant un volumen, et le cadre circulaire qui 
la contient est soutenu par quatre anges vus 
de face, les deux bras élevés. 

Au-dessus de l'autel, la Vierge Marie ^ as- 

1. J. Giampim, Vetera monimenta^ P. ii^ p. 151. 



70 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

sise, porte sur ses genoux ïenfant Jésus qui 
bénit de la droite et tient de la gauche un 
volumen déroulé sur lequel on lit : Efio* svm 
Lvx^ [«Je suis la lumière »}. Près delà tête 
de la Vierge est écrit le monogramme : mr oh 
(jjLT^Tïjp ©eoû) [ce La mère de Dieu »]. C'est 
également par l'inscription des noms sga 
PRAXEDis, SGA PVDENTUNA, quo sout désignées 
les deux saintes, Praxède et Pudentienne , 
debout et en adoration, aux côtés de l'enfant 
divin. L'entablement de l'autel cache presque 
entièrement la scène représentée sur cette 
partie de la muraille : elle me semble être 
la Transfiguration; mais on ne distingue 
bien que la figure du Christ qui occupe le 
centre, debout et bénissant^ désigné par un 
nimbe crucifère et par les lettres c h. (Chris- 
tus). Plus haut , aux côtés de la fenêtre, sont 
deux figures debout que les inscriptions sôk 
MARIA, ses iohannis fout reconnaître pour la 
mère et le précurseur de Dieu. 

Côté droit. Les apôtres Jean, André et 
Jacques sont représentés debout, le premier 

1. « Ego sam lux mundi. »— EvangUA Mlon^saint Jean^ chap. vui^ 12. 



NEUVIÈME SIÈCLE. 71 

portant le livre des évangiles ; leurs noms sont 
inscrits près de chacun d'eux : ses iohannis, 

SCS ANDREAS; SGS lAGGOBVS. 

Côté gauche. On y voit trois femmes : Agnès ^ 
Pudentienne et Praxède^ désignées par les 
inscriptions sga agnes, sga pvdentiana, sga 
PRAXEDis, debout et portant des couronnes 
d'oblation. Plus bas Jésus-Christ est repré- 
senté sous la forme dUtrn agneau nimbé, de- 
bout sur un monticule d'où découlent les 
fleuves du paradis, et quatre cerfs qui sont 
le symbole des fidèles ^ se désaltèrent en leurs 
eaux. 

Au-dessus de la porte. Le trône de Dieu^ 
les saints Pierre et Paul debout, désignés 
par leurs noms : ses petrvs, ses pavlvs. 

1. « Qoemadmodam desiderat Gomme le cerf soupire après 
cervus ad fontes aquarun... » les eaux, de môme mon cœur 

soupire vers vous^ 6 mon Dieu. 
^ Psaume su, t. 



It MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-CÉCILE. 

Dans l'église de Sainte-Cécile, fondée par 
le pape Urbain P (223-230), sur remplace- 
ment de la maison de sainte Cécile, recon- 
struite et ornée par Paschal P ^ (817-824), la 
voûte de V abside. 

Au sommet l'on voit la main de Dieu tenant 
une couronne au-dessus de la tête de Jésus- 
Christ qui j debout, bénit de la main droite 
et presse de la gauche un volumen roulé. 
Saint Paul, portant le livre des évangiles, est 
à la droite du Sauveur; saint Pierre y tenant 



. 1. « Cum quadam die, ora- Un jour qu'il se rendit pour 

tionis studio, ad sanct» Dei Vir- prier dans l'église de Sainte-Cé- 
ginis, Christi que martyris Ceci- cile, vierge et martyre en Jésus- 
lis ecclesiam adveniret, nimio Christ, voyant les murs de cette 
jam quassata senio ecclesîae, ejus- église délabrés par la vétusté, 
dem mœnia, etiam a fundamentis prêts à tomber en ruines, il y 
ruitura, videns... dato studio ope- porta ses soins, commença à éle- 
ris, eodem in loco, magnifico ver dans le même lieu une nou- 
opère, novam construere eccle- velle église et s'appliqua à la 
siam caepit et perficere satis me- rendre plus belle qu'elle n'avait 
liorem quam fuerat studuit... » été. — Livre pontifical. 



NEUVIÈME siècle! 73 

une clef, est à la gauche. A la suite de saint 
Paul, on voit sainte Agathe ^ qui appuie la 
main droite sur Tépaule du pape Paschal^ 
que le nimbe carré et une petite basilique 
posée sur ses mains désignent comme un per- 
sonnage vivant et l'ordonnateur de l'œuvre. 
De même, à la suite de saint Pierre, sont 
placés Valérien et sainte Cécile, tous deux 
portant avec respect sur les deux mains, que 
recouvre leur manteau, la couronne du mar- 
tyre. Le sol que foulent les saints est émaillé 
de fleurs, et à chaque extrémité s'élève un 
palmier, arbre symbolique de la terre de 
Judée; sur l'une des branches de celui qui 
abrite le pape Paschal , on remarque un oi- 
seau dont la tête est entourée d'une auréole 



1 . Vx Pro quorum sanctornm Pour la gloire des mêmes saints^ 

honore videlicet et opitalatione il construisit un monastère en 

construxit monasterium in hono- l'honneur des vierges et martyres 

rem virginum^ seu martyrum Agathe et Cécile ^ près de son 

Agaths et Cecilis juxta^ ipsius église. — Livre pontifical, 
ecclesiam. » 

2. « Qui sauctissimus Praesul Le très-saint pontife , en son 
amore Venerandorum sanctorum amour pour ces saints vénérés, 
fecit in ornamentis ipsius ecclesiae fit dans les embellissements de 
absidam musivo opère décora- cette église l'abside décorée de 
tem... » mosaïques. — Livre pontifical. 



74 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

rayonnante; c'est le phénix, emblème de 
rîmmortalité de Fâme. 

Au-dessous règne une zone allongée où Je* 
sus -Christ est représenté sous ta forme à^un 
agneau nimbé, debout sur un tertre d'où dé* 
eoulent les fleures du Paradis, et les douse 
apétres, figurés par six et six brebis, sortent 
des villes saintes de Bethléem et Jérusalem^ 
se dirigeant vers leur divin maître. 

Plus bas est rinscription, en lettres d*or 
sur fond bleu, composée de neuf vers qui 
forment trois groupes de trois ; ces vers 
sont : 

HAEG DOMVS AMPLA MICAT VARIIS FABRICATA MRTALLIS 
OLIM QVAE FYERAT GONFRACTA STB TEMPORB PRISCO 
CONUIOIT IN MELI^S PÀSCKAilS MiABSVt OPIMVS 

HANG AVLAM DNÎ FORMANS FVNUAMINË CLARO 
AVREA GEMMATIS RESONANT HAEG DINDIMA TEMPLI 
LABTVS AMQRB DEI Hi€ GONIVNXIT GORPORA âCÂ 
CAECILIAE ET SOGII RVTILAT HIC FLORE lYYENTVS 
QVAE PRIOBH IN GRYPTIS PAVSABANT MEMBRA BEATA 
ROMA RE8VLTAT 0VAN8 SEMPER ORNATA PER AEVV^ 

[a Cette spacieuse demeure brille de réclat varié des mé- 
taux dont elle est fabriquée. Jadis elle s'affaissait sous les 
ravages du temps. Celui qui Ta relevée est le grand pontife 

i. J&ni Grateii Corpus inseriptionum^ t ii.— Ghristiana^ p. 1164, 14. 



NEUVIÈME SIÈCLE. 7» 

Paschal^qiii a raffermi la maison du Seigneur H s'est 

piu^ pour Tamour de Dieu, à réunir ici les saints corps de 
Cécile et de son compagnon. Ici la jeunesse brille en sa fleur 
et Rome joyeuse triomphe en voyant ornés pour l'éternité 
ces corps bienheureux qui^ jadis^ reposaient dans les cata- 
combes. »] 

En outre, au sommet de Tare formé par 
une ^Irlande de fleurs qui encadre la mo* 
saîque, est un médaillon circulaire contenant 
le monogramme du pape Pctscha]. 



76 mosaïques chrétiennes. 



SAINTE-FRANÇOISE-ROMAINE. 

Dans Féglise de Sainte-Françoise-Romaine 
(autrefois Santa -Maria- Nova) , reconstruite 
par le pape Léon IV (847-855), décorée par 
le pape Nicolas P' ^ (858-868), la voûte de 
V abside. 

Au centre est la Vierge Marie assise sur 
un trône richement orné, tenant Y enfant Jé- 
sus qui est représenté debout et s'appuyant 
sur sa mère. Des colonnes, dont les retom- 
bées soutiennent des arcs à plein cintre, en- 
cadrent ce groupe principal et les figures 
isolées de quatre apôtres qui sont placés 

1. « Ecclesiam autein Dei Geni- L'église de la Mère de Dieu, 
tricis, semper que Virginis Ma- Marie toujours vierge, appelée 
riœ, quœprimitus antiqua, nuuc dans l'origine l'ancienne , main- 
autemnova vocabatur, quamDo- tenant la nouvelle, avait été en- 
minus Léo IV papa a fundameotis tièrement reconstruite par le pape 
construxerat, sed et picturis eam Léon IV; ce bienheureux pontife 
decoratam iste beatissimus Praesui Toma de peintures, la décora 
pulchris et variis depingi colori- d'une variété de couleurs, en 
bus, augens decorem et pulchri- augmentant l'éclat et la beauté, 
tudinem, corde puro ornavit spe- — Livre pontifical, 
ciebus. » 



NEUVIÈME SIÈCLE. 77 

debout, deux à la droite, deux à la gauche 
de la Vierge, et sont désignés par leurs noms : 

s. lOHS, s. lAGOBS, S. PETRVS , S. ANDREAS. Saint 

Jacques et saint Pierre y qui sont les plus 
rapprochés du centre, tiennent un volumen 
de la main gauche et sortent la droite du 
manteau dont ils sont drapés; saint Jean et 
saint André ont la main droite levée et ser- 
rent de l'autre un volumen. 

On remarque au sommet de la guirlande 
de fleurs et fruits qui encadre la voûte, le 
monogramme du Christ. 

La croix , accompagnée de deux palmes, et 
la main tenant une couronne au-dessus de la 
tête de Marie et de son divin fils , sont mêlés 
aux ornements disposés sur une sorte de 
coquille qui décore le couronnement de la 
voûte. 

Au-dessous de la Vierge et des saints, règne 
une inscription de deux vers en lettres d'or 
sur fond bleu lapis : 

cÔtinet in gremio coelvm te in domo 
genitrix progeres comitatur erilem 

[a Le ciel te porte en son sein^ ta mère en cette maison, 
les grands accompagnent le fils du maître. »] 



DOUZIÈME SIÈCLE 



&AINTE-MAftl£-IN-TaAST£Y£Afi. 

A Sadîte-Marie-ïn-Tiiastevere, sur la façade 
renouvelée sous le pOTitificat cPïnnocent ÎI 
(1130-1143), hs vierges sages et les vierges 
filles. 

La vierge Marie j assise sur un isiége tithfe- 
ment orné, t)ccupe le milieu; elle présente 
le sein à Tenfani Jésus. Cinq femmes sont 
debout à sa droite et cinq k isa gaucîie; 
toutes sont nimbées et Tichement Têtues. Les 
cinq premières ont une couronne sur la tête 
et portent une lampe surmontée d'une flamme. 
Dti côté opposé, trois* sont telles que cel- 

1. On peut croire qa'ume restauration iniatfltligeDte a fût jéiaUir 
avec les emblèmes des vierges sages ces trois flgares, qui durent être 
dans l'origine semblables aux deux qui les accompagnent, et^ompléter 
le nombre cinq , qui est celui des vierges folles. On lit dans l'Évangile 
selon saint Mathien> cbap. xiv : « A3oM le foynume des 'Cienx lera sem- 
blable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, s'en allèrent au- 
devant de Wpoux et de Tépouse. H y en avaît cinq d'eritre tfles qui 
étaient folles et oi&q sagM. — Lm eiaq qm-éliéwt feltes^ «yMl pris 



DOUZIÈME SIÈCLE. 7^ 

les-ciy deux seulement sont sans couronne, et 
les lampes qu'on voit dans leurs mains sont 
sans flammes. 

Nota. La parabole des vierges sages, dont le sens et 
rintention sont faciles à interpréter^ offrait une application 
toute naturelle aux vierges chrétiennes et martyres; aussi 
vùit«-^n^ suf quelques«>uns des plus anciens monuments 
sacrés, des feounes ayiuit près d'elles un vase ou canthare, 
d'où s'échappe une pointe qui figure une flamme : c'est 
aiîlsi que sainte Pudentienfie et sainte Praxède^ fflles du 
sétiateut Puden»^ qm reçurent le baptèine Abis mains de 
l'apôtre Pierre, sont représentées en des médaillons taillés 
dans le marbre qui forme la frise de la principale porte de 
l'église de Sainte-Pudentienne; vues de face et figurées en 
buste 5 comme elles pourraient l'être sur une monnaie^ 
elles ont près d'elles un vase tel que je viens de dire. L'al- 
lusion à la parabole des vierges sages ne peut être mise en 
doute^ car des épigraphes aCconfipagnent les deux médail- 

leurs lampes, ne prirent pas d'huile avec elles. — Les sages, an con- 
traire, prirent de Thuile dans leurs vases avec leurs lampes. — Et 
r^épous tardant à yenir, elles s'«ssoap«vent toutes et 4s'endomiirent. -^ 
Mais sur le minuit on entendit un grand cri : Voici l'époux qui vient, 
allez au-devant de lui. — Aussitôt toutes ces irierges ^e levèrent et 
préparèrent leurs lampes. — Mais les folles dirent aux sages : DonneK- 
nous de votre huile, parce que nos lampes s'éteignent. — Les sages 
leur répondirent : De peur que ce que nous en avcfns ne suffise pas 
pour nous et pour vous, allez plutôt à ceux qui en vendent et ache- 
tez-en ce qu'il vous en faut. — Mais pendant qu'elles allaient en ache- 
ter, répoux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux 
noces, et la porte fat fermée. — Enfla les autres Vierges vinrent aussi 
et lui dirent : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. — Mais 11 leur répon- 
dit : Je vous dis et je vous en assure que je ne vous conmais point. •— 
Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l'houe. » 



80 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

Ions; Tune est : Yirgo Pydenqtiana Coram Stat Lampade 
Plena. Protège Preclara nos Virgo Pvdenqtiana; et 
l^autre : Occvrrit Sponso Praxedis Lyminb Claro. Nos 
PiA Praxedis Prece Sanctas Confer Ad Edes. 

Dans la même église de Sainte-Marie-in- 
Trastevere, renouvelée^ sous le pontificat 
d'Innocent II ( il 30-1 1 43 ), la voûte hémisphé- 
Tique et le grand arc en avant de V abside. 

1' La voûte. Un même trône, richement 
orné, réunit Jésus-Christ et la Vierge Marie ^ 
tous deux assis : le Christ a la main droite 
posée sur l'épaule de sa mère, et soutient de 
la gauche un livre où sont écrits les mots : 

VENI ELEGTA MEA ET PONAM IN TE THRONVM MEVM 

[ce Viens, mon élue, et je placerai en toi mon 
trône »]. La Vierge, qui occupe la droite de 
son fils, tient une banderole sur laquelle on 

lit : LEVA EIVS SVB CAPITE MEC ET DEXTERA ILLIVS 

AMPLEXARiTVR ME [ « Sa gauche est sous ma 
tête et sa droite me tient embrassée »]. Trois 
saints personnages sont placés debout à la 
droite de Marie, et quatre à la gauche du 

1. « Cum moles ruitura vêtus foret, hinc oriiindus 

Innoceutlus haDC renovavit papa secundus. » 

Extrait de rinscription qui accompagne la mosaïque de l'abside. — 
Voir page 83. 



DOUZIÈME SIÈCLE. ai 

Christ. Le pape Caiixte /*' est le plus pro- 
che de la Vierge et est désigné par Fiii- 
scription calixtvs. pp; il bénit de la droite 
et porte sous le bras gauche un évangéliaire. 
Ce fut lui qui, Tan 224, érigea un oratoire 
que Ton croit avoir été la première église 
publique de Rome, en ce lieu qu'occupait 
antérieurement la Tabema meritoria, maison 
de retraite pour les hommes de guerre. Saint 
Laurent vient ensuite; sa main droite est 
ouverte et levée, la gauche porte un livre 
et soutient une longue croix. Le nom lav- 
RENTivs est écrit près des pieds. L'inscription 
iNNOCEN pp et un édicule qui désigne comme 
restaurateur de Féglise de Sainte -Marie le 
pontife qui le porte, font reconnaître, dans 
le troisième personnage qui est le dernier à 
gauche , le pape Imiocent II. Si Ton se re- 
porte du côté opposé, saint Pierre est le plus 
rapproché de son divin maître; sa main 
droite, sortant de la toge, est relevée et ou- 
verte, la gauche tient un volumen déroulé; 
le nom petrvs est écrit près des pieds. Les 
inscriptions cornelivs. pp. et ivlivs. pp. dési- 
gnent les deux pontifes <*am/ Cornélius et 



82 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

saint Jules 1^ qui ont occupé le trône pon- 
tifical, le premier l'an 251, le second de 337 
à 352, et furent les protecteurs de l'antique 
église : l'un tient de la main droite un évan- 
géliaire, l'autre bénit et porte sous le bras 
gauche le livre de vérité. Le quatrième per- 
sonnage et dernier à la droite du spectateur, 
qui bénit d'une main et soutient de l'autre un 
missel, est un prêtre du nom de Calepodius, 
ainsi qu'on le peut lire en l'inscription placée 
près des pieds : galepodivs pbr. Une demi- 
rosace, dont la forme et les divisions rappel- 
lent une coquille, décore le point culminant 
de la voûte; on y. distingue, mêlé» à d'élégants 
ornements, la croix ^ Y agneau rédempteur ^ 
et au-dessus de la tête de Jésus -Christ, la 
main divine qui tient une couronne. Le 
monogramme du Christ forme la clef de 
l'arc en feuillages qui encadre toute la com- 
position. V agneau nimbé posé sur un tertre 
d'où s'écoulent les quatre fleuves du para- 
dis, les douze brebis divisées en deux trou- 
peaux, les villes saintes de hiervsalem et 
BETHLEHEM, sout figurés sur uuc zouc allongée 
qui occupe la partie inférieure. Entre cette 



DOUZIÈME SIÈCLE. 83 

zone et la composition principale règne une 
inscription en lettres d'or^ de six vers dispo- 
sés sur deux lignes et formant trois sections 
séparées par des croix. 

HEC IN HONORE TVO* PREFYLGIOA BTATER HONORIS 
REGIA DIVINr RVTILAT FVLGORE DECORIS 
IN QVA CRISTE SËDES MANET VLTRA SEGYLA SEDES 
DIGNA TVIS DEXTRIS EST QVÂ TE6IT AVREA YfiSTIS 
CV MOLES RVITVRA VETVS FORET HINC ORIVNDVS 
INNOCENTIVS HANC RENOVAVIT PAPA SECVNDVS 

[a C'est en ton honneur, brillante mère d'honneur, que 
ce palais étincelle d'un éclat divin. Christ, un trône y reste 
jusqu'au delà des siècles, un trône digne de tes mains; 
c'est celui que couvre un vêtement d'or. L'antique masse 
était prête à s'écrouler, le pape Innocent II l'a renou- 
velée. »! 

2"* L'arc en avant de T abside. Au sommet 
est une croix aux bras de laquelle sont sus- 
pendues les deux lettres A et co, première 
et dernière de l'alphabet grec, « princi- 
pium et finis ^. » Aux côtés de la croix sont 

i. L*on lit au-dessus du siège épiscopal qui occupe, au fond de 
Tabside, la position consacrée : prika iEDEs deipar^ dicata. 

2. « Je suis l'alpha et l'oméga^ le commencement et la fin, dit le 
Seigneur, qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant. » 

« Aussitôt je me tournai pour voir de qui était la voix qui me par- 
lait; et, étant tourné, je vis sept chandeliers d'or. » — Apocalypse de 
saint Jean, chap. i. 



84 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

sept chandeliers d'or y en deux groupes, de 
trois et quatre; et vers les extrémités, les 
animaux symboliques : le lion, l'ange, l'ai- 
gle, le bœuf, ailés, le premier et le dernier 
tenant un livre , les deux autres portant une 
couronne. Ils sont accompagnés des inscrip- 
tions MARGVS. MATHEVS. lOHS. LVCAS. 

Les parties inférieures de Tare sont déco- 
rées de deux grandes figures de prophètes 
désignés par les inscriptions isaias ppha, 
HiEREMiAS PPHA, qui sout placécs près des 
pieds : Isaïe, debout près d'un dattier sur 
lequel on voit un phénix, symbole de l'im- 
mortalité de l'âme, tient une longue bande- 
role où sont ces mots : ecce virgo concipiet 
ET PARIET FiLiVM^ [cc Uue vicrgc couccvra et 
enfantera un fils »]; Jérémie^ en la même 



« Aa moment que je l'aperças , je tombai comme mort à ses pieds; 
mais il mit sur moi sa main droite, et me dit : Ne craignez points je 
suis le premier et le dernier. » 

« Les sept étoiles sont les sept anges des sept églises, et les sept chan- 
deliers sont les sept églises. » — Apocalypse de saint Jean , chap. i. 

1. « Et Isaïe dit : Écoutez donc, maison de David, ne vous suffit-il 
pas de lasser la patience des hommes, sans lasser encore celle de mon 
Dieu. C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un prodige. 
Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emma- 
nuel. » — Prophéties d'Isaïe, chap. vn. 



DOUZIÈME SIÈCLE. 85 

pose, ayant également un dattier à ses côtés, 
porte aussi une banderole, avec cette in- 
scription : XPG DNS GAPTVS E IN PEGCATIS NRIS * 

[« Le Christ, notre Seigneur, a été pris à 
cause de nos péchés »]. Plus bas que les pro- 
phètes sont deux motifs d'ornementation 
symbolique^ qui sont la répétition l'un de 
l'autre : des génies, soutenant une draperie 
semée de fleurs, et au milieu un vase près 
duquel sont deux colombes volant. 

Nota. Le nimbe du Christ est crucifère et gemmé; la 
mère de Dieu est nimbée. Si Ton examine les quatre ani- 
maux symboliques, l'ange et Taigle sont les seuls qui aient 
le nimbe. Les deux prophètes^ les saints^ les pontifes ne 
sont pas nimbés. Il y a là un retour vers la règle des pre- 
miers temps qui a été observé incidemment dans la belle 
mosaïque de Sainte- Pudentienne, et qui semble se repro- 
duire aux époques où Tart renaît en même temps que le 
sentiment religieux. Le Christ, dont la droite est posée 
sur répaule de sa mère, ne bénit pas^ mais en la place où 
les yeux de l'observateur cherchent la main qui bénit, ils 
rencontrent celle de la mère de Dieu, dont le pouce , Tindex 
et le médium sont droits et les deux derniers doigts repliés, 
conformément au mode de bénir de TÉglise moderne. 

1. « Le Christ, le Seigneur, l'Esprit et le souffle de notre bouche a été 
pris à cause de nos péchés, et nous lui avons dit : Nous vivrons sous 
votre ombre, paimi les nations. » — Lamentations de Jérémie, chap. iv. 

2. « Vaisseau insigne de la dévotion. Rose mystique.... Arche d'al- 
liance. » — Litanies de la Sainte Vierge. 



TREIZIÈME SIÈCLE 



SAINT-PAUL-HORS LES MURS 

Dans la basilicpie de Saint-Paul-hors-les- 
Murs, sont conservés cpielques fragments* 
des mosaïques exécutées sous le pontiGcat de 
Honorius III (1216-1227) et en grande par- 
tie anéanties par l'incendie qui, dans la nuit 
du 15 au 16 juillet 1823, détruisit la basi- 
lique la plus ancienne de la chrétienté. 

1* Une tête colossale^ dont les cheveux et 
la barbe sont blancs, sans nimbe, sur fond 
d'or (ce fut une tête de saint Pierre). 

2* Une tête y nimbée, sur fond d'or; la barbe 
et les cheveux sont blancs (ce fut une tête de 
saint Jean). 



1. Ces débris sont engagés dans les murs de la salle d'entrée qui 
conduit au monastère et donne accès à la nef de la croisée de la basi- 
lique. 



TREIZIÈME SIÈCLE. 87 

3* Une tétCj nimbée, sur fond d'or, dont la 
barbe et les cheveux sont bruns (ce fut une 
tête de saint Jacques). 

4"* Quatre débris d'ornements : trois sont 
sur fond d'or et un sur fond lapis. On y 
distingue des oiseaux mêlés à des feuil- 
lages. 

La voûte de Vabside et Varc qui l'en- 
cadre, d'où proviennent les fragments décrits 
ci- dessus, ont été rétablis depuis l'incendie, 
ainsi que l'atteste l'inscription qu'on lit au 
sommet de l'arc : gregorivs xvi restitvit an. 
MDCCGxxxvi ; le nom d'Honorius III, qui avait 
fait faire les mosaïques au xiu® siècle , se lit 
près de la figure du pape qui embrasse les 
pieds du Christ : honorivs. pp. ut, et le même 
honneur lui a été rendu en l'inscrivant de 
nouveau dans un médaillon circulaire qui 
occupe le sommet de la bordure formant 
soffite. 

L'arc qui fait face et qui n'est que la 
contre-partie de celui dit de Placidie, com- 
plètement détruit par l'incendie, a été ré- 
tabli en son entier, et porte cette inscrip- 
tion : 



88 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

«REGORIVS XVI OPVS RESTITVIT. ANNO MDCGGXL. 

[et Grégoire XVI a rétabli cet ouvrage Tan 4840. i»] 

Sur la voûte sont figurés Jésm-Christ as- 
sis sur un trône, le pape Honorius à ses 
pieds, les douze apôtres debout. 

Les deux arcs en regard se complètent l'un 
par l'autre. Sur l'un est la Vierge Marie , 
saint Jean- Baptiste^ les symboles des évan- 
gélistes Mathieu et Jean; sur l'autre, une 
image en buste de Jésus-Christ bénissant, 
les symboles des évangélistes Luc et Marc , 
et, sur les côtés, saint Paw/ portant une épée, 
saint Pierre tenant deux clefs. 



TREIZIÈME SIECLE. 89 



SAINT-CLËMENT 

Dans l'église de Saint -Clément, construite 
sur remplacement de la maison de Clé- 
ment P', pape et martyr (91-100), église dont 
l'existence au v* siècle est authentique, qui 
fut plusieurs fois restaurée , la voûte de V ab- 
side et Varc en avant de la tribune. 

1* La voûte. Le sommet est orné d'une 
demi-rosace dont' la coupe et les divisions 
rappellent une coquille ; une croix, l'agneau 
rédempteur, la main divine tenant ime 
couronne, sont mêlés à des animaux et d'é- 
légants fleurons. Le milieu est occupé par une 
grande croix de crucifiement sur laquelle 
est attaché le Sauveur du monde, et, à 
côté, sont posés debout la Mère de Dieu et 
l'apôtre saint Jean. On remarque sur les bras 
de la croix des colombes^ blanches, sym- 

1. a Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des 
colombes. » — Évangile selon saint Mathieu^ chap. i, 16. 



90 MOSAÏQUES CHRETIENNES. 

boles de simplicité, au nombre de douze, 
qui est celui des apôtres de Jésus-Christ : 
trois sur le bras supérieur, deux sur chacun 
des latéraux, cinq sur l'inférieur; le pied de 
la croix se perd dans un buisson de grands 
feuillages découpés qui s'épanouit sur un mon- 
ticule d'où découlent les quatre fleuves du 
paradis; deux cerfs ^ sont représentés se 
désaltérant en ces eaux. Du buisson s'échap- 
pent à droite et à gauche des branches qui 
se répandent de l'un et l'autre côté de là 
croix sur toute la surface de la voûte, et 
décrivent de nombreux enroulements se ter- 
minant par des fleurons; plusieurs motifs 
d'ornementation y sont mêlés : Dans le haut 
des oiseaux, plus bas des génies montés sur 
des dauphins; au-dessous des groupes où 
sont représentés l'homme en sa maturité, la 
femme, l'enfant; puis, sur les terrains qui 
indiquent le sol, les travaux des bergers et 
les soins des troupeaux, deux paons, des oi- 
seaux d'eau, un dauphin, figurent symboli- 
quement les créatures et les animaux qui 

1. « Gomme le cerf soupire après les eaux, de môme mon cœur sou- 
pire vers TOUS , ô mon Dieu. » — Psaume xli , 2. 



TREIZIÈME SIÈCLE. 91 

peuplent Tair, la terre, et l'eau. Quatre per- 
sonnages, d'un caractère particulier, se dis- 
tinguent dans les vides des enroulements, des 
figures capricieuses qui les entouriînt : ce 
sont les quatre docteurs de l'Église, saint 
Jérôme y saint Augustin, saint Grégoire, 
saint Ambroisej qui sont représentés assis, 
écrivant, et sont désignés par les inscrip- 
tions : s lERONiM, — AGV (Agustiuus) , 

s. GG (Gregorius), — s^ ambrqsivs. Les groupes 
ou les figures isolées qui en sont proche, sont 
reliés à l'action de ces saints personnages 
et viennent les consulter ou les entendre. 
Sur une zone allongée qui forme le soubas- 
sement de la voûte, sont figurés Jésus -Christ 
rédempteur, sous la forme d'w« agneau^ et les 
douze apôtres représentés par six et six bre- 
bis^ sortant des villes saintes de bethleem et 
HiERvsALEM. Entre cette zone et la partie su- 
périeure, règne une inscription de quatre vers 
disposés sur une seule ligne : -f ecglesiam 

GRISTI. NTI. SIMILABIMVS ISTI. -|- DE LIGNO GRVGIS. 
lAGOBI DENS. IGNATII Q[ue] : INSVPRA SGRIPTI • 
REQVIESGVNT. GORPORE • GRISTI + QVAM LEXARE 
NTEM. SET GRVS FAGIT EXERENTEM + [« NoiiS 



9Î MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

ressemblerons à l'Église de N. S. Jésus- 
Christ. — Du bois de la croix, la dent de 
Jacques, celle d'Ignace. — Ceux qui sont in- 
scrits ci^ dessus reposent en Jésus-Christ. — 
Elle était relâchée, la croix lui rend sa 
force ^ »]. La bordure qui décrit un arc enca- 
drant la voûte est composée de fleurs et de 
fruits, et a pour clef le monogramme du 
Christ accompagné des lettres A et to, pre- 
mière et dernière de l'alphabet grec. 

S' L'arc. Au centre est l'image de Jésus-- 
Christ^ représenté en buste, bénissant et te- 
nant sur le bras gauche le livre de vérité. 
Les quatre symboles des évangélistes sont 
disposés sur les côtés, ailés, à demi cachés 
par des nuages : le lion tient un livre, Y ange 
une couronne, Y aigle une couronne, le bœuf 
un livre. Au-dessous du lion de saint Marc, 
deux personnages sont groupés , assis et vus 
de face : l'un qui porte en ses mains un vo- 
lumen, est l'apôtre saint Paul désigné par 
les mots : agios pavlvs; l'autre, qui tient une 



1. Le second et le troisième vers sout interposés; le quatrième com 
plète le sens du premier. « Nous ressemblerons à l'Église de N.-S. Jésus- 
Christ; elle était rélâcliée^la croix lui rend sa force. » 



TREIZIÈME SIÈCLE. 93 

croix de la main gauche et a les pieds posés 
sur un gril enflammé, est saint Laurent j 
protomartyr; au-dessous du gril sont dispo- 
sés, sur deux lignes, les mots qui suivent : 

DE GRVGE LAVRENTi PAVLO FAMVLARE DOGENTI. 

[c< Laurent, parle de la croix à Paul docteur 
(des Gentils). »] — Plus bas est le prophète 
haie , debout ; son nom est écrit près du vi- 
sage, isAïAs : il tient un volumen déroulé sur 
lequel on lit : vidi dominvm sedentem svp 
soûvM*. [c< J'ai vu le Seigneur assis sur un 
trône. »] — Au-dessous du bœuf de saint 
Luc et correspondant au groupe des saints 
Paul et Laurent, sont placés Y apôtre Pierre 
et saint Clément, pape et martyr. Tous deux 
sont assis; saint Pierre, désigné par les mots 
AGIOS PETRVS, accompaguc ses paroles d'un 
geste de la droite et tient un volumen de la 
main gauche ; saint Clément indique, par un 
mouvement de la droite, l'ancre de fer qu'il 
porte en l'autre main, et qui rappelle son 
martyre 2, de même qu'une barque et deux 

1. «K L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un 
trône sublime et éleré^et le bas de ses vêtements emplissait le temple.» 
— Isaïe, cbap. yi. 

2. L'empereur Trajan l'exila dans la Ghersonèse Taurique^ et plus 



94 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

dauphins sur des eaux qui sont près ses pieds, 
font allusion à son exil et à la mer où il fut 
jeté. Une inscription y est jointe : respige p 

MIS SVM CLEMENS AME TIBI XVM. [« Vois à mes 

pieds, je suis Clément; aime le Christ pour 
toi-même, »] — Plus bas est \q prophète Je- 
rémie, debout; son nom est écrit près du 
visage : ieremias ; il tient un volumen déroulé 
sur lequel on lit : hic est ds nr • et nesti- 
MABiT ALivs. [c< Il ost Notre-Scigueur et un 
autre ne croira pas. »] 

Nota. Le nimbe du Christ est crucifère. L'ange et Taigle 
sont les seuls des quatre symboles évangéliques qui soient 
nimbés. Les prophètes , les saints^ les martyrs, ne sont pas 
nimbés. La règle observée dans la mosaïque de Sainte- 
Marie-in-Trastevere est maintenue ici. Le mode de bénir est 
semblable. 

tard ordonna qu'il y fût mis à mort. Afin que les chrétiens n'eussent 
pas la consolation de recueillir les restes du pieux pontife^ il fut jeté 
à la mer avec une ancre attachée au col. 



TREIZIÈME SIÈCLE. 95 



SAINT-JEAN-DE-LATRAN 



Dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran, 
qui fut fondée par Constantin, réparée et 
ornée par le pape Nicolas IV (1288-1294), 
presque ei]itièrement détruite en 1307 par 
un incendie, V abside^ commandée par Nico- 
las IV en 1291^, exécutée par Jacques de 
Torrita, et frère Jacques de Camerino; 
terminée par Gaddo Gaddi^. 

Au sommet est l'image en buste du Sau- 
veur^ accompagné de nuages et àe chéru- 



1. Elle a été réparée au xtii« siècle, comme l'atteste Tinscription 
qui se lit en avant de Tare : 

ALEXANBER. VU. P. M. LABANTEM ABSIDEM REPARAVIT. 
ORNAVIT ANNO MDCLXIII. 

2. «Oaddo fut appelé à Rome^ Tan 1308 (ce fut Tannée après Tincen- 
die qui brûla Téglise et les palais de Latran ) ^ par Clément Y ^ pour 
qui il termina en mosaïque quelques travaux laissés imparfaits par 
frère Jacques de Turrita. » — Vasari^ Vie de Gaddo Gaddi. 



96 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

bins qui, au nombre de neuf, forment un arc 
à l'entour de lui. 

Plus bas est la sainte croiXy gemmée, sur- 
montée d'une colombe dont le bec projette 
des rayons lumineux qui se confondent avec 
l'instrument de la Rédemption. La croix est 
placée sur la montagne du paradis dont les 
quatre fleuves, désignés par les inscriptions 

GION, FISON, TIGRIS Ct EVFATES , s'éCOUlcut CD 

autant de courants près desquels sont repré- 
sentés, sous la forme de deux cerfs et de 
deux groupes de brebis^ les fidèles se désal- 
térant. La montagne est entr'ouverte, et laisse 
voir une cité dont l'entrée est défendue par 
un ange armé d'une épée. 

La Mère de Dieu et plusieurs saints dont 
les noms sont écrits sur des lignes verticales, 
forment deux groupes à droite et à gauche 
de la croix, debout et en adoration devant le 
signe sacré de la Rédemption. 

La Mère de Dieu^ mr ov ((jiiqtyjp ©eoO), te- 
nant la main gauche élevée, appuie la droite 
sur la tiare du pape Nicolas IV qui, les 
mains jointes, est agenouillé et est désigné par 
l'inscription ; nicolays • pp • un. sge • di • 



TREIZIÈME SIÈCLE. 97 

Dâf GENiTRi • SERVI [« Le pape Nicolas IV, servi- 
teur de la sainte Mère de Dieu »]. Non loin 
suf est saint François d' Assise ^ s, frangisgvs, qui 
jettf fut canonisé par Grégoire IX en 1228; ses 
ivft mains sont jointes pour l'adoration et portent 
é l'empreinte de sa vision miraculeuse. Saint 
les Pierre, s. petrvs, est représenté plus loin, la 
lis main droite élevée, portant de l'autre deux 
îii clefs et un voluraen déroulé sur lequel on 
}- lit : TV ES xps FiLivs DEi vivi ^ [« Tu es le 
? Christ, fils du Dieu vivant »], Le dernier est 

saint Pauly s. pavlvs, en une pose à peu près 
semblable; on lit sur le volumen déroulé 
qu'il tient de la main gauche : salvatorem 
EXPEGTAMvs DNM. iG ^ [« Nous attcudous Ic Sau- 
veur Notre-Seigneur Jésus-Christ »]. C'est 
près des pieds de saint Paul qu'existe l'in- 
scription : UGOBVS. TORITI. PIGT. OH. OP. FEGIT ^ 



1. « Simon-Pierre lui répondit : Nous croyons et nous savons que vous 
êtes le Christ , fils de Dieu. » — Évangile selon saint Jean, chap. vi, 70. 

2. « Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, comme en étant 
citoyens; et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur notre Sei- 
gneur Jésus^Christ.» — Épitre de saint Paul aux Philippiens, chap. m, 20. 

3. « Fra Jacopo da Turrita , de Tordre de Saint-François, ayant 

fait les ouvrages en mosaïque qui sont dans la Scarcella^ derrière Tautel 
de SaintrJean ( à Florence ), bien qu'ils fussent peu dignes d'éloges 
en fut payé très-largement et puis conduit à Rome comme un excellent 
maître; il y fit quelques travaux dans la chapelle du grand autel de 

7 



98 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

[« Jacques de Torrîta peintre a fait cet ou- 
vrage »], inscription qui nous a conservé le 
nom du mosaïste représenté plus bas (entre 
les apôtres Simon et Jacques), eu habit de 
moine, agenouillé et travaillant à l'aidé d'un 
compas et d'une équerre. 

Si de la figure de saint Paul on se reporte 
au côté opposé, le personnage le plus rappro- 
ché de la croix est saint Jean-Baptiste , 
r. lOHANNES BAOTisI, Ics dcux mains levées; en 
arrière de lui, saint Antoine de Padoue, de 
l'ordre de Saint- François , et canonisé en 
1232, un an après sa mort, par le pape Gré- 
goire IX ; puis saint Jean, évangéliste , s. 
lOHANNES V, dont la main droite est levée, et 
qui tient de la gauche un volumen déroulé 
où sont écrits : in principio erat verbv [« Au 
commencement était le Verbe »], premières 
paroles de son évangile*. Le dernier de ce 
côté est saint André, s. andreas, frère de 



Saint-Jean de Latran et dans celle de Sainte-Marie-Majenre. » — Vasari , 
Vie d'Andréa Tafl. — N. Les mosaïques de la tribune de SaintJean, à 
Florence, portant le miUésime mccixv, l'assertion de Vasari, sur ce 
point seulement, est plus que douteuse. 

1 . « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et 
le Verbe était Dieu. » — Évangile selon saint Jean, chap^ i, 1. 



_J 



TREIZIÈME SIÈCLE. 99 

Pierre *, qui porte en la main gauche un vo- 
lumen où sont écrits les mots : tv es magist. 
MEvs • XG. Q : [c< Tu es mon maître et le 
Christ »]. Les terrains qui forment le sol sont 
émaillés de fleurs et de feuillages; on voit 
s'y jouer des enfants, et, de places en places, 
sont posés des oiseaux. Sur le devant est 
figuré par des eaux le fleuve de la Terre 
Sainte, désigné par son nom iordanes, et 
animé par des enfants et des génies que le 
caprice du peintre, inspiré par les souvenirs 
de l'antiquité, a représentés en des actions 
variées : l'un pêche à la ligne, un autre pour- 
suit un cygne, un troisième tient une voile 
enflée par le vent; deux conduisent une bar- 
que, deux se jouent avec des canards : sym- 
boles gracieux de la nature figurée par les 
êtres créés qui peuplent et animent la terre, 
l'air et les eaux. Au-dessous de cette grande 
composition^ règne sur une seule ligne qui 
en occupe tout le développement, l'inscrip- 
tion qui suit : 

1 . « Or un jour qu'il marchait le long de la mer de Galilée , il vit Si- 
mon et André son frère, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils 
étaient pécheurs, et Jésus leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai deve- 
nir pécheurs d'honmies. » — Évangile selon saint Marc. 



100 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

ESTERIOREM ET ANTERIOREM RYINOSAS HVIVS SANCTI TEMPLI 
A FYNDAMENTIS + REEDIFIGARI FEGIT ET ORNARI OPE MOSTACO 
NICOLAVS PP IIII FILIVS REATI FRANCISCI + SACRV VVLTV 
SALVATORIS • NTEGV. REPONI ~I LOGO VRI PRIMO MIRACYLOSE 
APPARVIT QVÂDO FVIT ISTA ECGL*1A CÔSEGRATA ANNO DNl 
MCC«NONAGESIMO. 

[a Le pape Nicolas IV, enfant de saint François, a fait 
rebâtir depuis les fondations, et orner d'une œuvre en mo- 
saïque ce saint temple, dont Textérieur et la façade étaient 
en ruines. Il a fait replacer en entier Timage sacrée du Sau- 
veur au lieu même où d'abord elle apparut miraculeuse- 
ment, quand cette église fut consacrée. Tan du Seigneur 
1290. »] 

Trois des douze apôtres, Pierre, Jean et 
André, étant figurés dans la partie de l'ab- 
side que j'ai décrite ; les neuf autres sont re- 
présentés au-dessous, de plus petite propor- 
tion, debout, et désignés par leurs noms : 
ivDAS, SIMON, lACOB (j'ai déjà dit qu'entre Si- 
mon et Jacques le Majeur, est agenouillé sur 
le sol, travaillant avec les instruments de son 
métier, le mosdiste Jacques de Torrita)\ puis 
s^. THOMAS, s. lACOB (Jacques le Mineur), s. 

PHILIPP, s. BARTHOLOM, S. MATHEYS , S. MATIAS. 

Entre l'apôtre saint Barthélémy et l'apôtre 
saint Mathieu, un moine, agenouillé et tra- 



TREIZIÈME SIÈCLE. 104 

vaillant avec un marteau, occupe une place 
correspondante à celle de Jacques de Torrita, 
sur le côté opposé : ce moine est Jacques de 
Camerino^ qui fut associé au Torrita pour les 
travaux de cette abside; l'inscription qui se 
lit auprès de lui en fait foi : fr. iacob. de 

CAMERINO. SOCi'mAGRI. OPIS REGONMDAT SE 

iTis BEATi io"is [« Frère Jacques de Camerino, 
compagnon du maître de l'œuvre, se recom- 
mande à l'intercession du bienheureux Jean »]. 
Des inscriptions sont placées au-dessous des 
apôtres; elles sont : heg est papalis sedes et 
poNTiFiGALis ^ [« Ce siégo est le siège papal et 
pontifical»], residet et xpi dei ivre vigarivs 
isTi [a et c'est avec raison que s'y asseoit le 

vicaire de Jésus-Christ »] neg débet vere 

Nisi soLvs PAPA sedere [« et le pape seul s'y 
doit asseoir»], et qvia svblimis aui svbdvntvr 
NYMis [« parce que tout autre est placé trop 
au-dessous de sa hauteur »]. 

i. La basilique de Saint- Jean-de-Latran, ecclesia Urbis et Orbis, 
Mater et caput ecclesiarom^ est la cathédrale du souverain pontife. 



10$ MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-MARIE-MAJEURE. 

Dans la basilique de Sainte-Marie-Majedre, 
la décoration de V abside^ commandée par le 
pape Nicolas IV (1288-1294), exécutée par 
Jacopo da Torrita, terminée après 1307 par 
Gaddo Gaddi^. La composition principale est 
le Couronnement de la Vierge^ une suite de 
tableaux qui règne au-dessous de la voûte, 
représente plusieurs traits de la vie de 
Marie, Mère de Dieu, et sa mort. 

Le couronnement de la Vierge est figuré 
au centre de la voûte : un même trône, fort 
richement orné, réunit Marie et Jésus-Christ 
assis l'un près de l'autre. Le Sauveur du 
monde pose une couronne sur la tête de sa 
mère; il tient de la main gauche le livre de 
vérité. Deux troupes d'archanges, en adora- 

\ . « Gaddo fut appelé à Rome en Tannée i 308 (ce fnt celle après Tin- 
cendie qui brûla l'église et les palais de Latran), par Clément V, pour 
qui il termina en mosaïque quelques travaux laissés imparfaits par 
frère Jacques de Turrita. » — Vasari, Vie de Gaddo Gaddi. ' 



TREIZIÈME SIÈCLE. i03 

tion, se pressent aux côtés du trône qu'en- 
cadre une auréole étoilée. Au-dessous de ce 
groupe sacré , sont écrits sur le fond d'or : 

MARIA VIRGO ASSVPTA E AD ETHEREV THALAMV IN 

Qvo REX REGv STELLATO SEDET souo [« La Vierge 
Marie est montée en la demeure ëthérée où 
le roi des rois est assis sur un trône étoile » ] ; 
et sur le terrain : exaltata est sangta dei 

GENITRIX SVPER CHOROS ANGELORVM AD GELESTIA 

REGNA [c< La sainte Mère de Dieu a été portée 
par les chœurs des anges jusqu'aux célestes 
royaumes »]. Près des chœurs d'archanges 
sont agenouillés et en prière, deux prélats dé- 
signés par des inscriptions : celui à gauche 
est le pape Nicolas /F, + nigolavs pp iiii, qui 
fit exécuter la mosaïque; l'autre est le car- 
dinal Jacques Colonna , dns • iagobvs. de 
G0LV..I En arrière du pontife, trois saints 
sont représentés debout, élevant la main en 
signe d'adoration : ce sont saint Pierre^ 
saint Paul et saint François d'Assise, ca- 
nonisé en 1228. Leurs noms sont écrits près 
de chacun d'eux et sur une ligne verticale : 
s. PETRvs, s. PAVLVS, S. FRANCTSGvs. Saiut Pierre 
porte une clef et un volumen où Ton lit : tv 



104 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

ES xps FiLi^. Di vivi * [« Tu cs le Christ, fils du 
Dieu vivant»]; sur le volumen que tient saint 
Paul, sont tracés les mots : mi"' vive xge. [c< Vis 
en moi, ô Christ! »] Saint François est vêtu de 
l'habit de son ordre, et Ton voit sur sa main 
l'impression miraculeuse des stigmates de Jé- 
sus-Christ. En arrière de saint François s'élève, 
comme un arbre , une succession d'ornements 
en feuillages qui s'épanouissent l'un au-dessus 
de l'autre, et projettent sur l'or du fond des 
enroulements auxquels sont mêlés des oiseaux 
au riche plumage. Tout à fait vers l'angle, 
on peut lire : + iagob; torriti. pigtor. h' op' 
MosiAG FEG. [« Jacqucs de Torrita, peintre, a 
fait cet ouvrage de mosaïque. »] Si de la 
gauche les yeux se reportent à droite, l'on 
retrouve, à la suite du cardinal Colonna, et 
dans une disposition semblable à celle du 
côté opposé, saint Jean - Baptiste ^ saint 
Jean évangéliste , saint Antoine de Pa-- 
doue, et près de chacun d'eux les inscrip- 
tions verticales : s. iohs • b, s. iohs • evag, 
s. ANTONivs. Sur le volumen que porte saint 

1. « Simon-Pierre lui répondit : Nous savoûs que vous êtes le Ghrist, 
le Fils de Dieu. » — Évangile selon saint Jean^ chap. vi, 70. 



TREIZIÈME SIÈCLE. 105 

Jean -Baptiste, on lit : ecce agn" di^ [« Voici 
l'Agneau de Dieu »] ; sur celui que tient saint 
Jean , évangéliste : in pringipio erat ver 2 
[c< Au commencement était le Verbe »]. Un 
arbre, orné comme celui qui s'élève près de 
saint François d'Assise, se dresse en arrière 
de saint Antoine de Padoue, et couvre de ses 
enroulements tout un côté de la voûte. Près 
de ses racines est une date où l'on a cru re- 
connaître le millésime 1295. En avant des 
terrains qui forment le sol, le mosaïste a 
figuré le fleuve de la Terre Sainte, le Jour- 
dain, animé par des enfants qui se jouent sur 
les eaux; les figures et les groupes sont la 
répétition de ceux que l'on voit à Saint- Jean- 
de-Latran, et l'on retrouve également ici, 
vers le milieu, la montagne et l'enceinte du 
paradis, deux cerfs se désaltérant; les qua- 
drupèdes, les oiseaux, les poissons, représen- 
tant les êtres créés qui peuplent la terre, 
l'air et les eaux. 



1. « Le lendemain, Jean ?it Jésus gai venait à loi, et il dit : Voici 
TAgnean de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde. » — Évan- 
gile selon saint Jean, chap. i, 29, 

2. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et 
le Verbe était Dieu. » — Évangile selon saint Jean, cbap. i, 1. 



106 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

Les compositions qui décorent l'abside en 
la partie qui règne au-dessous de la voûte, 
entre les fenêtres, sont au nombre de sept. 
La première, à gauche, est la Purification 
d'Anne, mère de Marie^ qui est représentée 
agenouillée devant le prêtre. La seconde est 
Y Annonciation-^ la troisième, la Nativité. 
Celle qui suit et occupe le milieu est plus 
considérable; la Mort de la Vierge y est 
figurée : Marie est étendue sur un lit, mou- 
rant et, au moment où le Sauveur lui appa- 
raît, entouré des chœurs des anges et des 
habitants de la Jérusalem céleste. Le petit 
enfant que Ton voit dans les bras de Jésus 
est l'âme de sa mère qu'il reçoit et emporte 
dans le séjour de l'immortalité. Les apôtres 
et des disciples forment deux groupes sur les 
côtés. Le quatrième tableau est V Adoration 
des rois Mages. Le cinquième est la Purifia 
cation de Marie ^ qui présente son fils au 
temple, suivie de saint Joseph, et en présence 
de la prophétesse Anne. Le personnage qui, 
debout près de l'entrée du temple, fait seul le 
sujet du septième tableau, est le vieillard Si- 
méon qui vint au temple, le jour de la Purifica- 



TREIZIÈME SIÈCLE. 107 

tion, par un mouvement de l'esprit de Dieu... 
et bénit Dieu en disant : « C'est maintenant, 
Seigneur, que vous laisserez mourir en paix 
votre serviteur, selon votre parole, puisque 
mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous 
donnez... » — Évangile selon saint Luc, 
chap. II. 



Nota. Dans cette mosaïque, comme dans celle qui pré- 
cède, tous les sainte sont nhiibés. Le peintre a donné aux 
figures une grandeur en rapport avec le respect qui leur 
est fîft : rimage de JéBUs-Christ est colossale; la mère de 
Dieu, saint Jean le Précurseur, saint Jean rÉvangéliste , 
les sainls apôtres, Pierre, Paul et André ^ sont de grande 
proportion; François fi 'Assise et Antoine de Patlouej cano- 
nises au conimeTicement du siècle , et cofvsidéres comme 
do moindres saints sont de denii-grandeur. Il en est da 
mc^nie du pape Nicolas IV ^ qui est agenouillé et n'est pas 
nimbé* Le peintre Jacques ih^ Torritïi et son compagnon 
frère Jacques de Canierino, a genoux et humblenmnt incli- 
oés sur leur travail , sont représentés plus petits encore* 



108 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINT-PIERRE AU VATICAN. 
Sous LE PORTIQUE DE LA BASILIQUE DE SaINT- 

PiERRE- AU -Vatican, la Nacelle (la Navicella), 
reproduction de l'œuvre exécutée par Giotto, 
en 1298^ 

Une barque, dont la voile est enflée par le 
vent, est portée sur des eaux agitées et con- 
tient onze apôtres dont les attitudes diverses 
expriment Teff'roi; saint Pierre ^ marchant 
sur les vagues qui s'enfoncent sous lui, étend 
les mains vers Jésus-Christ qui le soutient 2. 

1. « Jacques Stefaneschi, neveu de Boniface VIIl et petit -neveu de 
Nicolas m, homme lettré et de bieu^ chanoine de Saint -Pierre,.... fit 
faire par un très -fameux maître de ces temps, appelé Jatto Florentin, 
une nacelle de mosaïque qui représente quand, les apôtres naviguant 
et voyant le Christ marcher sur les eaux, saint Pierre se jeta hors de 
la barque pour aller à sa rencontre.... Cette nacelle coûta à. ce cardinal 
stefaneschi deux mille deux cents florins, comme il est noté dans le livre 
des bienfaiteurs de cette basilique, écrit sur parchemin, en la biblio- 
thèque, au fol. 87. » — Torrigio , le Sacre grotte Vaticane, p. 90. 

2. « Jésus obligea ses disciples de monter dans la barque et de 

passer à l'autre bord avant lui... Cependant la barque était fort battue 
des flots au milieu de la mer, parce que le vent était contraire. Mais 
à la quatrième veille de la nuit, Jésus vint à eux marchant sur la 
mer. Lorsqu'ils le virent marcher ainsi sur la mer, ils furent troublés. 



TREIZIÈJME SIÈCLE. 109 

L'attitude calme du Sauveur, debout sur les 
vagues qui le portent sans fléchir, contraste 
avec la terreur de ses disciples. Les quatre 
evangélistes sont disposés en deux groupes, 
dans des nuages qui dominent la composition, 
et au-dessous d'eux des démons soufflant vio- 
lemment dans des trompes représentent la 
fureur des vents et la rage des esprits malins 
déchaînés contre la barque en péril , image 
de la sainte Église sauvée par le Christ. Un 
homme péchant à la ligne ^ placé à l'angle 
gauche sur un pan de rocher, et des pois- 
sons que l'on voit dans les eaux non loin de 
lui, rappellent le miracle des cinq pains et 
des deux poissons. Du côté opposé, l'on re- 
marque , en prières aux pieds du Sauveur et 
à demi caché par les eaux, le pape Clément X, 
dont l'image fut mise en ce lieu par Orazip 

et ils disaient : C'est un fantôme, et ils s'écrièrent de frayeur. Aussitôt 
Jésus leur parla et leur dit: Rassurez-vous, c'est moi, ne craignez 
point. Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est vous , commandez que 
j'aille à vous en marchant sur les eaux. Jésus lui dit : Venez, et Pierre 
descendant de la barque marchait sur l'eau pour aller trouver Jésus. 
Mais voyant un grand vent, il eut peur; et il commençait à enfoncer, 
lorsqu'il s*écria : Seigneur, sauvez-moi. Aussitôt Jésus , lui tendant la 
main, le prit et lui dit : Honmie de peu de foi, pourquoi avez-vous 
douté? Et étant montés dans la barque, le vent cessa. » — Évangile 
selon saint Mathieu, chap. xiv. 



110 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

Mannetti, chargé par le pontife, en 1674, 
de refaire la mosaïque de Giotto détruite par 
le temps et de fréquents déplacements. 



Nota. Baldinucci a tracé rhisiorique des remaniements 
successifs qui ont fait vivre jusqu'à nos jours la composition 
de Giotto^ en détruisant chaque fois quelque chose de 
l'œuvre de ses mains : a On la voyait autrefois dans le pa- 
ct radis ou atrium de la basilique, ainsi que nous Tavons dit. 
a Paul V la fit transporter dans la muraille , au-dessus de 
a Tescalier, le U août 1617, avec l'aide de Marcello Pro- 
a venzale da Cento, qui refit de sa main la figure du pé- 
a cheur, avec d'autres dans l'air, et la restaura en quelques 
a places...^. Mais, comme en cet endroit elle était exposée 
« à l'inclémence de l'air et se détruisait, le 12 juin 1639 
a Urbain YIII la fit transporter dans Tintérieur de l'église, 
a au-dessus de la porte majeure, où une autre inscription 
a indiquait le nom du peintre et celui du pontife. Ensuite 
a la mosaïque fut reportée par Innocent X au lieu o^ elle 
a avait auparavant été placée par Paul Y. Plus tard^ Alexan- 
a dre YII, ayant fait les nouveaux portiques, la fit lever, 
a Cette œuvre vénérable était réduite au dernier degré 
a de son existence, et déjà s'en était allée se consumant 
a peu à peu, quand Clément X (1670-1676), de sainte mé- 
a moire, la fit restaurer de la main d'Orazio Mannetti Sabin, 
« ou pour mieux dire rejaire en entier^ pour la placer, 

« d'après le dessin du Cav. Lorenzo Bernini, au-dessus 

a de la porte du milieu, en dedans, en entrant dans le por- 
a tique, exactement en face de la grande porte d'entrée de 
a saint Pierre, d 

C'est alors que dut être fait le carton qui se voit de nos 



TREIZIÈME SIÈCLE. 111 

jours dans l'église des Capucins; exécuté sans doute pour 
retracer exactement Tœuvre en partie détruite du Giotto, 
et comme une image fidèle^ transportable et qui pût rester 
près des yeux du mosaïste pendant toute la durée de son 
travail. Ce beau dessin a conservé assurément beaucoup 
plus du caractère expressif et du style de Giotto^ que la 
mosaïque modernisée et affaiblie d'Orazio Mannetti. 



112 mosaïques chrétiennes. 



MAISON DE LA SAINTE-TRINITÉ. 



Sur la porte d'une ancienne maison de 
rOrdre de la Sainte -Trinité et des Captifs, 
située sur le mont Cœlius, près l'église de 
Sainte-Marie-in-Dominica, un médaillon cir- 
culaire, fond d'or, encadré et garanti par un 
arc en marbre blanc que soutiennent des co- 
lonnettes. 

Le Rédempteur y est représenté assis , vu 
de face, attirant à lui de l'une et l'autre main 
des captifs qui sont debout à droite et à 
gauche. L'un des captifs est blanc, porte une 
croix et a des chaînes aux pieds; l'autre est 
nègre et est chargé de fers. On lit autour du 
médaillon que surmonte une croix : -f si- 

GNVM • ORDINIS • SANCTAE • TRINITATIS • ET • 

CAPTivoRVM • [« Signe de l'ordre de la Sainte 
Trinité et des Captifs »]; sur le marbre, sont 
gravés les mots : + magister iacobvs cvm 



TREIZIÈME SIÈCLE. 113 

FIGLIO SVO GOSMATO FEGIT HOG OPVS [« Maître 

Jacques, avec son fils Cosmati, a fait cet ou- 
vrage »]. 



414 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-MARIE-MAJEURE. 

Dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, 
un tableau votif, compris dans la décoration 
du tombeau de Consalvo Rodrigo, évêque 
d'Albe. 

La Vierge Marie, m o ((xvitiqp Geou) [« la 
Mère de Dieu »], y est représentée assise, te- 
nant en ses bras Xenfant Jésus qui bénit. A 
leurs pieds, est agenouillé Y évêque d'Albe. 
Aux côtés de la Vierge sont placés, debout, 
l'apôtre saint Mathias et saint Jérôme, doc- 
teur de Téglise. Les noms de l'un et de l'au- 
tre sont inscrits près de chacun d'eux : s^. 
MATHIAS, s. lERONiM. Le premier tient de la 
main droite un volumen déroulé où sont 
écrits les mots : me tenet ara prior [« J'ap- 
partiens d'abord à l'autel »]. On lit sur le vo- 
lumen que porte le second : recvbo psepis ad 
ANTRV [ce Ma couche est en un antre »], 

Une inscription, gravée sur le marbre qui 



TREIZIÈME SIÈCLE. 415 

forme le soubassement du tombeau, fait 
connaître le nom de l'artiste qui Fa exé- 
cuté .: 

+ HIC DEPOSITVS FVIT QVONDA ONS GVNSÀLVVS EPS ALBANÊn 
ANÎÎ DNÎ M''GG''LXXXXV11II 

+ HOC OP' ' FKC ■ lOHES MÂGHI COSME ClYtS ROMANVS 

[a Ici a été déposé celui qui fut le seigneur GonxalvTj 
évêque d'Albe^ Tan du Seigneur 1299. Jean, fils de maître 
Cosme, ctloyen romain, a fait cet ouvrage* »] 




146 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES 



SAINTE-MARIE-SUR-MINERVE. 



Dans Téglise de Sainte -Marie -sur -Minerve, 
un tableau votifs compris dans la décoration 
du tombeau de Guillaume Durante, évêque 
de Mima. 

La Vierge Marie ^ mp ôv ([xt^ttip ©eou) [« la 
Mère de Dieu »], assise sur une chaise ornée, 
tient en ses bras Xenfant Jésus. Guillaume 
Durante est agenouillé et en adoration, sou- 
tenu par un évêque que désigne une inscrip- 
tion : s^. PRIVAT. Du côté opposé est saint 
Dominique^ fondateur de Tordre des Frères 
prêcheurs, debout, sous le costume de son 
ordre. 

On lit sur le marbre du tombeau, en la 
partie qui forme le soubassement : + hoc est 

SEPVLCRVM DNI GVILIELMI DVRATI EPI MIMATENSIS • 
ORD • PRiE. + lOHS FILIVS MAGRI • GOSMATI • FEG • 

HOC • OP. [« Ce tombeau est celui du seigneur 



TREIZIÈME SIÈCLE. 117 

Guillaume Durante, évêque de Mima, de 

Tordre des Frères prêcheurs. Jean, fils de 
maître Cosmati, a fait cet ouvrage »]. 



TREIZIÈME ET QUATORZIÈME SIÈCLES 



SAINTE-MARIE-MAJEURE. 

Sur la façade de la basilique de Sainte- 
Marie- Majeure, a été conservée, derrière les 
constructions modernes qui comprennent le 
balcon d'où le saint Père donne la bénédiction 
pontificale, une partie de Vancienne orne- 
mentation. La composition supérieure porte le 
nom de Philippe Rossuti; les quatre tableaux 
qui sont au-dessous et forment un ensemble 
architectural, fort élégamment disposé, re- 
présentent les visions et les faits miracu- 
leux qui précédèrent la construction de la 
basilique libérienne . ie les crois de la main 
de Gaddo Gaddi^ qui, comme on Ta déjà vu, 
fut appelé à Rome^ l'an 1308. 

1 . « Et aidant à finir qaelqnes histoires qui sont à la façade de 

Sainte-Marie-Majenre, de mosaïque, il améliora d'autant le style et 



TREIZIÈME SIÈCLE. 119 

!• La partie supérieure. Jésus-Christ ^ bé- 
nissant^ tenant de la main gauche un livre 
où sont écrits les mots : ego svm lvx mvndi 
QVi [« Je suis la lumière du monde qui... »], 
est vu de face, assis sur un trône fort orné. Le 
nom est écrit près de la tête en lettres grec- 
ques, -iG- xc; un disque étoile forme une 
auréole et un cadre à la figure entière, et 
c'est près des pieds que Ton peut lire : phi- 
Lipp'. RvsvTi • FECiT • HOC • ovs. [« Philippe 
Rossuti a fait cet ouvrage »]. Quatre anges 
entourent la gloire du Christ : deux sont re- 
présentés dans les airs tenant des encensoirs, 
deux sont agenouillés sur le sol et portent des 
flambeaux. Les symboles des évangélistes, 
portant le livre des évangiles, à demi cachés 
par des nuages, sont disposés à la droite et 
à la gauche du Sauveur, au-dessus de la 
Vierge et des apôtres qui sont debout, de 
l'un et l'autre côté , désignés par des inscrip- 
tions. La Vierge Marie, mp (i^rivrip) [a la 
Mère de Dieu »], est la plus rapprochée de son 
divin fils; saint Paul suit, ses- pavlvs, ayant 

s'éloigna un peu de la manièic grecque^ qai n'avait en soi rien de 
bon. » — Vasari , Vie de Gaddo Gaddi. 



iSO MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

une épée en la main droite, et en la gauche 
un volumen déroulé où sont les mots : hihi 
VIVE ic* [« Vis en moi, Christ »J. Vers l'extré- 
mité gauche, est saint Jacques, ses. ugobvs. 

Du côté opposé, saint Jean- Baptiste y ses 
lOHES BAPSTA , (à demi caché par la retombée 
d'un arc); saint Pierre, ses • petrvs, qui 
porte en la main gauche un volumen sur le- 
quel on lit : TV es xpc nu' dei vivi * [«Tu es 
le Christ, le fils du Dieu vivant»]. Le dernier 
est saint André, ses andreas. 

2* Les visions et les faits miraculeux qui 
précédèrent la construction de la basilique 
libérienne, sont figurés dans quatre tableaux : 
dans le premier, à gauche, est représenté le 
pape LibériuSy couché et dormant; un 
homme veille assis au pied du lit , et la tiare 
est posée près de la tête ; la vision du pontife 
est le sujet du motif supérieur où l'on voit 
la Vierge Marie portant V enfant Jésus, sur 



1. Que si nous sourîmes morts avec Jésus-Christ, nous croyons que 
nous vivrons aussi avec Jésus - Christ. » — Épltre de saint Paul aux 
Romains, chap. vi, 8. 

2. « Simon-Pierre lui répondit : Nous croyons et nous savons que 
vous êtes le Christ^ fils de Dieu. » » Évangile selon saint Jean^ cha- 
pitre VI, 70. 



QUATORZIÈME SIÈCLE. 121 

des nuages et au milieu d'une gloire que sou- 
tiennent quatre anges; les paroles qu'elle 
adresse au pontife et le miracle qu'elle prédit, 
sont rappelés par un ciel étoile d'où décou- 
lent des neiges. L'inscription qui règne au- 
dessous de la composition générale, les pré- 
cise mieux encore : vit pp libio diges fag 

M EGC 7 MOTE • SVPAGIO SI G NIX I DIGAT [« Quaud 

la Vierge apparut au pape Libérius , disant : 
Fais-moi une église sur la montagne, à l'en- 
droit que la neige indique »]. Une action 
semblable est représentée dans le tableau qui 
suit; mais le personnage couché et dormant 
est le patricien Jean; c'est sa femme qui 
veille assise près de son lit, et un serviteur 
endormi est penché sur un rideau qui couvre 
le fond. Là encore, la Vierge Marie, ayant 
Jésus dans ses bras, apparaît sur des nuages et 
dans une gloire que soutiennent deux anges, 
et l'inscription dit : + qn eadI nogte • ap- 

PVIT • lOHI • , PATGIO • IDEM DICÊS • NONIS • 

AVGvsTi [c< Quand la même nuit, elle apparut 
à Jean le patricien disant de même, aux 
noues d'août »]. Le sujet du troisième tableau 
est le récit fait par Jean, le patrice, au pape 



in MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

Libérius de la vision que tous deux avaient 
eue. Le pontife est assis et bénit , Jean est 
agenouillé, ainsi que trois personnages qui 
l'accompagnent; on voit en dehors du palais 
un jeune homme qui tient par la bride deux 
chevaux. L'inscription dit : qv iohs • pat. 

IVIT • AD • PAPA LIB'iV • P VISlÔi QVÂ VIDERAT 

[c( Quand Jean le patricien alla chez le pape 
Libérius à cause de la vision qu'il avait 
vue »]. L'on voit, dans le quatrième tableau, 
le pape Libérius en habits pontificaux qui, 
de la main droite bénit, et de la gauche 
désigne le champ consacré pour la construc- 
tion de la basilique placée sous l'invocation 
de la Mère de Dieu. Une neige abondante 
tombe du ciel en s'échappant d'une gloire où 
sont réunis le Christ et la Mère de Dieu : 
xpoi, MP • ôv, que quatre chérubins entou- 
rent. En arrière du pape Libérius, sont grou- 
pés le patricien Jean^ un diacre tenant près 
du pontife un parasol, un autre portant une 
croix, des prêtres y des laïques, des femmes 
et deux enfants. L'inscription est : + qv pp 

< IOH'eS • pat • CV • CLRO POPO. ROM • RIVE 

PSA • beat • V • IRVER...*. [« Qu€ind le pape 



QUATORZIÈME SIÈCLE. 123 

avec Jean, le clergé et le peuple romain, 
consacre le lieu respectueusement à la bien- 
heureuse Vierge »]. 



124 mosaïques chrétiennes. 



SAINTE-MARIE-IN-TRASTEVERE. 

Dans l'église de Sainte-Marie-in-Traste- 
VERE, abside, au-dessous de la mosaïque du 
XII® siècle, décrite page 80, une suite de six 
compositions empruntées à V histoire de la 
Vierge^ exécutées en 1351 par Pietro Caval- 
lini, romain, mort en 1364^. Elles repré- 
sentent : La Naissance de Marie. — V An- 
nonciation. — La Nativité. — L'Adoration 
des rois mages. — La Présentation au tem- 
ple. — La Mort de la Vierge. 

1® La Naissance de la Vierge. Sainte Anne, 
mère de Marie, est couchée sur un lit de 
repos; son nom y est inscrit : sca. anna. 
Deux femmes s'approchent d'elle, l'une qui 
tient une aiguière, l'autre présentant un bas- 
sin. Une troisième, assise au pied du lit, sou- 
tient l'enfant qui vient de naître, et de la 

\ . Vasari, édition de Florence, 1846, t. ii, p. 81. 



QUATORZIÈME SIÈCLE. 125 

main gauche essaie le degré de chaleur d'un 
baîn qu'une quatrième femme emplit en dé- 
versant l'eau d'un vase qu'elle tient des deux 
mains. Le nom de maria se lit près de l'en- 
fant, et trois vers sont écrits au-dessous du 
tableau : 

HVMANI GENERIS SATOR ET QVI PARGERE LAPSIS 
INSTITVIS ; MACVLAS VETERIS RVBIGINIS AVFER 
ARGENTO. THALAMVS TIBI SIT QVO VIRGO REFVLGENS 

[« Créateur du genre humain^ qui entreprends d'épar- 
gner les déchus, enlève à l'argent les taches de Fancienne 
rouille. Bénis la couche où resplendit la Vierge. »] 

2' L'Annonciation. La Vierge Marie est 
assise au centre d'un petit édicule fort élé- 
gant; près d'elle est un vase d'où sort un lys, 
et aussi une assiette de fruits. Vknge est 
debout, parlant à Marie. On voit sur le fond du 
ciel la tête de Dieu le père d'où s'échappent 
des rayons qui enveloppent le Saint-Esprit 
figuré par une colombe blanche. Les trois 
vers inscrits au-dessous du tableau sont : 

TVQUE SVPER CVNCTAS BENEDICTA PVERPERA : SALVE 
VIRGVLA QVE SPONSVM NESCIS. QVAM GRATIA SACRI 
FLAMINIS IRRADIAT • CELO MARIS ANNVE SIDVS 

[a Et toi. Mère bénie par dessus toutes les mères, salut! 



iî6 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

Vierge qui D*a8 pas connu ton époux. Toi qu'inonda de ses 
rayons la grâce du souflDie sacré, dans le ciel, étoHe annuelle 
de la mer. »] 

3* La Nativité. La Vierge Marie, étendue 
sur une sorte de matelas, est abritée par une 
grotte qui contient un bœuf et un âne. L* en- 
fant Jésus, emmailloté, repose dans une petite 
crèche. Saint Joseph est assis vers l'angle 
gauche. Non loin sont deux anges en adora- 
tion; une étoile brille dans le ciel au-dessus 
du Messie. En arrière et vers le haut de la 
montagne, un ange tient de la main gauche 
une banderole où sont inscrites les paroles 
qu'il adresse à un berger : annvtio vobis 
GAVDivM MAGNv[«je VOUS aunouce une grande 
joie»]. Plus bas, un second berger assis, souf- 
flant dans une corne, et près de lui, un chien, 
des moutons, une chèvre. Au-dessous de la 
Vierge est un petit édicule que désigne une 
inscription : taberna meritoria^, en souvenir 
de la maison qui occupa cet emplacement 



1. Cétait le nom d'une maison existant sous l'empire^ pour recneillir 
les soldats qui avaient bien mérité de la patrie. L'empereur Alexandre- 
Sévère l'accorda aux chrétiens; ils y établirent un oratoire que Ton 
croit avoir été la première église pnbUque de Rome. 



QUATORZIÈME SIÈCLE. iî7 

avant l'église. Les trois vers qui se lisent au- 
dessous du tableau sont : 

lAM PVERVM • lAM SVMMH: PATER POST TEMPORA NATYM 
ACCIPIMVS • GENITVM • TIBI QVEM NOS ESSE COEVVM : 
GREDIMVS HINC OLEI SCATVRIRE LIQVAMINA TÏBRIM *. 

et plus bas, la date mgglgi, que je crois être 
1351. 

[a Père éternel, nous recevons Tenfant né après les temps, 
et le croyons comme toi de toute éternité. Nous croyons 
que du Tibre ont jailli des courants d'huile. »] 

4"* L'Adoration des Mages. Deux hommes ^ 
richement habillés et couronnés, portant des 
boites, sont inclinés; un vieillard agenouillé 
présente un coffret à V enfant Jésus, que 
Marie, assise, tient en ses bras. Saint Joseph 
est debout près de Marie, et une étoile brille 



1. Baronius et d'antres écrivains ecclésiastiques disent qne Téglise 
de Sainte-Marie-in-Trastevere, située près du Tibre, sur remplace- 
ment de la Tabenia Meritoria, fut érigée en un lieu déjà sanctifié par 
le miracle d*une fontaine d'huile qui en jaillit spontanément dans la 
nuit de la Nativité. Ce miracle est rappelé par plusieurs inscriptions 
qui se lisent dans Téglise. L'une d'elles : 

IN HAC PRIMA DEI MATRIS MHZ 
TABEBMA OLIH HBRITORU 
OLE! FONS E SOLO ERVMPENS 
CHRISTI ORTVM P0RTEND1T. 



128 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

dans le ciel au-dessus du Messie, On lit au- 
dessous de cette composition : 

GEirriBVS IGNOTVS STELLA DVCE N0SC1T?R INFAMS 
IN PRESEPE JACENS CELI TERRE Q PROFYNDl 
CONDITOR ATQ HAGI MYRRAM THYS ACGIPIT ATRYM 

[a Inconnu aux nations, l'Enfont est désigne par l'étoile 
conductrice. Celui qui a créé le ciel, la terre et les pro- 
fondes abîmes gtt en une crèche. H reçoit la myrrhe^ Ten- 
cens et Tor du Mage, d] 

5* La Présentation au Temple. Marie, sui- 
vie de saint Joseph qui porte deux colombes 
blanches, remet Yenfant Jésus au grand- 
prêtre. Derrière celui-ci est Anne la prophé- 
tesse. On lit au-dessous de ce tableau : 

+ SISTITVR IN TEMPLO PVER ET SIMEONIS IN VLNAS 
AGGIPITUR GVI DANDA QVIES NAM LVMINA SERVI 
GONSPEXERE DEYM GLARVM JYBAR OMNIBVS ORTVM 

[a L'Enfant est porté dans le temple et reçu dans les bras 
de Siméon, dont l'âme soit en paix, car les yeux du servi- 
teur ont vuTéclat de Dieu, astre qui se lève pour tous. »] 

6* La Mort de la Vierge. La mère de Dieu 
est étendue sur un Ut. Jésus-Christ lui appa- 
raît au moment de la séparation de Tâme, 
figurée par un Jeune enfant que le Christ 
tient en ses bras. Deux^nges sont aux côtés 



QUATORZIÈME SIÈCLE. ' 129 

cle la gloire qui enveloppe le Sauveur. A la 
tête du lit est saint Pierre agitant un encen- 
soir; au pied, ^am/ Paw/ essuyant ses larmes. 
D'autres apôtres et diisciples de Jésus-Christ 
sont groupés, de l'un à l'autre, dans des atti- 
tudes qui expriment la douleur. Les trois 
vers inscrits au-dessous de ce dernier tableau, 
sont : 

AD SVMMYM REGINA THRONVM DEFERTVR IN ALTYN 

ANGELICIS PRELATA CHORIS CVI FESTINAT IRE 

FILIVS OCCVRRENS • MATREM SVpER AETHERA PONIT : 

[a La Reine est transportée sur le trône sublime, portée 
par les chœurs des Anges; son fils se hâte, se présente, 
place sa mère dans les cieux. »] 

Au-dessous de cette suite de tableaux, et en 
la place qui correspond au trône épiscopal, 
est une image de la mère de Dieu, -mhp. 
ov- vue jusqu'aux genoux, tenant en ses 
mains V enfant Jésus. Sur les côtés sont repré- 
sentés saiîit Paul et saint Pierre^ tous deux 
debout, l'un tenant une épée et un livre, le 
second un livre de la gauche, tandis qu'il 
appuie la main droite sur la tête d'un per- 
sonnage agenouillé, dans la pose consacrée 



130 mosaïques chrétiennes. 

pour les donateurs. Une inscription se lit sur 
le fond : 

VIRGO DEVM COPLEXA SINV 
SERVANDO PVDOREM 
VIRGINEYM MATRIS FVNDANS 
PER SECVLA NOMEN 
RESPICE COMPTNCTOS ANIMOS 
MISERATA TVO 

[a Vierge^ qui as contenu un Dieu en ton sein^ en gardant 
ta pudeur^ établissant de par les siècles le nom vii^inal 
de Mère^ reçois en ta miséricorde nos cœurs pleins de 
componction. »] 

puis Fécusson * du donateur, et son nom : 

BERTOLE. 



1. De gueules, à trois fasces d'argent chargées de six croissants du 
chef, trois, deux, un. 



SEIZIÈME SIÈCLE 

SAINTE-CROIX-EN-JÉRUSALEM. 

Dans la basilique de Sainte-Croix-en-Jéru- 
SALEM, qui fut fondée par Hélène, mère de 
Constantin, en l'honneur de la sainte croix 
que cette princesse retrouva miraculeusement 
à Jérusalem, et consacrée par le pontife saint 
Sylvestre , la voûte d^une chapelle souterraine 
dédiée à sainte Hélène. Ces mosaïques sont 
attribuées à B. Perruzzi, + 1537. 

Au centre est l'image en buste de Jésus- 
Christ qui tient un livre où sont écrits les 
mots : EGO svM lvx mvndi. a et ft * [c< Je suis 
la lumière du monde, le commencement et 
la fin»]; au-dessus est un chœur de petits 
Anges : l'un frappe un triangle, un autre 
joue de la guitare, un troisième chante en 
lisant dans un livre, un quatrième souffle 

1. «Je suis l'alpha et Toméga, le commencement et la fin, dit le Sei- 
gneur, qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant. » — . Apo- 
calypse de saint Jean, cliap. i, 8. 



132 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

dans deux flûtes; on en voit un autre qui 
frappe des cymbales, et deux en arrière 
qui suivent le concert. Autour est une cou- 
ronne formée par des têtes de chérubins. 
Les figures en pied des quatre Évangélistes^ 
accompagnés des animaux symboliques, sont 
disposées dans des médaillons ovales qui se 
rattachent diagonalement au cercle central. 
Saint Jean est assis sur des nuages, prêt à 
écrire en un livre; Fâigle est à ses pieds. 
Saint Mathieu est en une pose semblable, 
et l'Ange posé près de sa tête semble lui dic- 
ter ce qu'il écrit. Saint Marc lit; le lion est 
couché sur les nuages. Sain f Luc est de même 
assis et lisant, et le bœuf est posé en arrière 
sur les nuages. Quatre tableaux, dont les 
figures sont de petite proportion, remplissent 
les intervalles entre les Évangélistes; les faits 
qui ont précédé, accompagné et suivi l'Inven- 
tion de la sainte Croix y sont représentés * : 

1. La mère de Constantin s'étant rendue à Jérasalem et y cherchant^ 
sous l'inspiration de Dieu , les saintes reliques de la passion , trouva 
trois croix renversées et le titre de la croix de Jésus-Christ, qui avait 
été détaché. Rien ne permettait de distinguer Tune des autres; saint 
Hélène les fit transporter sur la place de Jérusalem, se confiant en la 
grâce de Dieu. Or en ce moment même passait une troupe d*hommes 
qui allaient enterrer un mort hors des murs de la ville. Ce moi t fut 



SEIZIÈME SIÈCLE. 133 

1° Le débarquement en Terre-Sainte. Sainte 
Hélène est sortie du navire que Ton aperçoit 
sur le rivage, et deux hommes opèrent le 
débarquement. Trois croix dressées sur une 
montagne indiquent le Calvaire et rappellent 
le pieux motif du voyage de l'impératrice 
Hélène; 2^ le contact de la croix de Jésus- 
Christ ressuscite un mort. Le mort, placé 
sur la croix qui est couchée à terre, se sou- 
lève, et Hélène lui tend la main; non loin 
est Judas Simon ^ emportant une croix, qui 
est celle de l'un des larrons. Trois hommes 
assistent, et près d'eux est un enfant; 3** la 
croix est portée à Rome. Un cavalier^ ayant 
sur la tête la couronne, porte la croix et 
se dirige vers la ville, en suivant un che- 
min couvert de tapis et jonché de fleurs. Uu 
soldat court en avant et des hommes d'armes 
à cheval forment un cortège en arrière ;4^ Vado- 
ration de la croix. Une croix gemmée se dé- 
tache dans le ciel sur un fond d'or; des têtes 
de chérubins sortent des nuages qui l'entou- 

l'instrument choisi pour faire connaître la vérité. Deux croix furent 
approchées de lui sans succès, le contact de la troisième le rappela à 
a vie. — Extrait d'une lettre de Paulinius. 
1. Il fut dans la suite consacré et fait évèque de Jérusalem. 



134 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 

reiit. Sur les terrains qui sont au-dessous, 
deux pontifes sont en contemplation, et l'un 
d'eux, dont la tête est coiffée d'une tiare , est 
le pape saint Sylvestre. Sainte Hélène et une 
autre femme sont placées à droite, à genoux 
et en adoration. — Les encadrements sont 
composés d'élégants rinceaux, auxquels sont 
mêlées quelques figures de génies et des 
paons au riche plumage. 

Les sofïîtes des arcs qui correspondent à la 
fenêtre et à la porte d'entrée sont décorés d'un 
médaillon circulaire, de deux grandes figures 
debout, et d'élégantes arabesques. Sur l'un 
est figuré, par \ Agneau paschaly le sacrifice 
de Notre Seigneur Jésus-Christ, et les deux 
figures qui l'accompagnent sont les apôtres 
Pierre et Paul^ désignés par les inscriptions 
s. PETRus, s. PAULus. Le premier tient en la 
main droite une croix d'argent et une clef 
d'or, et en la gauche un livre; le second, 
une longue épée dont la pointe touche la 
terre, et aussi un livre. Sur l'autre soflite 
(celui qui surmonte la porte) : au milieu, la 
réunion des instruments de la passion; l'une 
des grandes grandes figures représente le 



SEIZIEME SIECLE. 135 

pape saint Sylvestre vêtu du costume ponti- 
fical, OD lit sur la base : s. silvest, l'autre 
est la mère de Constantin, sainte Hélène^ 
désignée par son nom : s. helena. La grande 
croix que porte cette princesse rappelle qu'elle 
alla chercher à Jérusalem et apporta à Rome 
l'instrument sacré de la mort de Jésus-Christ. 
Elle appuie la main droite sur un prélat age- 
nouillé qui est Bernardin Carvajal, Espagnol., 
cardinal créé par Alexandre VI , plus tard titu- 
laire de Sainte-Croix-en-Jérusalem, qui res- 
taura l'église et l'orna de mosaïques*. 

1. Fuiielti rapporte une inscription qu'il dit avoir existé de son 
temps dans l'église : « fornigem ipsym ac figvras mysivas denyo ab 

INSTAR PRIORYM REFECIT. » 



136 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



SAINTE-MARIE-SCALA-CCELI. 

Dans l'église de Sainte-Marie-Sgala-Cceli , 
(aux trois fontaines) érigée sur le cimetière 
de Saint -Zenon, renouvelée par le cardinal 
Alexandre Farnèse en 1584, une voûte en 
arrière de Tautel, exécutée par Francesco 
Zucchio, Florentin, sur le dessin de Jean de 
Vecchis. 

La Vierge Marie y est représentée tenant 
Y enfant Jésus qui bénit; trois têtes de ché- 
rubins sortent des nuages qui la portent, et 
deux Anges volant dans les airs suspendent 
une couronne au-dessus de la tête de la Reine 
des cieux. 

Sur le terrain qui règne au-dessous sont 
placés : le pape Clément VIII ^ Aldobrandini, 
agenouillé, ayant la tiare pontificale près de 
ses pieds; saint Anastase martyr, debout, 
tenant une palme de la main gauche; saint 
Bernard^ abbé; saint Zenon ^ guerrier et 



SEIZIÈME SIÈCLE. 137 

martyr; saint Vincent, l'un des plus illustres 
martyrs de l'église d'Espagne, portant une 
palme et un livre. Le dernier personnage à 
droite, agenouillé, ayant près de ses pieds le 
chapeau insigne de la dignité ecclésiastique, 
est le cardinal Pierre Aldobrandini. Sur un 
caillou que l'on voit près de saint Zenon, est 
inscrite une date que je crois être 1594. 



FIN 



TABLE 

DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES DE ROME 

SUIVANT l'ordre CHRONOLOGIQUE 

qui a été observe dans la description des mosaïques chrétiennes qu'elles contiennent. 



Pages. 

Inirodiictiou va xxx 

DESCRIPTION. 

Saiute-Gonstance, mosaïques du iv« siècle 1 

Sainte-Sabine, mosaïque du v« siècle \ 

Saînte-Marie-Majeure, mosaïques du v® siècle G 

Saint-Paul-hors-les-MurSi mosaïque du v« siècle (repioducliou 

d'une) 18 

Saint- Jean Tévangéliste (oratoire de), mosaïque du v« siècle. . . 2i 

Saints Cosme et Damien, mosaïques du vi» siècle 24 

Saint-Laarent-hors-les-Murs, mosaïque du vi« siècle 29 

Sainte -Agnès, mosaïque du vii« siècle , . . . 33 

Saint- Venance (oratoire de), mosaïques du vu® siècle 36 

Saint-Étienne, mosaïque du vn« siècle 40 

Saint-Pierre-aux-Liens, mosaïque du vii« siècle 42 

Sainte-Marie-in-Gosmedin, mosaïque du viii» siècle 43 

Saint-Théodore , mosaïque du VII i« siècle 46 

Sainte-Pudentienne,mosaïqueduviiie siècle 48 

Triclinium-du-Latran, mosaïque du viii« siècle. ( Repi-oiluc- 

tion du) 50 

Saints Nérée et Archillée, mosaïque du ix® siècle 57 

Sainte-Marie-de-la-Nacelle, mosaïque du IX» siècle 59 

Sainte-Praxède, mosaïques du ix« siècle 62 



liO TABLE CHRONOLOGIQUE. 

Pages. 

Sainte-Cécile, mosaïque du IX* siècle . 72 

Sàinte-Françoise-Romaine^ mosaïque du ix« siècle 76 

Sainte-Marie-in-Trasteyere, mosaïques du xii« siècle 78 

Saint-Paul-hors-les-Murs, mosaïques du xui« siècle 86 

Saint-Clément, mosaïques du xiii« siècle 89 

SaintrJean-de-Latran , mosaïque du xm« siècle 95 

Sainte-Marie-Majeure, mosaïque du xiii« siècle J02 

Saint-Pierrfr^u -Vatican, mosaïque du xui« siècle 108 

Maison de la Sainte-Trinité, mosaïque du xin« siècU*. . . 112 

Sainte-Marie-Majeure, mosaïque du xni« siècle 114 

Sainte-Marie-sur-Minerve, mosaïque du XIII» siècle 116 

Sainte-Marie-Majeure, mosaïques des XII i« et xiv« siècles. ... 118 

Sainte-Marie-in-Trastevere, mosaïque du xiv« siècle 124 

Sainte-Croix-en-Jérusalem, mosaïque du xvi« siècle 131 

Sainte-Maric-Scala-cœli, mosaïque du xyi« siècle 130 



TABLE ALPHABETIQUE 
DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES DE ROME 

CONTENANT DES MOSAÏQUES CHRÉTIENNES. 



Pages. 

Agnès (Sainte ). La voûte hémisphérique de V abside, vu* siècle. . . 33 

Cécile (Sainte). La voûte de V abside ix^ — 72 

Clément (Saint). La voûte de V abside et Varc en 

avant de la tribune xiii« — 89 

Constance (Sainte). Deux compositions sacrées . . iv« — 1 

Cosme*et-Damien (Saints). Lare et la voûte de 

V abside vi* — 24 

Groix-en-Jérasalem (Sainte). La voûte dune cha- 
pelle souterraine, xvi« — 131 

Etienne (^\iA), La voûte d un autel • vii« — 40 

Françoise-romaine ( Sainte). La voûte de V abside., jx» -r- 76 

Jean-rÉvangéliste (oratoire de Saint). La décora- 
tion de la voûte Y« — 22 

Jean-de-Latran i Saint). Ir'a65tde xiiie — 95 

Latran (Tricliniom du). Un arc et une voûte. 

Reproduction du viii* — 50 

Laurent-hors-les-Murs (Saint). Le grand arc. . . vi« — 29 

Marie-in-Cosmedin (Sainte). Un tableau en mo- 

sciique viii« — 43 

Marie-Majeure (Sainte). Le grand arc en avant 

de r abside v® — 6 

— Nef y deux suites de tableaux v« — 12 

— La décoration de V abside xiii« — 102 

— Un tableau votif. xiii« — 114 

— Une partie de Fancienne ornementation 

de la façade ^ xm« et xiv« 118 



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UNIVERSITY OF MIÇHIQAN 




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3901506279 2778^^^^^ 

MAY 11 1933 

LiBRARY